Gojong de Corée, né le 25 juillet 1852 et mort le 21 janvier 1919, l'empereur Gwangmu, est le 26e roi de la dynastie Joseon et le premier empereur de la Corée (de 1897 à 1907). Il règne de 1864 à 1907.
C'est en plein déclin de la dynastie Joseon que Kojong accède au trône en 1864, après la mort du roi Cheoljong, alors qu'il n'est qu'un enfant. Son père, Daewongun, assure la régence jusqu'à ce que son fils puisse assurer la bonne conduite du royaume. C'est pendant cette période que le palais de Gyeongbokgung redevient le siège de la royauté. Le début de son règne est également marqué en 1866 par l'expédition française du contre-amiral Roze, première action militaire d'une nation occidentale contre la Corée.
Ces incursions occidentales provoquent des tensions sociales importantes, alimentées par le mouvement Tonghak (« savoir oriental ») créé en 1859, et qui est de toutes les révoltes populaires de cette seconde moitié du XIXe siècle.
En 1876, les Occidentaux ne sont plus les seuls à s'intéresser à la Corée : le traité de Kang-hwa est signé entre la Corée et le Japon à l'issue d'une courte campagne navale contre ce dernier. Ce traité situe le royaume Joseon au dernier rang du concert des nations et ouvre celui-ci aux ambitions nippones : trois ports sont ouverts aux Japonais qui obtiennent la clause de la nation la plus favorisée, des taux de douanes réduits, ainsi qu'une représentation diplomatique et l'extraterritorialité de leurs ressortissants.
Dans les années qui suivent, d'autres traités similaires sont signés avec les puissances occidentales (France, Royaume-Uni, Belgique, Allemagne, Russie, États-Unis). D'autres ports sont progressivement ouverts au commerce étranger, des concessions (mines, télégraphe, chemin de fer) sont accordées aux puissances étrangères. Parmi les conseillers impériaux, on compte le diplomate allemand Paul Georg von Möllendorff et le franco-américain Charles Le Gendre.
L'arrivée des étrangers provoque la révolution Kapsin, qui éclate le 4 décembre 1884, fomentée par des élites progressistes admiratrices du Japon de l'ère Meiji, et désireuses de moderniser la Corée afin d'éviter que celle-ci, à l'instar du voisin chinois, ne soit colonisée. Plusieurs ministres sont alors assassinés, la légation japonaise est incendiée. Malgré tout, cette révolte échoue et l'année suivante, au traité de Tianjin, le Japon et la Chine s'entendent pour conserver leur influence sur la Corée.
Cette entente ne dure pas longtemps : en 1894, une énième révolte paysanne naît dans le sud-est du royaume, encadrée par le mouvement Tonghak. Le 4 juin, le roi Gojong demande alors l'aide de son suzerain chinois. Le Japon intervient et met en place un gouvernement provisoire le 23 juillet, puis affronte militairement les Chinois. Il déclare la guerre à la Chine le 1er août, c'est le début de la première guerre sino-japonaise. Le conflit est finalement réglé par le traité de Shimonoseki, le 17 avril 1895, marquant la fin de la suzeraineté chinoise sur la Corée et confirmant la mainmise du Japon sur la péninsule (les deux pays étant déjà liés depuis peu par un traité d'alliance militaire).
Le 8 octobre 1895, l'ambassadeur japonais en Corée Miura Gorō n'hésite pas à faire assassiner l'épouse de Gojong, la reine Min.
Un gouvernement nommé en 1896 établit 208 mesures mettant fin à la société confucéenne coréenne traditionnelle, dites réformes Gabo :
abolition de l'organisation de la société en classes ;
suppression du concours d'entrée dans la fonction publique, qui existait depuis 1000 ans ;
suppression de traditions confucéennes (comme le chignon viril traditionnel (sangu)) ;
instauration d'une constitution :
séparation du domaine royal et du domaine d'État ;
séparation des pouvoirs (cabinet ministériel, conseil législatif) ;
Cet ensemble de réformes amène Gojong à instaurer l'« empire de Taehan ».
Mais le traité de Shimonoseki n'a pas écarté toutes les menaces pour les Japonais. Depuis longtemps, les Russes souhaitent remettre en cause leur hégémonie sur la péninsule. Déjà, le consul de Russie à Séoul, Karl Ivanovitch Weber, avait développé une amitié personnelle avec Gojong, et avait même offert au souverain de se réfugier à la légation russe après l'assassinat de la reine Min, ce qui eut lieu du 11 février 1896 au 20 février 1897.
Les tensions entre les deux rivaux sont telles qu'éclate en février 1904 la guerre russo-japonaise, dont l'Empire coréen est un des principaux théâtres d'opérations. Cette guerre se termine par la victoire japonaise, consacrée par le traité de Portsmouth signé le 5 septembre 1905. Le Japon se voit confirmer sa mainmise sur l'empire de Gojong.