Ce Jour-là

Giselle (ballet)

Ballet romantique en deux actes, créé en 1841

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Giselle, ou les Wilis est un ballet romantique en deux actes composé par Adolphe Adam sur un livret de Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges et de Théophile Gautier, représenté pour la première fois le 28 juin 1841 à Paris. La chorégraphie originale est de Jean Coralli et Jules Perrot.

Archétype du ballet romantique, Giselle semble être[évasif] la plus ancienne chorégraphie du répertoire née de la convergence de multiples sources créatrices[C'est-à-dire ?] : Espagne, Allemagne, Italie et France.

Fantômes, poème de Victor Hugo publié dans Les Orientales en 1829, rapporte qu'une jeune Espagnole, par excès d'amour, danse jusqu'à en mourir.

On trouve la première évocation des wilis (ou willis) — ces spectres de jeunes fiancées défuntes, mi-nymphes, mi-vampires, qui poursuivent leurs fiancés pour les précipiter dans la mort — dans le recueil d'Heinrich Heine intitulé De l'Allemagne et paru en 1835.

Heine inspire à son tour le Français Théophile Gautier qui en suggère l'argument à Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges, lequel écrira le livret que son compatriote, Adolphe Adam, mettra en musique. Jean Coralli et Jules Perrot en établiront la chorégraphie. Perrot arrange les danses destinées à la créatrice du rôle, Carlotta Grisi, étoile italienne, qui a pour partenaire Lucien Petipa (le frère de Marius, plus connu pour son règne sur la scène chorégraphique de Saint-Pétersbourg et son influence qui dure encore).

Giselle est créé à Paris le 28 juin 1841 à l'Académie royale de musique (devenue l'Opéra de Paris), avec Carlotta Grisi dans le rôle-titre, le jour de ses 22 ans. Adèle Dumilâtre tient le rôle de Myrtha, la reine des Wilis, Lucien Petipa celui d’Albrecht, le chorégraphe Jean Coralli joue Hilarion. Grisi transcende son rôle : les critiques sont dithyrambiques ; des laudateurs vantent la légèreté de sa grâce : elle semble voler. Plus prosaïquement, le critique Edwin Denby signale que Carlotta Grisi utilise des fils dans le deuxième acte de Giselle pour « amplifier » ses sauts.

Avec son succès dans Giselle, le salaire à l'Opéra de Carlotta Grisi passe de 5 000 à 12 000 francs en 1842 et augmentera encore ; ces prétentions pécuniaires agaceront l'Opéra qui traînera la ballerine en justice où elle perdra en 1845.

Adam doit sa notoriété à cet archétype du ballet romantique, d'une grande richesse mélodique :

« La musique de Monsieur Adam est supérieure à la musique ordinaire des ballets ; elle abonde en motifs, en effets d'orchestre ; elle contient même, attention touchante pour les amateurs de musique difficile, une fugue très bien conduite. Le second acte résout heureusement ce problème musical du fantastique gracieux et plein de mélodie. »

« Qu'a donc fait Adolphe Adam dans Giselle ? Non seulement il a fait la musique la plus symphonique qu'il a pu, mais il a donné dans ce qu'on est convenu d'appeler la musique savante ; il a fait danser les Wilis sur une fugue, une vraie fugue classique, assez étonnée, à vrai dire, de se trouver là. Il a fait aussi, dans Giselle, de vrais airs de danse […] Y avait-il donc, dans cet ennemi de la musique sérieuse et de la symphonie (Adolphe Adam), un symphoniste qui s'ignorait ? Le plus célèbre de ses ballets, Giselle, est un pur chef-d'œuvre […] L'instrumentation en est originale, colorée, merveilleuse. »

— Camille Saint-Saëns, Écrits sur la musique et les musiciens, Vrin, 1870-1921.

« Giselle est un bijou, poétique, musical et chorégraphique », déclarait Tchaïkovski, qui relisait toujours la partition d'Adam avant d'écrire un nouveau ballet.

Dès la création, les caprices chorégraphiques ont été ajoutés à la partition d'Adam : ainsi, un morceau en vogue, Souvenir de Ratisbonne, dû à Johann Friedrich Burgmüller. À l'acte I du ballet, ce morceau devint le Pas-de-deux des jeunes paysans. Oublié aujourd'hui, Burgmüller composa un ballet l'année suivante, de nouveau sur un livret de Théophile Gautier, La Péri.

En 1841, un an après la première prestation de Carlotta Grisi à Londres, une version fantastique et mélodramatique de Giselle fut présentée sur une scène londonienne sous le titre : Giselle or the Phantom Night Dancers.

Devenu le maître de ballet au théâtre impérial Mariinski, Marius Petipa montera Giselle en 1887, marquant le début de l'approche moderne de ce ballet.

Giselle, jeune paysanne, aime Albrecht, qui lui a juré fidélité. Elle danse en son honneur, oubliant les remontrances de sa mère, qui lui rappelle l’histoire des wilis, ces jeunes filles transformées en fantômes pour avoir trop dansé. Amoureux de Giselle, le garde-chasse Hilarion découvre qu’Albrecht n’est autre que le duc de Silésie, fiancé à la fille du duc de Courlande. Devant tous, il révèle l’identité de son rival. Giselle en perd la raison et s’effondre sans vie.

Venus se recueillir le soir sur la tombe de Giselle, Hilarion et Albrecht sont la proie des wilis et de leur reine, l’implacable Myrtha, qui les condamne à danser jusqu’à la mort. Sortant de sa tombe, Giselle, nouvelle wili, tente en vain d’intervenir. Albrecht ne sera sauvé que par les premières lueurs de l’aube qui font rentrer les wilis dans leurs tombes.

1841 : Paris (rôles principaux : Carlotta Grisi, Lucien Petipa et Adèle Dumilâtre)

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