Ce Jour-là

Grégoire de Nazianze

Théologien et docteur de l’Église, évêque de Constantinople (380-381)

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Grégoire de Nazianze (en grec ancien : Γρηγόριος ὁ Ναζιανζηνός), ou « de Naziance », dit « le Jeune », ou encore Grégoire le Théologien, né en 329 en Cappadoce et mort en 390, est un théologien et un Docteur de l'Église. Il fait partie avec Basile de Césarée et Grégoire de Nysse des Pères cappadociens.

Issu d'une famille chrétienne, Grégoire fait ses études à Alexandrie puis à Athènes, où il rencontre Basile de Césarée, qui devient son ami. Il rentre à Nazianze, où il est ordonné prêtre par son père Grégoire l'Ancien. Ordonné ensuite contre son gré évêque de Sasimes par Basile de Césarée, il ne peut s'établir dans cette cité et reste chez son père, devenant ainsi le premier évêque auxiliaire de l'Église.

À la mort de son père, il décide de se retirer pour mener une vie cénobitique. Il est invité à Constantinople, où il prend part à la lutte contre l'arianisme et contre les divisions de l'Église de Constantinople. Partisan de la doctrine du concile de Nicée, il cherche à défendre la place de l'Esprit Saint dans la théologie orthodoxe.

L'empereur Théodose Ier impose Grégoire de Nazianze comme évêque de Constantinople. Il préside alors le concile de Constantinople mais démissionne alors que les débats sont loin d'être achevés. Il retourne à Nazianze, où il écrit de nombreuses lettres et discours en faveur notamment de la thèse qui considère l'Esprit Saint comme l'une des personnes de la Trinité.

La richesse des écrits théologiques de Grégoire conduit très vite à sa reconnaissance dans toute la chrétienté. Ses œuvres sont traduites en latin, puis dans différentes langues. Il influence significativement la théologie de la Trinité tant des Pères grecs que des Pères latins.

Père de l'Église, il est introduit dans le bréviaire comme docteur de l'Église par le pape Pie V en 1568. Il est vénéré tant par les catholiques que par les orthodoxes.

Ses reliques, transférées à Rome au VIIIe siècle pour éviter leur destruction lors de la querelle iconoclaste, ont été restituées en 2004 par le pape Jean-Paul II au patriarche Bartholomée Ier de Constantinople. Ce geste est à interpréter comme un signe de réconciliation entre catholiques et orthodoxes.

Grégoire de Nazianze naît à Nazianze en Cappadoce en 329 de Grégoire l'Ancien, un notable récemment christianisé assurant la charge d'évêque de Nazianze, et de son épouse Nonna dont la famille est chrétienne depuis longtemps. Il a une sœur aînée, Gorgonie, et un frère cadet, Césaire, qui devient par la suite le médecin de trois empereurs (Constance II, Julien et Jovien) puis questeur en Bithynie pour Valens. Le prénom « Grégoire » qu'il partage avec son père a une connotation chrétienne prononcée et signifie « le veilleur ».

Issu d'une famille très aisée et influente de Cappadoce – une région de l'Empire romain dirigée par quelques clans d'une aristocratie cultivée au sein desquels sont recrutés les épiscopes – Grégoire est ainsi destiné a priori à succéder à son père sur le siège épiscopal et reçoit sa première formation dans le cercle familial. Il est éduqué dans ses jeunes années avec Césaire par un parent de la famille, Amphiloque d'Iconium, et un pédagogue du nom de Cartérios. Cartérios l'accompagne lorsque, vers l'âge de douze ans, il est envoyé dans la ville de Césarée de Cappadoce pour y suivre un enseignement en littérature grecque dans des écoles locales de grammairiens. C'est là qu'il rencontre Basile de Césarée, qui, à l'époque, n'est encore qu'un condisciple parmi d'autres.

Vers l'âge de dix-huit ans, il voyage et visite Antioche et Jérusalem avant de se rendre à Alexandrie, pour y faire des études supérieures . Il y rencontre probablement Athanase d'Alexandrie. puis s'en va terminer ses études à Athènes.

Lors d'un voyage entre Alexandrie et Athènes, son bateau est pris dans une tempête au cours de laquelle il pense mourir. Cet événement marque un tournant dans sa vie : le baptême se pratiquant tardivement à cette époque et Grégoire redoutant de mourir non baptisé, il fait alors la promesse de se consacrer à Dieu s'il survit, comme il l'explique dans ses écrits : « À toi j'étais auparavant, tien je suis maintenant. Pour toi je vivrai si j'échappe à ce danger ! Ton disciple est tombé dans la tempête : dissipe ce songe, ou viens marchant sur l'eau et que cette horreur cesse ».

