Gilchrist Olympio, surnommé « le maréchal », est un homme politique togolais. Fils du père de l'indépendance Sylvanus Olympio et longtemps opposant au régime dictatorial de Gnassingbé Eyadema, il est président de l'Union des forces de changement, un parti politique allié au régime depuis 2010 dans un accord de gouvernement.
Gilchrist Olympio est né le 26 décembre 1936 à Lomé, fils de Dina et Sylvanus Olympio, il est le troisième d'une fratrie de cinq enfants. Il est marié et père d'une fille.
Descendant d'une grande famille métisse de l'élite Éwé du sud du Togo et du Ghana, son grand-père d'origine brésilienne, Epiphanio Elpidio Olympio, était un riche commerçant. Son père Sylvanus Olympio, homme politique, figure emblématique de la lutte pour l'indépendance du Togo et premier président de la République indépendante du Togo, est mort assassiné lors du coup d'État de 1963.
Gilchrist Olympio fait ses études primaires à l’école de la mission catholique Notre-Dame du Sacré-Cœur de Lomé puis les études secondaires à Accra à l'école secondaire d’Achimota (anciennement appelée « Princes of Wales College »).
Il entre brièvement en 1958 au Hamilton College aux États-Unis pour des études de mathématiques et de philosophie, puis rejoint l'année suivante la London School of Economics and Political Sciences au Royaume-Uni où il étudie l'économie et la comptabilité pour obtenir en 1962 un master en économie monétaire. En 1965, Gilchrist Olympio obtient un doctorat en sciences économiques à l'université d’Oxford.
Gilchrist Olympio commence sa carrière professionnelle en 1963 comme économiste au département des études fiscales et financières du Secrétariat général des Nations unies à New York. L'année suivante, en 1964, il rejoint le Fonds monétaire international (FMI) comme cadre au département Afrique, puis comme maître de conférence à l'institut du FMI.
En 1970, il est engagé au groupe minier et financier Lonrho Limited (Londres) comme directeur chargé du développement du groupe et de ses opérations boursières en Afrique.
Dès 1977, il se met à son propre compte comme chef d’entreprise, actionnaire et dirigeant de différentes sociétés industrielles et agro-industrielles en Côte d'Ivoire et au Ghana. En Côte d'Ivoire, il est président-directeur général de SIA Auto, une concession de la marque Volkswagen créée en association avec des partenaires allemands, et de Construction métallique Tropical (CMT), une fonderie de citernes métalliques créée avec des associés français. Au Ghana, il est propriétaire de Abosso Glass, une usine de fabrication de bouteilles en verre pour les brasseries de la sous-région.
De 1987 à 1989, il est enseignant visiteur (academic visitor) à la London School of Economics.
Les affaires de Gilchrist Olympio, prospèrent dans les années 1980 mais périclitent ensuite les unes après les autres. En Côte d'Ivoire, les associés allemands se retirent de SIA Auto et la CMT est abandonnée par les associés français lors de la crise politico-militaire de ce pays. Au Ghana, Abosso Glass cesse toute activité à la suite de grèves et d'occupations d'usines à répétition avant d'être repris par l'État ghanéen en 2002.
L'héritier de l'ablodé en exil et le mythe du terroriste
Dans le sillage de son père, le jeune Gilchrist Olympio s'implique dans les années 1957 avec les leaders du CUT et de la Juvento dans les campagnes qui ont mené au référendum pour l'indépendance en 1958. Après ses études universitaires et quelques années après l'assassinat de son père en 1963, Gilchrist Olympio, héritier de l'ablodé (indépendance en mina) aux yeux des Togolais, entre en opposition ouverte au régime de Gnassingbé Eyadema. En exil, il crée en 1967 le Mouvement togolais pour la démocratie (MTD). S'il existe très peu de sources sur les activités politiques menées, Gilchrist Olympio est cité comme parmi les commanditaires de plusieurs actions de déstabilisation du régime togolais :
en 1977, un commando de mercenaires débarque au Togo pour un coup de force, mais l'opération est éventée par des services diplomatiques occidentaux deux jours avant son exécution prévue le 15 octobre 1977 ;
en 1985, une série d'attaques à la bombe à Lomé (les 3, 17, 24 août, le 24 septembre et le 4 décembre) est attribuée au MTD de Gilchrist Olympio et au Front national de libération du Togo (FNLT) ;
en 1986, un assaut mené par un commando d'opposants armés et infiltré depuis le Ghana fait plusieurs victimes mais est déjoué, et en vertu d’un accord de défense, le Togo sollicite l’aide militaire française.
Gilchrist Olympio nie les faits mais il fait l'objet de mandats d'arrêt internationaux lancés par le Togo et est condamné à mort par contumace le 20 décembre 1986 par la haute cour de justice de Lomé.
Considéré comme un opposant charismatique, Gilchrist Olympio milite pour le respect des droits humains et la participation de la diaspora africaine aux processus électoraux. Son parcours illustre la persistance des luttes démocratiques en Afrique de l’Ouest postcoloniale.
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