Le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie est l'organe exécutif de la collectivité sui generis française de Nouvelle-Calédonie.
Sa composition, son mode de fonctionnement et ses attributions sont définis par le chapitre III du Titre III de la loi organique relative à la Nouvelle-Calédonie du 19 mars 1999, née de l'accord de Nouméa de 1998. Étant donné que sa composition reflète celle du Congrès et que son mode de fonctionnement incite au dépassement des antagonismes partisans, il est parfois appelé « gouvernement collégial ». Ses membres élisent en leur sein, au début de chaque mandat, un président et un vice-président, le premier étant traditionnellement issu des rangs des partis opposés à l'indépendance quand le second au contraire provient généralement des formations indépendantistes.
Précédemment, le pouvoir exécutif était exercé principalement par le Haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, délégué du gouvernement, représentant de l'État dans le territoire, ceci malgré l'existence par le passé, de 1956 à 1989, de « conseils de gouvernement » (de 1956 à 1984), d'un « gouvernement du territoire » (de 1984 à 1985) puis de « conseils exécutifs » (de 1984 à 1989). Depuis l'accord de Nouméa, le Haut-commissaire est cantonné dans ses fonctions de représentation de l'État français et d'exercice des compétences de celui-ci (notamment en matière de sécurité civile générale, à l'instar d'un préfet départemental ou régional).
L'actuel gouvernement, élu le 31 juillet 2026, est entré officiellement en fonction le même jour après avoir élu un président, Milakulo Tukumuli, et un vice-président, Christopher Gygès.
L'Hôtel du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie (service des différents membres du gouvernement) est situé dans l'immeuble dit « Le Lys rouge » à l'angle des rues Gallieni et Anatole-France du centre-ville de Nouméa, entre le quai Jules-Ferry du port et l'Hôtel de ville. Les services de la présidence, du secrétariat général et du pôle de communication, ainsi que la salle de réunion hebdomadaire du gouvernement s'installent pour leur part en 2024 dans des bâtiments historiques de l'ancien hôpital Gaston-Bourret au 7, rue Paul Doumer, au nord du centre-ville.
Le Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie est élu par le Congrès de la Nouvelle-Calédonie, l'assemblée délibérante locale, à bulletin secret au début de chaque mandature (qui dure 5 ans) ou dès qu'un gouvernement démissionnaire doit être remplacé.
Le Congrès de la Nouvelle-Calédonie définit tout d'abord par une délibération le nombre de membres que comprendra le gouvernement, nombre compris entre 5 et 11. Ensuite, il procède à l'élection de ces membres, dans les 21 jours qui suivent la première séance du mandat en cours de l'assemblée ou dans les 15 jours après la démission du gouvernement, et doit réunir pour l'occasion un quorum de 3/5 de ses membres. Les membres du gouvernement sont alors élus à la proportionnelle, selon la règle de la plus forte moyenne sans adjonction ni suppression, chaque groupe politique constitué au Congrès pouvant présenter une liste comprenant autant de personnes que le nombre de membres que doit comporter le gouvernement, plus trois.
Au plus tard 5 jours après leur élection, les membres du gouvernement se réunissent pour désigner parmi eux un président et un vice-président.
Le gouvernement est démissionnaire lorsque :
le Congrès a été renouvelé entièrement à la suite d'élections provinciales : ce fut le cas après les élections provinciales de 2004 (le gouvernement Frogier II élu lors de la précédente mandature démissionnant alors pour être remplacé par le gouvernement Thémereau I) puis celles de 2009 (le gouvernement Martin II transmet ses pouvoirs au gouvernement Gomès), de 2014 (le gouvernement Martin VI laisse la place au gouvernement Ligeard) et de 2019 (le gouvernement Germain II prend fin et le gouvernement Santa est élu).
le président du gouvernement démissionne, décède ou est empêché de remplir ses fonctions (notamment par une condamnation à l'inéligibilité et à la privation des droits civiques) : ce fut le cas le 19 mars 2001, le président du gouvernement Jean Lèques ayant démissionné pour pouvoir continuer à exercer son mandat de maire de Nouméa et ainsi ne pas être touché par le cumul des mandats, entraînant la démission de son gouvernement qui est alors remplacé par le Gouvernement Frogier I. Ce fut également le cas le 23 juillet 2007, lorsque la présidente Marie-Noëlle Thémereau démissionne à la suite de l'échec des candidats de son parti aux élections législatives de 2007, son gouvernement étant remplacé le 6 août par le gouvernement Martin I.
