Gilles Devault, né le 21 avril 1948 à Sainte-Anne-de-la-Pérade et mort le 6 octobre 2024 à Trois-Rivières, est un poète, un dramaturge et un peintre québécois ayant habité Trois-Rivières. Détenteur d'une maîtrise en littérature de l'Université du Québec à Trois-Rivières, il enseigne au département de littérature et communication du Cégep de Trois-Rivières.
Il travaille comme metteur en scène et comédien au Théâtre de Face dont il est aussi le directeur pendant quinze ans, de 1976 à 1993.
Il conçoit également et met en scène de nombreux récitals de poésie dans le cadre du Festival international de la poésie de Trois-Rivières. Lui-même, comme poète, participe de nombreuses soirées et lectures de poésie.
Comme peintre, il expose ses œuvres soit en solo soit en groupe dans plusieurs galeries. Toute sa vie active est consacrée à la vie culturelle trifluvienne. Il est associé de près à la mouvance littéraire et culturelle qui s'est créée autour du café-bar Zénob.
Gilles Devault naît à Sainte-Anne-de-la-Pérade le 21 avril 1948. Dès son adolescence, en dilettante, il s’intéresse au théâtre et à la peinture. Pendant qu’il est étudiant en lettres à l’Université du Québec à Trois-Rivières, sa pièce de théâtre, Coupe-ficelle est jouée par des étudiants en lettres et présentée le 17 avril 1971 au Centre culturel de Trois-Rivières. Le 4 février 1972, au Centre social du pavillon des humanités du Cégep de Trois-Rivières, il participe comme acteur à la pièce Anar de Joseph Mignolet, un anti-spectacle aux côtés de Yvon Linteau et Jean Laprise, entre autres. En novembre de la même année, il incarne un pianiste dans la pièce d’André Rousseau Pianothon pour un homme qui va mourir et il entreprend déjà sa carrière de metteur en scène avec Délire à deux d'Eugène Ionesco, une production des étudiants du Cégep de Trois-Rivières. Puis, il enchaîne avec la mise en scène de Oh les beaux jours de Samuel Beckett, en mars 1973. Le mois suivant, la troupe du Kâlleur de l’Université du Québec à Trois-Rivières présente la deuxième pièce de Gilles Devault, Hivernel.
Il obtient sa maîtrise ès arts à l’Université du Québec à Trois-Rivières après avoir déposé son mémoire — Tombeau de Jules Supervielle — en juillet 1975.
Puis il part pour l’Abitibi-Témiscamingue où, comme comédien, il participe à des créations théâtrales. Et en avril 1976, il fait la mise en scène de Lettre au général Franco, de Fernando Arrabal, présenté à Val-d'Or dans le cadre du Festival régional de théâtre de l’Abitibi-Témiscamingue. En décembre de la même année, avec Michel Campbell — anciennement du Théâtre de l’équilibre de Drummondville — et Jacinthe Beaudry, il fonde, à Trois-Rivières, la troupe du Théâtre de Face dont il reste le directeur de 1976 à 1993. La première pièce jouée par cette troupe au pavillon Pierre-Boucher de l’Université du Québec à Trois-Rivières est Magnificat, la troisième pièce écrite par Gilles Devault.
Il part au début avril 1977 pour Sudbury, pour donner des cours à l'Université Laurentienne. Puis, de retour à Trois-Rivières, il enseigne au département de littérature et communication du Cégep de Trois-Rivières. En même temps, il travaille aussi au Théâtre de Face comme comédien ou comme metteur en scène. En tant que metteur en scène, son nom est associé à des pièces comme Le Palais des très blanches mouffettes de Reinaldo Arenas (1978), Vendredi 13 de David Goodis (1984), Sept roses pour une boulangère de Negovan Rajic (1988), Indications scéniques d’Isaraël Horovitz (1989). Il écrit une quatrième pièce : Lamento aussi jouée par le Théâtre de Face (date de publication inconnue).
Avec l’avènement du Festival international de la poésie de Trois-Rivières en 1985, il conçoit et met en scène de nombreux récitals de poésie et il continue à le faire à ce jour. Côté cinéma, il fait la mise en scène de Le Jardin des dieux, un court métrage réalisé par Carolane Saint-Pierre et Yves Brodeur, film présenté en octobre 1987 en première au Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue.
