Ce Jour-là

Godefroy de Bouillon

Duc de Basse-Lotharingie (1087-1100), premier souverain du royaume de Jérusalem (1099-1100)

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Godefroy de Bouillon, né vers 1058 et mort le 18 juillet 1100 à Jérusalem, est un chevalier franc et duc de Basse-Lotharingie. Premier souverain du royaume de Jérusalem au terme de la première croisade, il a, selon la majorité des chroniqueurs occidentaux, refusé le titre de roi pour celui, plus humble, d'avoué du Saint-Sépulcre.

Fils d'Eustache II, comte de Boulogne, compagnon de Guillaume le Conquérant, et de sa seconde épouse Ide de Boulogne, fille de Godefroid II, duc de Basse-Lotharingie, Godefroy de Bouillon est un descendant de Charlemagne et, comme son illustre ancêtre, un personnage de légende. Il appartient à un clan aristocratique, composé de ducs, comtes et évêques qui gouverne la Lotharingie depuis 950 au moins. Il est dit membre de la maison de Boulogne, or, son premier ancêtre ayant porté le titre de comte de Boulogne est Adalolphe de Boulogne, fils de Baudouin II de Flandre, lui-même fils de Baudouin Ier de Flandre. Il n'y a pas de changement dynastique, et il fait donc partie de la Maison de Flandre.

On ne connaît pas avec certitude le lieu de naissance de Godefroy de Bouillon ; les thèses hésitent entre Boulogne-sur-Mer en France et Baisy-Thy en Belgique. La légende née au XIXe prétend que son éducation de chevalier est assurée par son oncle Godefroy III le Bossu à Bouillon (Belgique). La légende ajouta qu'il fut roi de Jérusalem (voir l’inscription trompeuse gravée sur son monument de la place royale). À la mort de ce dernier, il hérite de ses titres. Attendant sans doute qu'il fasse ses preuves, Henri IV ne lui concède que le marquisat d’Anvers (1076) et il lui interdit, en tant que roi de Germanie, le titre de duc de Basse-Lotharingie comme le souhaitait son oncle dans son testament. C'est son fils Conrad , alors âgé de deux ans, qui portera le titre, sous la tutelle du comte de Namur Albert III.

Godefroy se range néanmoins fidèlement au côté d'Henri IV dans la lutte d'Investiture qui oppose l'empereur germanique et le pape Grégoire VII. Peu après, il est victime sans doute d'un typhus. Il dut également s'opposer à la convoitise de sa tante Mathilde de Toscane, qui, associée avec Albert III, revendiquait la région de Bouillon. Il triomphe de ses adversaires et s'impose à l'attention de Henri IV. Sans doute impressionné par ce jeune chevalier et aussi pour le récompenser de ses fidèles et loyaux services, l'empereur germanique lui octroie le titre de duc de Basse-Lotharingie en 1087, non pas comme un bien dont il a hérité, mais qu'il a gagné, octroyé par la bonne volonté de l'autorité impériale.

Il règne donc désormais sur un duché s'étendant sur ce qui deviendra le duché de Brabant, le comté de Hainaut, le duché de Limbourg, le comté de Namur, le duché de Luxembourg et une partie du comté de Flandre. Peu de témoignages nous sont parvenus permettant de connaître l'activité de Godefroy lors de sa période en tant que duc de Basse-Lotharingie. Les seuls documents contemporains sont les chroniques des abbayes de Saint-Hubert et Saint-Trond. Nous savons ainsi que Godefroy dut arbitrer la succession à l'abbaye de Saint-Hubert entre Otbert et Thierry II, n'hésitant pas à utiliser la force si nécessaire.

Nous lui connaissons également 3 actes ducaux datés de 1093 (pour l'abbaye de Gorze) et de 1096 (pour les prieurés de Bouillon et de Stenay), attestant ainsi un pouvoir personnel important, plutôt rare à cette époque.

En 1095, le pape Urbain II appelle à la croisade à la suite du Concile de Clermont pour venir à l'aide de l'Empire byzantin, appelés chrétiens d'orient. La défense de villes importantes dans l'histoire du monde chrétien, notamment celle de Jérusalem, mais aussi de Nicée, Antioche, et bien d'autres, qui sont tombées sous domination musulmane est également de mise. Les assaillants musulmans sont désignés comme perses, et ne sont pas vraiment différenciés de ceux avec qui les chrétiens ont déjà affaire avec les croisades de la Reconquista dans la péninsule Ibérique, et ce malgré des origines totalement différentes.