un membre démissionnaire, décédé ou empêché ne peut être remplacé par aucun de ses suivants de liste, soit parce que tous les remplaçants de la liste ont été épuisés, soit parce que ceux-ci démissionnent tous en bloc. Ce fut le cas à onze reprises, les deuxièmes, troisièmes, cinquièmes, sixièmes et septièmes fois immédiatement après l'élection du gouvernement. La première fois, le gouvernement Frogier I tombe de fait le 13 novembre 2002 avec la démission des membres de la liste du groupe UC présentée lors de sa formation en 2001, afin de protester contre ce qu'elle appelle un « non-fonctionnement de la collégialité », mettant en cause le président Pierre Frogier. Ensuite, le gouvernement Thémereau I chute quelques heures après son entrée en fonction le 10 juin 2004, les membres de la liste Rassemblement-UMP-FCCI ayant démissionné collectivement, n'ayant pas obtenu le plein de leurs voix au Congrès, une de leurs élus ayant commis une erreur lors du scrutin et son bulletin ayant donc été comptabilisé nul. Un tel cas s'est reproduit dans des conditions quasiment similaires le 6 août 2007 pour le gouvernement Martin I, c'est alors les membres de la liste FLNKS qui décident de démissionner en groupe pour protester contre la comptabilisation comme nul du bulletin de l'un de ses élus au Congrès, ce bulletin s'étant alors collé avec un autre. La quatrième fois que la démission en bloc a été utilisée fut pour le gouvernement Gomès le 17 février 2011, à l'initiative de la liste présentée en 2009 par le groupe FLNKS (dominé par l'UC) pour protester contre le président de l'exécutif Philippe Gomès et son parti Calédonie ensemble à la suite d'un différend politique sur la question des deux drapeaux. Après l'élection de l'exécutif suivant le 3 mars 2011, les membres de la liste présentée par le groupe Calédonie ensemble, à l'exception de Philippe Gomès, démissionnent immédiatement pour faire chuter à son tour ce gouvernement et pousser à terme l'État à dissoudre le Congrès et les Assemblées de provinces et organiser des élections provinciales anticipées. Le même scénario a lieu deux semaines plus tard, le quatrième gouvernement Martin, élu le 17 mars 2011, démissionnant de plein droit le même jour à la suite du départ cette fois de Philippe Gomès et de l'ensemble de ses suivants de liste (les deux autres membres Calédonie ensemble, Philippe Dunoyer et Hélène Iekawé, restent pour leur part en place), et encore une fois le 1er avril 2011 avec le cinquième gouvernement Martin (cette fois seuls Philippe Gomès et Philippe Dunoyer n'ont pas démissionné au sein de la liste Calédonie ensemble). À la suite de cette situation, une réforme de la loi organique est votée par le Parlement national pour limiter la possibilité de recourir à cette démission collective qu'une fois tous les dix-huit mois. Cette configuration se retrouve toutefois à quatre reprises par la suite. Le 16 décembre 2014, les membres de la liste Calédonie ensemble démissionnent collectivement du Gouvernement Ligeard, pour acter la fin de la coalition qui unissait jusque là toutes les formations non-indépendantistes. Après les élections législatives de juin 2017, l'un des membres du Gouvernement Germain I, Philippe Dunoyer, est élu député et ne peut plus exercer de fonctions au sein du gouvernement en raison de la loi sur les cumuls des mandats. Son dernier suivant de liste disponible, Philippe Gomès, ayant lui-même été réélu député, il ne peut être remplacé et l'exécutif ne peut qu'être démissionnaire de plein droit. Ceci est officiellement fait le 19 août 2017. C'est donc la première fois que cette disposition de la loi organique est utilisée sans volonté collective de faire chuter le gouvernement. Le 2 février 2021, la démission des cinq membres indépendantistes (présentés par les groupes UC-FLNKS et Nationalistes d'une part et UNI d'autre part) et de leurs suivants de liste provoque la chute du gouvernement Santa, qui dénoncent « l’impasse et l’immobilisme » de l’archipel et plus particulièrement le processus de vente de l’usine de nickel du Sud à Goro, exploitée par le groupe brésilien VALE. Enfin, le 24 décembre 2024, la démission de Jérémie Katidjo-Monnier, unique membre du groupe Calédonie ensemble et de ses suivants de liste provoque la chute du gouvernement Mapou. Pour Calédonie ensemble, cette démission est justifiée par « une indépendance gouvernementale autoproclamée », le fossé politique entre le gouvernement et le Congrès s’étant largement creusé, en plein contexte de crise économique et sociale déclenchée par les émeutes de mai 2024 et alors que les deux institutions défendent chacune leur propre programme de reconstruction.