Giorgio Bassani est un romancier, poète et essayiste italien né le 4 mars 1916 à Bologne, et mort le 13 avril 2000 à Rome. Il est notamment connu pour son roman Le Jardin des Finzi-Contini, adapté au cinéma par Vittorio De Sica.
Giorgio Bassani naît à Bologne mais c'est à Ferrare, où il passe son enfance et sa jeunesse, qu'est liée son existence. Membre de la grande bourgeoisie juive de la ville, il y habite, avec ses parents, ses grands-parents paternels, son frère Paolo (né en 1920) et sa sœur Jenny (née en 1924), une grande maison au 11 de la via Cisterna del Follo.
Angelo Enrico Bassani, son père, est médecin. Sa mère, Dora Minerbi, a fait des études de chant, mais les interrompt quand elle se marie à vingt ans, en 1915. Davide Bassani, le grand-père paternel, est un riche marchand de tissus ayant pignon sur rue dans le ghetto de Ferrare. L'autre est médecin-chef de l'hôpital Sant'Anna.
Le petit Giorgio est d'abord scolarisé à la campagne, puis à Ferrare. Il fréquente ensuite le lycée Ludovico Ariosto, étudie le piano, qu'il délaisse vers l'âge de 17 ans pour la littérature et le tennis, qu'il pratique au très huppé Tennis Club Marfisa d’Este, en compagnie notamment de Michelangelo Antonioni.
En 1934, il rompt avec la tradition médicale de sa famille (père, grand-père maternel, oncle maternel) en s'inscrivant à la faculté de lettres de Bologne. Il y fréquente le milieu littéraire, y suit les cours de l'historien de l'art Robero Longhi, et y fait la connaissance de Leo Longanesi (qui y a fondé la revue L’Italiano) et du peintre Giorgio Morandi.
En mai 1935, il publie son premier récit (III Classe) dans le Corriere Padano, inspiré par ses allers-retours quotidiens en train entre Ferrare et Bologne. Il poursuit cette collaboration en y publiant articles, poésies, traduction et contes jusqu'en novembre 1937.
En 1939, il sort diplômé de la faculté des lettres de Bologne. Les lois raciales votées en 1938 l'empêchent désormais d'accéder à la bibliothèque municipale et il doit se contenter d'enseigner à l'école confessionnelle hébraïque de via Vignatagliata, dans le ghetto de Ferrare.
Débuts littéraires et militants
En 1940, il publie son premier livre, Una città di pianura, (un recueil de cinq nouvelles) sous le pseudonyme de Giacomo Marchi (du nom d'une de ses grand-mères, Emma Marchi, catholique).
Entre 1937 et 1943, il s'engage dans la résistance clandestine antifasciste, d'abord à Ferrare, puis à Bologne, où il rejoint le Partito d'azione, aux côtés, entre autres, d'Ugo La Malfa, de Giorgio Morandi et de Carlo Ludovico Ragghianti.
Ce dernier est un militant du mouvement antifasciste Giustizia e Liberta, fondé à Paris en 1929 par des exilés comme Carlo Rosselli, Emilio Lussu et Ernesto Rossi. Sous son impulsion, Bassani organise un groupe de lycéens rayonnant sur la région de Ferrare et prenant leurs ordres auprès de l'institutrice socialiste Alda Costa, de l'avocat Ugo Teglio, du juge Pasquale Colagrande, de l'ex-député socialiste Mario Cavallari. Voyageant dans toute l'Italie, Bassani assure la liaison avec des hommes politiques et des enseignants antifascistes (Ugo La Malfa, Ferruccio Parri, Aldo Capitini, Guido De Ruggiero, Delio Cantimori etc.).
Arrêté par l'OVRA de Bologne comme antifasciste, il est incarcéré en mai 1943 à la prison de Ferrare. Après la chute de Mussolini, le 25 juillet, il est libéré et épouse, le 4 août, Valeria Sinigallia († 1er décembre 2013), issue elle aussi d'une grande famille juive de Ferrare, qui l'a rejoint dans la clandestinité. Le couple quitte Ferrare pour Florence, puis Rome (où Bassani vit sous la fausse identité de Bruno Ruffo), qui devient, à partir de décembre 1943, leur ville d'adoption. Giorgio Bassani publiera leur correspondance de prison sous le titre (Da una prigione), en ouverture du recueil d'essais Di là dal cuore (Milan, 1984).
À l'été 1944, les Bassani doivent se réfugier à Naples, où ils retrouvent Leo Longanesi et Mario Soldati, avec lequel Giorgio Bassani se lie d'amitié.
En 1945, année de la naissance de sa fille Paola, il publie une traduction de la Vie privée de Frédéric II, de Voltaire et du Facteur sonne toujours deux fois de James M. Cain, ainsi que Storie dei poveri amanti e altri versi. En 1947, il publie un recueil de poèmes Te lucis ante. 1946-1947 (qui sera remanié et republié en 1951 sous le titre Un’altra libertà, et de nouveau en 1963 sous le titre L’alba ai vetri. Poesie 1942-50). Chaque édition est l'occasion d'un réagencement ou d'une réécriture, phases qui deviendront la marque de fabrique de Bassani.
De retour à Rome, il tente sa chance au cinéma comme scénariste, mais également comme acteur.
Il adhère à cette époque au Parti socialiste italien (il sera élu conseiller municipal apparenté PSI en 1962 et restera proche de ce parti jusqu'en 1966, date à laquelle il adhère au Parti républicain). C'est aussi à partir de cette époque, dans les années 1950 et 1960, que sa production littéraire, plus importante, paraît à un rythme soutenu.
En 1953, il publie La passeggiata prima di cena qui regroupe trois textes parus dans la revue Botteghe oscure. En avril 1954, Gli ultimi anni di Clelia Trotti paraît dans la revue Paragone. Avec la nouvelle Una notte del ’43, parue en 1955 dans Botteghe oscure, ces récits forment les Cinque storie ferraresi, réunies en 1956 par Einaudi et qui reçoivent le Prix Strega. Tous ces textes subiront de nouvelles réécritures avant d'être à nouveau publiées sous le titre Romanzo di Ferrara. Giorgio Bassani y recompose à la fois le paysage de la ville de province où il a grandi, les personnages qui la peuplent, la montée du fascisme et le destin de la communauté juive de Ferrare.
En 1958, il publie, d'abord en revue (Paragone-Letteratura), puis chez Einaudi, le roman Gli occhiali d’oro, écrit pour la première fois à la première personne, qu'il fait ajouter en 1960 aux Cinque storie ferraresi, qui deviennent Le storie ferraresi.