Ce Jour-là

Grégoire Ier

64e pape de l'Église catholique, de 590 à 604 et docteur de l’Église

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Grégoire Ier dit Grégoire le Grand, né vers 540 à Rome et mort dans la même ville le 12 mars 604, est un magistrat et ecclésiastique romain qui est élu évêque de Rome le 3 septembre 590 après en avoir été l'un des derniers préfets de Rome.

Auteur d'une abondante œuvre patristique particulièrement influente au Moyen Âge et redécouverte au cours du XXe siècle, il compte au nombre des quatre docteurs de l'Église d'Occident avec Ambroise de Milan, Augustin d'Hippone et Jérôme de Stridon.

C'est en son honneur que, deux siècles après sa mort, le chant élaboré dans les abbayes du diocèse de Metz est appelé « chant grégorien », sans que l'on sache avec certitude son rôle dans l'évolution et la diffusion du chant liturgique.

Considéré comme le 64e pape suivant le comput de l'Église catholique qui en a fait l'un des docteurs de l'Église, il est considéré comme saint par cette dernière qui le célèbre le 3 septembre, ainsi que par l'Église orthodoxe qui le fête le 12 mars.

Le Moyen Âge a connu une riche tradition hagiographique sur saint Grégoire. La première Vie est écrite entre 704 et 714 par un moine anonyme de Whitby (Angleterre). Vers 735, Bède le Vénérable compose une Histoire ecclésiastique du peuple anglais qui sert de point de départ à la Vie rédigée vers 760 par le fils de Warnefrid, connu sous le nom de Paul Diacre. Enfin, vers 872–882, un diacre romain, nommé Jean, compose une Vie beaucoup plus étendue, à la demande du pape Jean VIII.

Gregorius est né à Rome vers 540, au moment de la reconquête de l'Italie par Justinien Ier.

Issu d'une famille chrétienne et patricienne,

- Deux de ses tantes Tharsilla et Æmiliane ainsi que sa mère Sylvie de Rome sont vénérées comme saintes-.Il compte parmi ses ancêtres le pape Félix III (II). Son père, prénommé Gordien est sénateur Chrétien et administrateur d'un des sept arrondissements de Rome.

Le jeune Gregorius est éduqué dans le climat de renouveau culturel suscité en Italie par la Pragmatica sanctio, et excelle, « selon le témoignage de Grégoire de Tours, dans l'étude de la grammaire, de la dialectique et de la rhétorique ».

En 572, il est nommé préfet de Rome et devient ainsi le premier magistrat de Rome ce qui lui permet de s'initier à l'administration publique. Il utilise ses aptitudes pour réorganiser les possessions de l'Eglise de Rome dans la péninsule italienne. En 574, il souscrit à l'acte par lequel Laurent, évêque de Milan, reconnaît la condamnation des « Trois Chapitres » par le deuxième concile de Constantinople de 553.

Vers 574–575, il décide de se consacrer plus radicalement à Dieu, transforme en monastère dédié à saint André la demeure familiale située sur le mont Cælius et adopte, comme style de vie, la vie monastique. Il nomme pour abbé le moine Valentien. On ne sait pas si Grégoire assume personnellement la direction de la communauté. A la mort de son père, ayant hérité de grandes richesses, il fonde six monastères en Sicile. On ne sait pas si Grégoire et ses moines adoptent la règle de saint Benoît, mais « on ne saurait cependant douter de l'harmonie fondamentale existant entre l'idéal monastique de Benoît et celle du grand pontife. »

Grégoire est ordonné diacre par le pape Pélage II (ou peut-être par Benoît Ier, mais c'est moins probable) avant d'être envoyé à Constantinople comme apocrisiaire (représentant permanent). Il s'y rend accompagné de quelques frères et y résidera jusqu'à la fin de 585 ou le début de 586, « sans songer, d'ailleurs, à apprendre le grec ancien ni à s'initier à la théologie orientale ». Il se plaint d'ailleurs de trouver difficilement à Constantinople des interprètes capables de bien traduire en grec les documents latins. Cela montre qu'entre les cultures latine et hellénique de la chrétienté, il existait déjà des clivages au sein de l'Église nicéenne, cinq siècles avant la séparation formelle qui donnera naissance aux Églises catholique et orthodoxe.

C'est à Constantinople qu'il rédige sa plus importante œuvre exégétique, l'Expositio in Job. Il se fait aussi remarquer par une controverse avec Eutychius, le patriarche de Constantinople, à propos de la résurrection des corps. Grégoire défend la thèse traditionnelle de l'Église nicéenne sur la résurrection des corps, tandis qu'Eutychès applique « au dogme nicéen le principe de l'hylémorphisme aristotélicien ». À la demande du pape, Grégoire attire aussi l'attention de l'empereur byzantin Maurice sur l'invasion lombarde en Italie.

De retour à Rome, Grégoire reprend la vie monastique. Il joue aussi le rôle de secrétaire et conseiller de Pélage II. À ce titre, il rédige l'Épître III de Pélage, où il soutient la légitimité de la condamnation des Trois Chapitres par le concile de Constantinople de 553. Pélage II meurt de la peste le 7 février 590.

Grégoire « est élu pape par l'acclamation unanime du clergé et du peuple ». Désireux de rester fidèle à sa vocation monastique, mais aussi saisi d'angoisse à l'idée d'une responsabilité écrasante, il essaie de se dérober : il écrit une lettre à l'empereur Maurice, mais le courrier est intercepté par le préfet de Rome. Selon le texte de Grégoire de Tours, ce préfet est "germanus eius", ce qui laisse deux possibilités d'interprétation : soit il est le frère de Grégoire, soit Germanus est son nom propre.

Grégoire n'attend pas d'être officiellement pape pour prendre les affaires en main. La ville est à cette époque ravagée par la peste inguinaire, le Tibre déborde et ses eaux boueuses, polluées par les cadavres d'animaux, engloutissent les magasins de l'Église où sont conservées les réserves de grains. Grégoire doit donc à la fois veiller à rassurer les fidèles (certains croient que la fin du monde est arrivée) et utiliser ses talents d'administrateur pour veiller au ravitaillement de la ville. Pour tenter de conjurer le fléau, il mobilise tout le peuple et le clergé des sept régions ecclésiastiques en une grande procession de prières qui parcourt les rues en implorant Kyrie eleison.

La réponse de l'empereur finit par arriver, validant l'élection. Après six mois de vacance du siège épiscopal, Grégoire est conduit, de force dit-on, à la basilique Saint-Pierre et consacré pape le 3 septembre 590. Au même moment meurt le roi des Lombards Authari. Agilulf, un arien, lui succède et, en 593, menace d'attaquer Rome. Conformément à la coutume, Agilulf épouse la veuve de son prédécesseur Théodelinde de Bavière. Cette reine catholique, dont le fils Adaloald est baptisé, en 603, dans la foi catholique, se révélera par la suite une alliée influente du nouveau pape et amènera le roi au christianisme de l'Église indivise des trois premiers conciles œcuméniques. Grégoire Ier offrira alors à la reine un encolpion en cristal de roche, recouvert d'une feuille d'or sur laquelle est niellée une image du Christ en Croix.

Dans le contexte complexe qui accompagne la fin du siècle, Grégoire évoque dans ses homélies « les deuils, les lamentations, les villes détruites, la terre réduite au désert ». Il parvient à diriger l'épiscopat des Églises italiennes, gérer le patrimoine de l'Église romaine, organiser la résistance aux Lombards et négocier avec eux et inspirer les lointaines missions d'évangélisation.

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