Comme écrivain et poète, dès 1993, il commence à publier aux Écrits des Forges avec Fougères cendrées. Il participe, comme récitant, au spectacle Jazz poésie : Écrits des Forges, avec entre autres, Denis Vanier, Bernard Pozier, Jean-Paul Rogues, au bar-bistro Le Saint- Paul à Montréal, en octobre 1993.
L’année 1995 est très occupée pour lui parce que, entre autres, en plus d’enseigner, il publie son recueil de poésie L'œil blanc du sommeil, prend part au spectacle du groupe 4K — un mélange de poésie, musique, théâtre, son et éclairage — et il fait partie de la chorégraphie à trois personnages Résurgences de la troupe Corpus Rhésus Danse. En 1997, il contribue comme « récitant » à la création du disque compact du groupe 4K : Ouï-dire et il publie La nuit debout sur ses cendres. L’année qui suit, il participe au spectacle Paroles émigrées de l'intérieur, aux Terrasses Saint-Sulpice, à Montréal au moment où les écrivains et poètes ainsi que le groupe 4K débarquent à Montréal, pour souligner le travail remarquable des auteurs de la Mauricie.
L’année suivante, il se lance « officiellement » dans la peinture : il fait partie des expositions collectives comme Homo volatilis, Casse- tête collectif de peintures, et il se produit aussi en solo avec Séjours, Côte jardin, Côté court. « Après deux expositions au Zénob et une autre à Nicolet, il présente en ce moment Séjours à l'Embuscade ». Il dit à ce sujet : « Avec les mots, ça prend un certain recul pour exprimer quelque chose sans être complaisant. Alors qu'avec la peinture, ça me permettait d'exprimer des choses sans avoir à subir le blocage des mots. Me servir de la couleur a contribué à me libérer beaucoup. »
Dès 2000, il participe aux soirées littéraires Textes en jeu à Trois-Rivières. Puis, avec ses poèmes originaux, il se joint à Francine Turcotte pour A perte de vue (exposition) et À même les déserts (livre d’art).
En 2002, il collabore au deuxième disque compact du groupe 4K : Ouï-dire 2. L’année d’après, il effectue, pour l'Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ), la direction artistique du spectacle Notes de vers : Fleuves et Montagnes réunissant deux écrivains et un musicien à la Maison de la culture du Plateau-Mont-Royal. L’année suivante, il récidive, toujours au même endroit, avec la deuxième version e ce spectacle qui s’appelle Notes de vers : Migrations.
En avril 2004, alors qu’un de ses très grands amis — le poète Jean Lafrenière — meurt, il est plongé dans la mise en scène de Manèges, spectacle présenté à Shawinigan et à La Tuque, avec des textes inédits de 12 poètes : « Judith Cowan, Guy Marchamps, Carl Lacharité, Éric Roberge, Pierre Labrie, Gilles Devault, Yves Boisvert, Serge Mongrain, Daniel Dargis, Patrick Boulanger, Denise Joyal et Réjean Bonenfant ».
En 2007, avec Réjean Martin et François Laneuville, Gilles Devault met sur pied la première édition du festival Théâtre Expresso, une série de spectacles qui se déroule dans des cafés de la ville de Trois-Rivières et cette série revient chaque année depuis ce jour. La même année, il signe la préface de Pas de nouvelles, pas de nouvelles : textes choisis, un recueil de poèmes publié à titre posthume de son ami et poète Jean Lafrenière (1955-2004) qui fut un des membres fondateurs du dynamique et reconnu internationalement café-bar Zénob.
En 2008, il fait paraître Par delà les barques endormies. Deux ans plus tard, il reçoit le Prix à la création artistique du Conseil des arts et des lettres du Québec et cette année-là, il participe au Symposium d’écriture, "Lieux, paysages fixés par les mots", avec d’autres écrivains comme Réjean Bonenfant, Paule Doyon, Sébastien Dulude et Dany Carpentier.
Il poursuit sa carrière de peinture en produisant des tableaux inspirés des poèmes de Jean Lafrenière, lors d’une exposition collective au café-bar Zénob, en 2014. Pour souligner le 20e anniversaire de la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur en 2015, Gilles Devault fait la mise en scène d’un spectacle mettant en vedette les auteurs Monique Juteau, Jean Laprise, Guy Marchamps, et les artistes Renée Houle et Baptiste Prud’homme pour souligner les auteurs de la Mauricie comme Bryan Perro, Félix Leclerc, Jacques Ferron.