Ce Jour-là

Gilles Martinet

Journaliste, politicien et diplomate français

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Gilles Martinet, né le 8 août 1916 à Paris où il est mort le 29 mars 2006, est un journaliste, résistant, homme politique et diplomate français. Il a cofondé le PSU avant de rejoindre le Parti socialiste.

Gilles Henry Auguste Albert Martinet est né le 8 août 1916 dans le 14e arrondissement de Paris du mariage d'Henry Martinet, architecte paysagiste, et de Colette Walwein.

Le 7 juillet 1938, il épouse Iole Buozzi (1916-2007), fille de Bruno Buozzi. De ce mariage sont nées deux filles : Michèle, mariée à Alain Krivine, dirigeant de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), et Laure, mariée à Pierre Meuro.

Communiste, résistant puis journaliste

Bachelier à l'âge de 16 ans, Gilles Martinet est contraint d'interrompre ses études en 1936 à la mort de son père, ruiné par la crise de 1929.

Il devient alors rédacteur à l'agence Havas, et reprend ensuite des études qu'il mène parallèlement à son travail. Celles-ci le mènent jusqu'à une licence de lettres et un diplôme d'études supérieures d'histoire.

Politiquement, il est d'abord séduit par le communisme au début des années 1930, et devient secrétaire de l'Union des étudiants communistes de Paris au moment du Front populaire. Il adhère au parti communiste en 1935, participe au congrès de 1937, mais le quitte en 1939, après les procès de Moscou.

Il s’engage dans la Résistance en 1941, passe dans la clandestinité en 1943, et forge sa vocation de journaliste en participant à la publication de journaux clandestins comme l’Insurgé, animé par des anciens du Parti socialiste ouvrier et paysan, et notamment Pierre Stibbe.

En 1944, il prend la direction de l’Office français d'information, la future Agence France-Presse (AFP) avec l’aide d’une section de Forces françaises de l'intérieur (FFI), fonction qu'il conserve jusqu'en 1947, lorsqu'il refuse de censurer des informations sur la guerre d'Indochine. Le gouvernement impose alors son départ de la direction. En 1950, avec Claude Bourdet et Roger Stéphane, il crée L’Observateur. Le journal prend le nom de L’Observateur d'Aujourd’hui en 1953 puis de France Observateur en 1954. Gilles Martinet en est le rédacteur en chef de 1950 à 1964, date à laquelle Claude Perdriel rachète le journal, qui devient Le Nouvel Observateur. Gilles Martinet garde le poste d’administrateur jusqu’en 1985.

Parallèlement à sa carrière journalistique, Gilles Martinet poursuit son parcours politique. En 1945, il rejoint un groupe qui, autour de trotskistes comme Maurice Nadeau, Pierre Naville ou David Rousset, publie une revue marxiste, La Revue Internationale.

Il adhère ensuite au Parti socialiste unitaire et fait partie du bureau permanent de cette organisation. Refusant la condamnation du titisme plus ou moins imposée au PSU par son allié communiste, il quitte ce parti et est ensuite membre de l'Union progressiste. Après une pause militante après les élections législatives de 1951, il participe, aux côtés de Claude Bourdet, aux différentes tentatives de regroupement de la « nouvelle gauche », qui conduisent à la création de l’Union de la gauche socialiste, dont il devient secrétaire général (1958-1960).

En 1952, il prend part au défilé populaire du 14 juillet aux côtés de Lucie Aubrac, Alain Le Leap, Gustave Monod, Gilles et Ségolène Malleret

L'essentiel de son action militante passe cependant par France Observateur, notamment dans la lutte anti-coloniale.

Il siège ensuite au bureau national du cartel de l'Union des forces démocratiques (UFD), mis sur pieds pour les législatives de novembre 1958. Il est un des fondateurs du Parti socialiste unifié (PSU), dont il est secrétaire national adjoint avec Henri Longeot, de 1960 à 1967.

Son engagement contre la guerre d'Algérie fait de lui une des cibles des ultras, et son appartement du boulevard Flandrin (Paris) est plastiqué en 1962.

Au sein du PSU, il est proche de la ligne majoritaire défendue par Édouard Depreux, ce qui conduit à une rupture politique, en 1961, avec Claude Bourdet, qui soutient Jean Poperen.

Secrétaire général adjoint du PSU en 1965, il est soutenu par Depreux pour accéder à la direction du parti et mène, en 1967, une motion qui propose l'adhésion du PSU à la FGDS. Battu par la motion de Michel Rocard qui prône le maintien de « l'autonomie » du PSU, il est renvoyé dans la minorité interne, et ne siège même plus dans les instances nationales du parti.

Il crée alors avec d'autres « minoritaires » du parti, et notamment Henri Longeot et Harris Puisais, la revue Pouvoir socialiste, qui leur permet de défendre leurs positions.

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