Ce Jour-là

Gilles Carle

Réalisateur québécois

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Gilles Carle (né Joseph Horace Gilles Carle) est un graphiste plasticien, réalisateur, scénariste, monteur et producteur québécois né le 31 juillet 1928 à Maniwaki (Canada) et mort le 28 novembre 2009 au Centre hospitalier de Granby, étant alors résident de Saint-Paul-d'Abbotsford.

Élevé à Rouyn-Noranda en Abitibi-Témiscamingue, il déménage à 16 ans à Montréal pour étudier le dessin à l'École des beaux-arts puis à l'École des arts graphiques de Montréal. Après avoir étudié en lettres à l'Université de Montréal, il participe dans les années 1950 à la création de la maison d'édition l'Hexagone qui publie notamment à l'époque les œuvres de poètes comme Gaston Miron. Puis il travaille comme graphiste à Radio-Canada à partir de 1955, et joint ensuite l'Office national du film du Canada (ONF), en 1960, où il est d'abord documentaliste, puis scénariste avant de réaliser plusieurs documentaires dont Percé on the Rocks en 1964. En 1965, il y signe son premier long métrage de fiction (d'environ 75 minutes), La Vie heureuse de Léopold Z., alors qu'on ne l'avait autorisé qu'à réaliser un simple documentaire (d'environ 15 ou 20 minutes) portant sur l'enlèvement de la neige à Montréal.

En 1966, semoncé par son employeur pour avoir transformé en long métrage ce projet de documentaire, il quitte l'ONF pour les Productions Onyx avec lesquelles il scénarise et réalise Le Viol d'une jeune fille douce (en 1968), Red (en 1970) et Les Mâles (en 1971). Puis, avec Pierre Lamy, il fonde les Productions Carle-Lamy au début des années 1970 et réalise au cours de cette décennie La Vraie Nature de Bernadette (en 1972), La Mort d'un bûcheron (en 1973) et La Tête de Normande St-Onge (en 1976). Au cours des années 1980, il adapte deux classiques de la littérature québécoise au grand écran, Les Plouffe (en 1981) et Maria Chapdelaine (en 1983). Gilles Carle réalise ses derniers longs métrages de fiction au cours des années 1990, avant que la maladie ne le réduise à des travaux plus solitaires, d'écriture et d'art plastique, puis à l'inaction totale.

Il a été président de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques Canada (SACD) de 1987 à 1992 ainsi que président d'honneur de 1993 à 2009. Dans cette société, il a notamment veillé aux intérêts moraux et matériels des auteurs en négociant pour eux les licences d'exploitation avec les chaines de télévision et les producteurs de théâtre.

Atteint de la maladie de Parkinson et de la maladie d'Alzheimer, Gilles Carle meurt le 28 novembre 2009. Le Québec lui réserve des funérailles nationales.

Gilles Carle nait le 31 juillet 1928, de Georges Carle et d'Yvonne Clément, à Maniwaki mais passe la majeure partie de sa petite enfance à Northfield, également en Outaouais. Gilles Carle a grandi dans une famille de 6 enfants, son père est laitier puis mineur et sa mère est institutrice. Gilles Carle serait un « métis algonquin » (de 5e génération : 1 ancêtre sur 32) et « métis montagnais ou huron » (de 8e génération : 1 ancêtre sur 256), et aurait donc 3,5 % d'ancêtres amérindiens (9 sur 256) et 96,5 % d'ancêtres européens. En 1935, toute la famille déménage à Rouyn-Noranda en Abitibi, il y vivra jusqu'à l'âge de 16 ans.

Possédant un talent certain pour les arts graphiques, il s'inscrit à l'École des beaux-arts de Montréal en dessin commercial et s'installe dans la métropole québécoise en 1945. Parmi ses professeurs, on compte Alfred Pellan et Jean Simard. Il subvient principalement à ses besoins en exerçant près de 36 métiers en plus de ses études. Certains des emplois qu'il occupe, tels aide-camionneur, mineur, rédacteur pour un journal publicitaire de l'Association des pâtes et papiers et show boy pour un spectacle de danse, seront évoqués dans ses films. En 1950, après avoir terminé sa formation, il s'inscrit comme auditeur (dispensé des examens) à des cours universitaires : à l'Université de Montréal en littérature, puis à l'Université McGill en sciences sociales. Il fréquente également l'École polytechnique, où il étudie la photographie et l'imprimerie. Durant ses études, il écrit des critiques littéraires, de cinéma et de télévision, pour le journal Le Devoir puis L’Écran et Liberté, sous quatre pseudonymes différents. Il joint aussi le groupuscule formé autour du poète Gaston Miron qui sera à l'origine de la création des Éditions de l'Hexagone en 1953. De 1951 à 1954, il quitte Montréal pour Québec, où il pratique les métiers de caricaturiste et d'artiste graphique pendant deux ans avant de devenir assistant directeur et agent de liaison pour une entreprise spécialisée en graphisme.

