Ce Jour-là

Gnassingbé Eyadéma

Homme d'État togolais

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Étienne Eyadéma Gnassingbé, dit Gnassingbé Eyadéma, est né le 26 décembre 1935 dans la ville de Pya au nord de ce qui était alors le Togo français, et mort le 5 février 2005 à bord de l'avion présidentiel Togo, qui l'évacue pour des soins médicaux vers l'État d'Israël, là où il avait l'habitude de soigner ses yeux. Militaire et homme d'État togolais, il est resté président de la République durant 38 ans. Son régime est considéré par plusieurs ONG, dont Human Rights Watch, et des médias, comme une dictature.

Issu d'une famille paysanne protestante, Étienne Eyadéma naît le 26 décembre 1935 à Pya dans le nord du Togo, ancienne colonie allemande placé sous mandat de la Société des Nations après la défaite de l'Allemagne à la Première Guerre mondiale. Ses deux prénoms, sous lesquels il se fait appeler jusqu'en 1974, avant finalement d'escamoter le prénom chrétien Étienne. Fils de Monsieur Gnassingbé et de Madame N'Danida, connue plus tard sous le nom de Maman N'Danida, née en 1878.

Il perd son père très tôt, qui serait mort après avoir été passé à tabac à la suite d'une altercation avec des soldats de l'armée coloniale française.

Après la mort de son père, Étienne Eyadéma Gnassingbé s'inscrit à l'école primaire évangélique de Pya, où il ne dépasse pas le cours élémentaire.

Après avoir travaillé comme métayer chez un agriculteur de Kabou-Sara, en pays bassar à l'ouest de Kara, Étienne Eyadéma Gnassingbé part pour Ouidah au Dahomey (actuel Bénin), où il se fait recruter dans les rangs de l'armée coloniale française en 1954. Envoyé en Indochine puis en Algérie. Le 27 avril 1960, le Togo accède à l'indépendance avec Sylvanus Olympio comme premier président. Deux ans plus tard, c'est la fin de la guerre d'Algérie avec les accords d'Évian. Comme il était de tradition à cette période, les anciens soldats étaient mis à la disposition des armées de leur pays. C'est dans ce cadre que le sergent-chef Étienne Eyadéma Gnassingbé et d'autres combattants indigènes de l'armée coloniale sont démobilisés et rentrent dans leur pays d'origine.

Contrairement aux autres États qui ont incorporé les démobilisés de l'armée coloniale dans les toutes nouvelles armées nationales, le Togo a refusé d'incorporer les démobilisés dans la gendarmerie nationale togolaise, officiellement pour des raisons budgétaires. À l'époque, la gendarmerie comptait 300 hommes et une seule caserne à Lomé, sous le commandement de Georges Maîtrier, gendarme français envoyé au Togo comme coopérant et conseiller militaire du chef de l'État togolais.

En janvier 1963, Étienne Eyadéma Gnassingbé participe activement à l'assassinat de Sylvanus Olympio, premier président de la République depuis l'indépendance en 1960. Il a revendiqué dans la presse cet assassinat. En effet, c’est lui qui a achevé l'ancien président, d’abord avec une arme, ensuite au couteau, s'exclamant : « C'est comme ça que l'on faisait en Algérie ».

Rejoignant l’armée togolaise, il devient le 1er novembre 1965 chef d’état-major des armées avec le grade de lieutenant-colonel.

Le 13 janvier 1967, Étienne Eyadéma Gnassingbé renverse Nicolas Grunitzky, second président de la République et prend le pouvoir.

Le 15 avril, il devient officiellement président de la République, chef du gouvernement et ministre de la Défense. Le 13 mai 1967, il dissout tous les partis politiques. En 1969, il fonde le Rassemblement du peuple togolais (RPT), le parti unique du pays. Le 9 janvier 1972, Étienne Eyadéma Gnassingbé est confirmé à la tête de l'État par un plébiscite (réprimant durement toute forme d'opposition politique, il sera réélu à cinq reprises en 1979, 1986, 1993, 1998 et 2003.

Le 13 janvier 1980 est proclamée la IIIe République. En août 1982, il accueille le pape Jean-Paul II lors de sa visite au Togo. Le 23 septembre 1986, à la suite de l’attaque d’un commando à Lomé, les autorités mettent en cause le Ghana et le Burkina Faso qui démentent. Le président Eyadéma Gnassingbé, en vertu des accords militaires franco-togolais, demande l’aide militaire de la France. Des soldats français débarquent à Lomé.

De la répression au multipartisme

En 1990, des grèves et des manifestations secouent le pays. En octobre 1990, l'armée disperse par la force une manifestation de soutien à de jeunes opposants. Les troubles politiques et sociaux au début des années 1990 ont fait plusieurs centaines de morts. En avril 1991, Gnassingbé Eyadéma est obligé d’instaurer le multipartisme, à la suite des pressions du président français François Mitterrand. Du 8 juillet au 28 août 1991, se tient une « conférence nationale », qui opte pour la mise en place d’un régime semi-présidentiel, institue un Haut conseil de la République (HCR) et impose la nomination d’un Premier ministre.

En décembre 1991, à Lomé, les chars tirent sur les bureaux du chef de gouvernement. Eyadéma Gnassingbé récupère alors toutes ses prérogatives. Il fait adopter une nouvelle Constitution le 27 septembre 1992. Le 16 novembre, commence une grève générale de plusieurs mois pour obtenir la neutralité politique de l'armée.

Le 25 janvier 1993, la police tire sur une manifestation de l'opposition à Lomé : au moins 16 morts (sources médicales), plus de 50 selon l'opposition. La Communauté européenne suspend sa coopération. Le 25 mars 1993, Gnassingbé Eyadéma échappe à une attaque lancée contre sa résidence officielle. Il avait déjà été l'objet de plusieurs attentats ou de complots.

Scrutins de 1998 et 1999 : une domination toujours écrasante

Le 21 juin 1998, il est réélu lors d'un scrutin contesté par l'opposition (et mis en doute par de nombreux observateurs européens) qui revendique la victoire pour le candidat de l'Union des forces de changement (UFC) Gilchrist Olympio. Le 21 mars 1999, le Rassemblement du peuple togolais (RPT) du président Gnassingbé remporte la quasi-totalité des sièges du Parlement lors de législatives boycottées par l'opposition. En juillet, Eyadéma Gnassingbé s'engage à quitter le pouvoir en 2003 à la fin de son mandat. Un accord est signé entre le pouvoir et l’opposition qui prévoit de nouvelles élections législatives. Plusieurs fois repoussées, elles auront lieu en 2002.

Les révisions normatives de 2002 : le maintien au pouvoir

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