Ce Jour-là

Gilles Ciment

Théoricien du cinéma et de la bande dessinée, français

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Gilles Ciment, né le 7 mars 1962 à Paris, est un théoricien du cinéma et de la bande dessinée français.

Gilles Ciment est né le 7 mars 1962 à Paris.

Son père, le critique de cinéma Michel Ciment, l'emmène très jeune à la Cinémathèque française, dans les projections de presse, les salles d’art et d’essai et de répertoire (notamment les studios Action, puis les Olympic) et les festivals de cinéma d’animation (Pula, Annecy). Les dimanches après-midi sont bercés par les lectures à haute voix de leurs articles par les rédacteurs de la revue Positif qui se réunissent au domicile des Ciment, tandis que les soirées dominicales sont invariablement consacrées à l’écoute du Masque et la Plume sur France Inter, émission à laquelle participe Michel Ciment.

Dans les années 1960, Positif, la revue animée par son père, était publiée par l’éditeur Éric Losfeld. Michel Ciment rapporte souvent de la librairie du Terrain vague les bandes dessinées qu'éditait alors Eric Losfeld (Barbarella de Forest, Valentina de Crepax, Lone Sloane 66 de Druillet, Pravda la Survireuse ou Les Aventures de Jodelle de Peellaert, Saga de Xam de Nicolas Devil) ou d’autres (Little Nemo de McCay chez Pierre Horay, l’anthologie Planète de la bande dessinée…). Ces lectures ont forgé le goût et l’intérêt de Gilles Ciment pour une certaine conception de la bande dessinée, dont il trouvera bientôt des échos dans les revues des années 1970 : Pilote, L'Écho des savanes, Métal hurlant, Fluide glacial, (À SUIVRE), BD magazine… Mais on ne trouve pas, à l'époque, sur ce domaine qui le passionne l’équivalent de ce que l'on connaît pour le cinéma : des lieux de conservation, de découverte et d’échanges, des revues critiques sérieuses, même si l'on peut encore trouver d'anciens numéros de Phénix, publié par la Société civile d'étude et de recherche des littératures dessinées (Socerlid), ou de Giff-Wiff, publié par le Centre d'études des littératures d'expression graphique (Celeg).

Formation et débuts professionnels

Après avoir décroché un Bac C, il reste au Lycée Condorcet à Paris pour y intégrer son Hypokhâgne. Deux Khâgnes après, il est licencié en Histoire et en Anglais. Il rejoint le monde des livres et crée en 1983 la Bibliothèque du cinéma pour la ville de Paris, qu’il dirige jusqu'en 1991, tout en y animant des projections-débats, des cycles de conférences et en y montant de nombreuses expositions (elle deviendra Bibliothèque de cinéma François-Truffaut en s’installant au Forum des Halles en 2008).

Parallèlement, il a commencé à écrire sur la bande dessinée en 1984 dans Les Cahiers de la bande dessinée dirigés par Thierry Groensteen, puis dans divers ouvrages (Animaux en cases, L’Année de la bande dessinée, Little Nemo au pays de Winsor McCay…). Il commence également à écrire sur le cinéma (plus particulièrement le film d’animation) dans Positif à partir de 1986, et ne tarde pas à conjuguer ses deux centres d’intérêt en publiant en 1990 un ouvrage de référence sur Cinéma et bande dessinée.

Il est également, au cours des années 1989-90, conseiller scientifique pour le Centre national de la bande dessinée et de l'image qui se construit à Angoulême. Il commence en 1990 également à enseigner l’histoire du cinéma à Paris X - Nanterre, cours qu’il poursuit jusqu’en 1994, avant d'enseigner la technique et l'esthétique de la bande dessinée à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne de 1994 à 1999, à des étudiants en licence d'études cinématographiques, aux côtés de Bernard Trout et dans la continuité de l'enseignement de Francis Lacassin.

De la Bibliothèque nationale de France au Forum des images

Il devient en 1991 chef de projet au Département de l'audiovisuel de la Bibliothèque de France en construction, chargé de la constitution des collections imprimées, de la valorisation des collections audiovisuelles et de l'interface avec les chantiers transversaux (système d’information, organisation et conditions de travail, aménagement des espaces publics, signalétique, pôles associés…). Après la fusion de l’établissement public constructeur avec la Bibliothèque nationale, et alors que la « trajectoire » du grand projet présidentiel atteint sa « cible », il quitte la Bibliothèque nationale de France et rejoint fin 1994 la Direction des relations extérieures de la Vidéothèque de Paris, qui ne tardera pas à devenir Forum des images. Chargé de développer les publics, il en réorganise la politique commerciale, entreprend des opérations de communication et des partenariats, tout en contribuant activement à la mise en place des Rencontres internationales.