En 1955, Gilles Carle est engagé comme graphiste à la société Radio-Canada, Il y travaille jusqu'en 1960. C'est Gilles Marcotte, travaillant alors pour l'Office national du film et ancien collègue au journal Le Devoir, qui lui offrira de devenir recherchiste pour un film scientifique produit par cette agence culturelle gouvernementale en 1960 : Le Prix de la science. Il y scénarise également une fiction à saveur autobiographique, Tout l'or du monde, qui traite de la situation difficile de mineurs de l'Abitibi. À la suite de ce film, il reçoit une offre de scénariste à temps plein mais refuse ; au terme de négociations qui s'étalent sur près de deux ans, il parvient à obtenir le poste de réalisateur-scénariste permanent.

Réalisé par Raymond Leboursier, réalisateur français et produit par l'ONF, Gilles Carle fut engagé à titre de recherchiste et scénariste de ce documentaire. Intitulé, Le prix de la science- Le défi de la recherche scientifique dans la vie industrielle contemporaine, le film expose les rapports entre la grande industrie et la recherche scientifique. Les images dévoilent les plus récents appareils utilisés dans les laboratoires modernes.

Réalisé également par Raymond Leboursier, il s'agit du premier scénario de fiction signé Gilles Carle. Produit par l'ONF, Tout l'or du monde… raconte l'histoire d'une communauté vivant dans une petite ville quasi-abandonnée en Abitibi-Témiscamingue (Arntfield) à la suite de la fermeture d'une mine. Tous les matins, le père Aristide Leblanc part à la recherche de travail dans les villes environnantes. Sa femme, enceinte, restant seule avec les enfants, souhaite déménager à Val-d'Or chez sa sœur pour trouver un emploi. Le fils Leblanc, avec ses amis, s'amusent tous les jours à s'inventer un métier. Aujourd'hui, ils seront pompiers. Ils décident de mettre en feu une vieille grange. Lorsqu'ils s'apprêtent à l'éteindre, ils s'aperçoivent qu'il n'y a plus d'eau dans le puits. Toute la mine passe à deux doigts d'être brûlée. À son retour, Aristide Leblanc en conclut qu'il est temps de déménager et de quitter cette communauté.

Passage à l'Office national du film du Canada (1961-1966)

Au cours de ses cinq années à l'ONF, Gilles Carle est principalement contraint à tourner des documentaires. En 1961, il signe son premier film : Dimanche d'Amérique, un documentaire sur la communauté italienne de Montréal. La même année, il coréalise avec Louis Portugais Manger. Ensuite, la société d'État lui commande plusieurs courts documentaires comme Patinoire en 1962 ainsi que des reportages sur l'équipe olympique canadienne de natation dans Natation et Patte Mouillée en 1963. Enfin, il scénarise et réalise Un air de famille et Percé on the Rocks en 1964, qui obtient une certaine notoriété. Ce film est tout de suite suivi, la même année, par un court métrage, la première fiction de sa filmographie : Solange dans nos campagnes. Puisqu'à l'époque, il existe des liens étroits entre Radio-Canada et l'ONF, deux sociétés d'État, la plupart de ses documentaires seront projetés au petit écran.

Dimanche d'Amérique est le premier court-métrage documentaire réalisé par Gilles Carle en noir et blanc de genre Candid eye. Filmé par Guy Borremans, l'œuvre porte un regard sur la communauté italienne à travers de multiples lieux de rassemblement et lors de diverses occasions, tels que l'Église, le défilé de la Fête nationale, les cafés et les bistros. Le film s'inscrit dans la lignée de documentaires produits par l'ONF sur les communautés diverses de Montréal (La communauté juive de Montréal (1956) de Fernand Dansereau)

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