Godefroy de Bouillon est l'un des premiers à répondre à cet appel, convaincu par le prédicateur itinérant Pierre l'Ermite. Vassal de l'empereur Henri IV (constamment en conflit avec le pape) et grand féodal à l'autorité bien assise, on ignore presque tout des raisons profondes qui l'ont poussé à tenter cette aventure vers l'inconnu alors que ses terres reçues en héritage sont convoitées : on note tout de même qu'un attrait spirituel croît en Godefroy depuis qu'il est duc de Basse-Lotharingie et hérite donc de la culture de la réforme clunisienne qui a pénétré en Basse-Lotharingie. Ce sont ces mêmes raisons où qui ont fait naître des doutes chez l'empereur Henri IV vis-à-vis de son vassal et sa légitimité, ou non, à pouvoir gérer le duché de Basse-Lotharingie. Certaines personnes émettent l'hypothèse improbable qu’il a participé au sac de Rome (aucunes sources à ce sujet). Exprimant des remords, il fait donc pénitence en allant défendre les chrétiens en Orient.

Vente de possessions afin d'équiper son armée

Afin d'être apte à s'équiper d'une armée d'une taille plus importante, Godefroy hypothèque le château de Bouillon à Otbert, prince-évêque de Liège, et vend ses domaines de Rosay, mais aussi de Stenay, dans la Meuse, au prince-évêque de Verdun. La taille de son armée, mais également le titre de Godefroy lui donnaient "un prestige qui n'était qu'accru par ses bonnes manières ainsi que son élégante apparence. Car il était grand, bien bâti, et juste, avec une barbe et des cheveux blonds, l'image parfaite d'un chevalier du Nord. Mais en tant que soldat, on lui était indifférent, sa personnalité restant dans l'ombre de son jeune frère Baudoin".

Départ de Godefroy vers la cour impériale de Constantinople

Départ de la Lorraine et traversée du royaume d'Hongrie

Godefroy prend le chemin pour la croix d'outremer le 15 août 1096. Il est rejoint par son frère ainé, Eustache III de Boulogne, qui se place sous ses ordres. Celui-ci est l'exact opposé de Baudoin de Boulogne, le plus jeune des trois, qui les rejoint également. Originellement destiné à être membre du clergé, il étudie à Reims et n'hérite d'aucune possession, mais il n'en ressort qu'avec un fort goût pour la culture. Il répond avec un zèle puissant au fameux cri venu de la ville de Clermont : " Deus le volt! ". Godefroy et lui se démarqueront par leurs exploits et rivalité. Les trois frères seront plus tard rejoint par Baudoin de Rethel, seigneur du Bourg, Baudoin II, comte d'Hainaut, Renard III de Toul, Warner, comte de Grez-Doiceau, Dudo, seigneur de Cons-la-Grandville, Baudoin de Stavelot, Pierre de Stenay, les frères Henry et Geoffrey d'Esch, ainsi que de nombreux chevaliers de Wallonie et de Lotharingie. Probablement gêné par le fait qu'il soutienne l'empereur dans les conflits actuels entre le Saint-Empire romain germanique et la Papauté, Godefroy n'emprunte pas l’Italie comme les autres croisés, mais décide de traverser la Hongrie, empruntant le même chemin que les pèlerins populaires, mais aussi que l'empereur Charlemagne lors d'un pèlerinage vers Jérusalem rapporté dans des légendes se propageant en Occident au même moment. Il quitte la Lorraine aux alentours de la fin du mois d'août 1096, avant d'arriver aux frontières hongroises en octobre après avoir suivi le Rhin et le Danube. À partir d'ici, il envoie une ambassade dirigée par Geoffreoy d'Esch qui est chargé de négocier un droit de passage auprès du roi Koloman de par ses précédentes expériences avec la cour hongroise. Redoutant de se faire de nouveau piller par des croisés, le roi Koloman demande, après huit jours, à ce que Godefroy de Bouillon s'entretienne personnellement avec lui en la ville de Sopron. Godefroy vient avec quelques chevaliers puis reste quelques jours auprès de la cour hongroise, à l'issue desquels Koloman apprécie probablement le duc, celui-ci autorisant son armée à traverser son royaume. Cependant, il est demandé en échange à ce que Baudoin de Boulogne, ainsi que sa femme et ses enfants, restent auprès de la cour en tant qu'otages afin de s'assurer d'aucun excès de la part des croisés. Cela est initialement refusé par Baudoin qui finit par accepter, permettant à Godefroy et son armée de passer par le royaume d'Hongrie. Koloman se porte garant pour des provisions à prix abordables pour l'armée de Godefroy alors que celui-ci prend la résolution d'annoncer à son armée que tout acte de violence de la part d'un chevalier sur ce territoire sera puni de mort. Arrivant aux frontières de l'Empire byzantin vers la fin du mois de novembre 1096, les autorités byzantines, visiblement mises au courant par les Hongrois, sont déjà prêtes à recevoir l'armée de Godefroy. Baudoin et sa famille sont libérés, annonçant la fin de la traversée du royaume de Hongrie.

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