Il arrive à l'Académie d'Athènes à la fin de 350. Dans cette ville cosmopolite, il suit les leçons du chrétien Prohaérésios et du rhéteur païen Himérios, l'Académie n'étant pas confessionnelle. Il apprend la rhétorique, ainsi que la mythologie grecque en étudiant Homère, Euripide et Sophocle.

Il se lie d'amitié avec Basile de Césarée, qui étudie comme lui à l'Académie. Cette amitié naît du fait que Grégoire de Nazianze accueille Basile et lui épargne le rituel de bizutage lors de son entrée à l'Académie, consistant en diverses humiliations et railleries. Plus tard, lors d'un concours de rhétorique, un groupe d'étudiants arméniens entend réduire au silence le nouveau venu qui est précédé par une notoriété de dialecticien doué. Grégoire se joint ingénument aux Arméniens dans ce concours, avant de se rendre compte de leurs mauvaises intentions et de retourner la situation en faveur de Basile. À propos de cet épisode, Grégoire rapporte : « Ce fut le prélude à notre amitié ; c'est de là que jaillit l'étincelle de notre union ; c'est ainsi que nous fûmes touchés l'un par l'autre ».

Durant ses premières années d'études à Athènes, Grégoire joue probablement un rôle de tuteur ou de professeur auprès de Basile. Dans ses écrits, il insiste sur le caractère spirituel de leur relation. C'est leur foi en Dieu, dans une école où de nombreux païens étaient présents, qui incite les deux étudiants à se lier d'amitié. Alors que l'on étudie principalement les lettres classiques, les deux hommes développent le même goût pour la vie contemplative et cénobitique.

Après plusieurs années, Grégoire a pour Basile une certaine admiration, le considérant alors davantage comme un maître : « Mon devoir est de le suivre, comme l'ombre suit le corps », explique-t-il, affirmant également que « Basile était supérieur à tous par sa vie, sa parole, son éthique ». Il a pour autre condisciple le futur empereur Julien, dont il fait plus tard un portrait redoutablement critique, lorsque celui-ci interdit aux chrétiens d’enseigner la culture profane, sous prétexte qu’ils seraient appelés à enseigner quelque chose à quoi ils ne croyaient pas ! Or, c’était précisément dans cette culture, qui constituait la formation de l’élite intellectuelle de l’Empire, qu’ils avaient eux-mêmes été instruits, aux côtés de leurs condisciples païens, ce contre quoi Julien ne s’élevait d’ailleurs pas. Nombre de chrétiens et non des moindres étaient en effet rhéteurs, voire fils de rhéteurs, comme Basile de Césarée par exemple. C’est que le système d’éducation était neutre, religieusement parlant, comme si l’unité culturelle était le critère déterminant d’un tel système. Or Julien prône un retour au paganisme.

Après une solide formation de près de huit années, d'une longueur inhabituelle pour des étudiants de l'époque, Basile décide de rentrer auprès de sa famille tandis que Grégoire, alors âgé de 30 ans, reste encore quelque temps à l'Académie à Athènes où il est promu professeur de rhétorique.

À la demande de son père, Grégoire de Nazianze, qui souhaite se consacrer à la théologie et espère vivre une vie cénobitique ou anachorétique en étudiant et suivant l'ascétisme chrétien, rentre chez lui en 358. En tant que fils aîné, il est l'héritier de la famille, et son père lui demande alors de prendre la charge de la propriété familiale d'Arianze. C'est vers cette époque que Grégoire et Basile semblent avoir été baptisés.

La même année, Basile revient de voyages au cours desquels il a visité des moines d'Égypte, de Mésopotamie et de Syrie, et fonde à son tour une petite communauté monastique à Anisa dans la région du Pont. Si Grégoire désire le rejoindre au nom d'une ancienne promesse, il ne peut s'exécuter. Il écrit à Basile : « J'ai manqué, je l'avoue, à ma promesse : être avec toi et de vivre avec toi en philosophe, voilà à quoi je m'étais engagé dès le temps de notre séjour à Athènes, de notre amitié là-bas et de notre fusion l'un à l'autre — je ne puis employer de terme plus juste que ceux-là. Mais, si j'ai manqué à ma parole, c'est malgré moi ; c'est parce qu'une loi a prévalu sur une autre : celle qui ordonne de prendre soin de ses parents l'a emporté sur celle de la camaraderie et de l'intimité ».

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