Ce Jour-là

Giovanni Paisiello

Compositeur italien

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Giovanni Paisiello [dʒɔvɑːni pajzje:lo] (Paesieillo ou Paesieixo), né le 9 mai 1740 à Roccaforzata près de Tarente, dans le royaume de Naples, et mort le 5 juin 1816 à Naples, est un compositeur italien de la période classique.

Paisiello connaît de son vivant une renommée considérable grâce à ses opéras et la faveur de nombreux souverains européens. Considéré comme l'un des derniers représentants de l'école napolitaine au XVIIIe siècle, il développe cependant un style très personnel qui, par ses orchestrations ingénieuses et son invention mélodique, annonce le mouvement romantique.

Fils de Francesco Paisiello, un vétérinaire réputé appartenant à la petite bourgeoisie, et de Grazia Fuggiale, Giovanni Paisiello naît à Tarente dans la maison familiale sur la Piazzetta Monte Oliveto. La famille de Francesco Paisiello, y compris le petit Giovanni (ses frères aînés Porzia et Raffaele étaient morts), résidait depuis des années dans la maison de son beau-frère prêtre, Francesco Fuggiale, située derrière la cathédrale de San Cataldo où Paisiello fut baptisé.

Il entre à l'âge de cinq ans au collège des Jésuites de Tarente dans la perspective d'une carrière juridique mais sa voix attire vite l'attention. Girolamo Carducci Agustini, marquis de Fragagnano, maître de chapelle de l'église des Capucins, l'entend et insiste pour l'envoyer étudier la musique à Naples. Réticents à se séparer de leur fils unique, ses parents lui font apprendre à Tarente les rudiments du chant et de l'harmonie auprès d'un ami de leur oncle maternel, le prêtre Don Carlo Presta, ténor et excellent archiluthiste. Après trois mois, son père se laisse convaincre et, sous le patronage du marquis de Fragagnano et de l'avocat Domenico Gagliardo, accompagne son fils à Naples en 1754.

Formation au conservatoire de Naples

Paisiello entre au conservatoire de Sant'Onofrio le 8 juin 1754 et entame des études musicales avec le célèbre compositeur Francesco Durante. À sa mort en septembre 1755, il poursuit son enseignement auprès de Carlo Cotumacci et Girolamo Abos. Sa perfection dans l'art du contrepoint attire l'attention du compositeur bavarois Joseph Doll qui enseigne alors au conservatoire de Naples. Devenu « maître » en 1759 et ayant réalisé ses premiers essais de composition dans le genre sacré (messes, dixit, motets, oratorios), Paisiello termine prématurément son apprentissage le 5 juillet 1763 à l'âge de 22 ans. Rien ne nous est parvenu de ses exercices de jeunesse.

Il n’est pas certain que Paisiello ait composé l'intermezzo de style bouffe que la pratique de l’enseignement exigeait des étudiants les plus méritants comme preuve de congé. Mais il est établi que ses débuts dans l'opéra ont eu lieu dans les théâtres émiliens.

Débuts à Bologne, Modène et Venise

Arrivé à Bologne à l’été 1763, Paisiello fait ses débuts au théâtre Rangoni de Modène avec l’opera buffa La moglie in calzoni (18 février 1764), une adaptation de la comédie homonyme de Jacopo Angelo Nelli (1727) écrite par Giuseppe Carafa di Colubrano. Paisiello reçoit ses premières commandes de Carafa di Colubrano qui sert d'intermédiaire avec les théâtres d'Emilie-Romagne.

De 1764 à 1766, Paisiello travaille au théâtre de Bologne, puis à Venise et à Modène, où il écrit ses propres opéras ou adapte des partitions d'autres compositeurs. À Bologne, il compose deux opéras bouffes pour le théâtre Marsili, La Pupilla et Il mondo alla rovescia, qui commencent à le faire connaître. À Venise, il met en musique deux livrets de Goldoni, Il Ciarlone et Le Pescatrici, bien accueillis du public.

De passage à Rome en février 1766, il compose Le Finte Contesse (La fausse comtesse), un intermezzo créé au Teatro Valle pour le carnaval. Le livret de Pietro Chiari raconte l'histoire du comte Tulipano, un noble veuf obsédé par l'extension de sa lignée. Le charme de cette composition, reprise sous le titre Il Marchese di Tulipano, le fait connaître à l'étranger.

