Gilles Servat, né le 1er février 1945 à Tarbes, est un auteur-compositeur-interprète français, ardent défenseur de la culture bretonne armoricaine et d'expression bretonne et française et des autres langues celtiques.
Il est aussi un poète, dont le début de carrière a été marqué par la chanson La Blanche Hermine devenue un symbole en Bretagne. Auteur d'une discographie importante, il compte parmi les artistes qui ont participé à l'Héritage des Celtes créé par Dan Ar Braz. Il est un romancier qui sait faire revivre l'épopée celte et la réalité de la Bretagne armoricaine.
Gilles Servat naît le 1er février 1945 à Tarbes.
La famille déménage à Nantes trois mois après sa naissance, puis s'installe rapidement à Cholet, son père obtenant un poste de chef du personnel à l'usine Ernault-Batignolles. Gilles Servat passe donc son enfance et son adolescence dans cette ville, avec des passages réguliers par Nantes, où son père a gardé des attaches. Il est bercé par Georges Brassens puis Léo Ferré, qui, plus que pour l'écriture, l'influencent dans sa manière de penser et de réagir face aux événements. Après des études au lycée Colbert de Cholet, où il obtient un baccalauréat littéraire, il est élève à l’école des beaux-arts d'Angers. Il étudie la sculpture, la peinture, le dessin, la gravure et se destine au professorat. Mais l'art conceptuel qui commençait à s'imposer le fait s'éloigner du milieu. Il passe quatre ans à Angers puis deux ans à Paris, où il travaille quelques mois au service des redevances de l'ORTF.
Il commence à écrire en 1967, pour s'exprimer librement et créer son répertoire. En mai 1968, il découvre en profondeur les problèmes politiques bretons, grâce notamment au Groisillon Serge Bihan rencontré à Angers, et fait le parallèle avec les peuples du sud de la France.
Il se rend en 1969, à l'île de Groix. Il y découvre la culture et la langue bretonnes. Ayant lié connaissance avec Claude Pouzoulic, qui tenait un hôtel-restaurant, il commence à chanter sur scène.
C'est Chez Pouzoulic, un café de l'île de Groix, qu'il rencontre Glenmor pour la première fois ; le grand barde lui propose de le rejoindre sur scène pour quelques chansons et proclame au micro après le passage de Servat « Qui a dit que le bardisme était mort ? ». À l'approche de l'automne, « Gilles de Groix » rentre à Paris pour y travailler. Il se produit alors très régulièrement à Paris, par exemple à La Ville de Guingamp (dans le quartier du Montparnasse). Patron du célèbre « café national breton » Ti Jos, Yvon Ollitraut le découvre et l'invite à s'y produire[réf. nécessaire].
Pendant plus de deux ans, il fait la manche en se produisant tous les soirs au restaurant Ti Jos, lieu de rencontre pour les Bretons de Paris. C'est dans ce lieu qu'en 1970, il crée La Blanche Hermine en la chantant pour la première fois. La vie à Paris nourrit sa « bretonnitude » et lui inspire Montparnasse blues. Il commence d'ailleurs à apprendre le breton à l'association Kêr Vreizh. Abandonnant un emploi de fonctionnaire aux PTT, il se lance dans l’aventure musicale, entraîné également dans cette voie par la découverte d'Alan Stivell. Gilles Servat est également membre de la Gorsedd de Bretagne.
Après une première participation à la Fête de l’Humanité en 1971, il s’installe à Nantes.
Il cosigne en 1972 le Manifeste des chanteurs bretons, affirmant le soutien nécessaire aux luttes « de libération politique, économique, sociale et culturelle du peuple breton ».
Au début des années 1970, il est édité par la maison d'édition « Kelenn ». Il crée son propre label nommé Kalondour.
En 1972, il sort son premier album La Blanche Hermine. L'album est disque d'or avec 100 000 exemplaires vendus. Il décrit dans La Blanche Hermine le cas de conscience d'un homme tiraillé entre l'amour de sa femme et la lutte armée pour la décolonisation de son pays. Elle marque clairement le refus de la perte d'identité de la Bretagne, de même que la chanson Kaoc'h ki gwenn ha kaoc'h ki du.
En 1973, il présente lors d'un Musicorama d'Europe 1 à l'Olympia Ki Du (chien noir), un album enregistré en Bretagne avec les musiciens qui l'accompagnent, alors que le premier avait été enregistré en Irlande avec des musiciens irlandais.
Il sort en 1974, son album L'Hirondelle. Suit en 1975 l'album La Liberté brille dans la nuit et en 1976 Le Pouvoir des mots.
En 1977, il sort Chantez la vie, l'amour et la mort.
Il publie en 1979 l'album L'Or et le Cuivre.
Ainsi, à partir de 1980, il prend du recul avec le militantisme, en quittant l'UDB et en écrivant des textes moins engagés et plus contemplatifs.
Il rend hommage en 1981 à René Guy Cadou, avec l'album Hommage à René Guy Cadou. La même année, il publie l'album Gilles Servat en public.