Véronique Cayla, ancienne directrice de la Vidéothèque de Paris devenue directrice générale du groupe MK2, l’invite en octobre 1995 à rejoindre Marin Karmitz pour imaginer et mettre en place une politique d’action culturelle dans les salles 14 juillet, menacées par l’implantation du premier multiplexe parisien, l’UGC Ciné Cité Les Halles.

Gilles Ciment met en place de nombreux événements, introduit le court métrage en première partie de programme et dans des cartes blanches, lance une carte d’abonnement et un club. Il est bientôt nommé Directeur de la communication du groupe, auquel il donne alors une nouvelle identité graphique avec l’aide de Claude Maggiori. Il change également le nom des salles de cinéma, les salles 14 juillet devenant cinémas MK2 (on lui doit une campagne dont il confie les visuels au dessinateur Lewis Trondheim, ce qui leur vaut un Alph’Art de la communication au Festival international de la bande dessinée d'Angoulême). Il orchestre la célébration du 50e film de Claude Chabrol pour lancer Rien ne va plus, organise un colloque sur Krzysztof Kieslowski et coordonne l'édition du premier livre de photographies d’Abbas Kiarostami.

Il devient directeur général adjoint du groupe en 1998, chargé de la direction artistique, de la communication, du marketing et des ressources humaines. Il participe à la conception des complexes MK2 Quai de Seine et MK2 Bibliothèque.

Il quitte le groupe MK2 pour rejoindre fin 1999 un nouveau groupe naissant, Paradis Films / Océan Films Distribution, afin d’y développer et produire des films asiatiques (In the Mood for Love, César du meilleur film étranger, et 2046 de Wong Kar-wai, Millennium Mambo et Three Times de Hou Hsiao-hsien, tous quatre en Compétition officielle au Festival de Cannes). Il lance le disque de la musique du film In the Mood for Love dont le succès lui vaut un double disque d’or. Il crée également le département d’édition DVD, dont il a la charge (45 titres édités, lancement des premiers "DVD concept" et réalisation du premier HD DVD français), ainsi que l’ensemble de l’activité Internet.

Parallèlement, il poursuit sa réflexion sur le cinéma (en particulier l’animation) et la bande dessinée, qui le conduit à collaborer à de nombreuses publications critiques ou historiques – notamment Positif où il dirige de nombreux dossiers ; Les Cahiers de la bande dessinée, CinémAction, Neuvième Art dont il est membre du Comité de rédaction pendant onze ans avant d’en devenir directeur de la publication, etc. Il donne de nombreuses conférences et cours dans des institutions aussi diverses que l’École nationale des Ponts et Chaussées, HEC, la Fémis, l’Université d’Århus, l’INHA, le CNFPT, les Hôpitaux de Paris, l’Institut supérieur de management culturel, l’Institut multimédia, le CNCBP… ainsi que des communications dans de nombreux colloques, de Cerisy à Montréal, de Bruxelles à Angoulême.

Il dirige plusieurs livres, collabore à une cinquantaine d’ouvrages et assure le commissariat de plusieurs expositions. Expert auprès des Commissions d'avances sur recettes et d'aide au développement du CNC de 2007 à 2008, il siège de 2005 à 2008 à la commission Beaumarchais (SACD) pour les séries et spéciaux TV d’animation. Il participe également à de nombreux jurys de festivals (dont le Festival d'Angoulême 2008, le FICAM de Meknès 2013, l'ITFS de Stuttgart en 2015), est membre du Comité de sélection du Festival de Cannes de 1996 à 2001, chargé par Gilles Jacob de la sélection des courts métrages, et au CNC membre de la commission du Prix Qualité pour le court métrage (1996-1997, présidée par Pascale Ferran), de la Commission d’avance sur recette (3e collège, 2006-2007, présidée par Claude Durand) et du Comité d'experts de l'aide aux projets pour les nouveaux médias, le cinéma et la télévision (2007, présidé par Alain Le Diberder).

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