Le maître napolitain de l'opéra bouffe

De retour à Naples au printemps 1766, Paisiello se découvre deux rivaux dans ses aînés Pietro Guglielmi et Nicolo Piccinni qui se disputent les faveurs de la cour et du public. Il commence à collaborer avec le Teatro Nuovo, avant d'écrire une série d'œuvres pour les plus petits théâtres de la ville.

Au printemps 1767 a lieu au Teatro Nuovo la création de L'Idolo cinese (L'Idole chinoise), un opéra en trois actes sur un livret de Giovanni Battista Lorenzi qui deviendra le librettiste préféré et l'ami du compositeur. Le mélange des styles et les décors évocateurs impressionnent le public napolitain. Le succès est tel que le roi Ferdinand IV fait reprendre immédiatement le spectacle à la cour, le jugeant digne de faire partie des célébrations données pour l’arrivée de son épouse Marie-Caroline d’Autriche (représentation au palais royal de Caserte en 1768) et pour la visite de son beau-frère Joseph II (au palais royal de Naples le 6 avril 1769).

Ce succès à la cour a été favorisé par la nature même du livret : Lorenzi a créé un mécanisme théâtral purement ludique, atténuant le réalisme agressif qui animait l’opéra bouffe napolitain dans la première moitié du siècle. La vocation de Paisiello pour la musique d’action est déjà pleinement perceptible, en particulier dans les ensembles vocaux et les fins d’acte, sommets de la partition, où la bouffonnerie s’entremêle avec des accents dramatiques d’une intensité surprenante soutenus par une trame instrumentale en mouvement perpétuel. L'opéra sera notamment repris à Paris le 10 juin 1779 au théâtre de l'Académie royale de musique. Il deviendra l'une des œuvres préférées de Lady Hamilton. Ce succès lui vaut sa première commande pour le théâtre San Carlo de Naples avec Lucio Papirio dittatore, un opéra seria en trois actes créé en juin 1767, sur un livret d'Apostolo Zeno.

Le départ de Piccini pour la France lui laisse le champ libre et Paisiello use de toutes les intrigues pour évincer ses rivaux Gugliemi et le jeune Cimarosa. Il s'impose comme le maître incontesté du genre de l'opéra bouffe, caractérisé par ses sujets empruntés au quotidien, ses personnages familiers, ses formes simples et son écriture vocale sans grande exigence virtuose. Il porte ce genre à sa perfection en lui apportant une touche personnelle de verve napolitaine.

Un mariage chaotique va mettre fin aux excellentes relations de Paisiello avec la cour de Naples. À l'âge de 28 ans, il devient le professeur de musique d'une jeune soprano débutante originaire de Naples, Cecilia Pallini, dont il tombe rapidement amoureux. Après avoir emménagé chez le compositeur, la jeune femme tombe enceinte. Elle affirme être la veuve de Felice Mazzinghi, un célèbre chef de chœur de Livourne qui avait connu une fin prématurée. Mazzinghi était un homme riche ayant laissé à sa femme une fortune considérable et une dot de 1 800 ducats. Amoureux et probablement attiré par ce beau parti, Paisiello demande la main de Cecilia.

Avant que le mariage n'ait lieu, il doit honorer un engagement professionnel à Livourne où il apprend, à sa grande surprise, que Mazzinghi n'a jamais été marié. Il s'avère également que Cecilia n'est pas veuve et qu'il n'y a pas de dot. Furieux, Paisiello retire son consentement au mariage et rompt avec Cecilia. Mais la jeune femme dépose une requête auprès du roi, accompagnée d'un nombre important de documents justificatifs, affirmant qu'elle a vécu en ménage avec Paisiello pendant plus de quatre années, que de cette relation est né un enfant naturel, qu'elle détient une promesse de mariage formelle et écrite, et que Paisiello doit être empêché de prendre la fuite dans les Etats pontificaux. Le roi étant alors le juge de toutes les affaires concernant les gens de théâtre, il revient à Ferdinand IV de trancher le différend, ce qu'il fait en faveur de la femme.

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