Ce Jour-là

Gilbert du Motier de La Fayette

Militaire et homme politique français

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Gilbert du Motier, marquis de La Fayette, né le 6 septembre 1757 au château de Chavaniac près de Saint-Georges-d'Aurac (Auvergne, actuel département de la Haute-Loire), et mort le 20 mai 1834 à Paris (ancien 1er arrondissement), est un officier et homme politique français, célèbre en raison de son engagement dans les rangs de l'armée des insurgés américains (1777-1783), puis dans l'aile libérale et réformiste de l'aristocratie française (1784-1792), enfin dans l'opposition libérale au régime de la monarchie de Juillet qu'il avait pourtant contribué à établir lors des Trois Glorieuses (juillet 1830).

Convaincu de la noblesse de la cause des insurgés américains, il s'engage à leurs côtés en 1777. Nommé général à l'âge de 19 ans par George Washington, La Fayette joue un rôle décisif dans la guerre d'indépendance des États-Unis contre la Grande-Bretagne, notamment lors de la victoire de Yorktown le 19 octobre 1781. Surnommé le « héros des deux mondes », il est depuis 2002 un des huit citoyens d'honneur des États-Unis. Il y fait d'ailleurs à l'invitation du président James Monroe un voyage triomphal en 1824, au cours duquel il est accueilli et honoré dans 182 villes des 24 États que compte l'Union à cette époque.

Après avoir combattu aux États-Unis, La Fayette œuvre en France à la rénovation du pouvoir royal, avant de devenir une des grandes personnalités de la Révolution française, avec la rédaction de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen et le commandement de la Garde nationale, jusqu'à son émigration en 1792 après avoir déserté son poste en espérant rallier l’armée prussienne. Il est arrêté et incarcéré pendant cinq années par les autorités autrichiennes et prussiennes.

La Fayette est aussi un contributeur politique essentiel de la révolution de Juillet en 1830 et des débuts de la monarchie de Juillet, rompant ensuite rapidement avec le roi Louis-Philippe dont il a soutenu l'accession au trône. Durant cette dernière période de sa vie, il s'affirme aussi comme un soutien engagé à la Pologne après l'insurrection de 1830-1831.

À partir de 1789, La Fayette signe ses courriers « Lafayette » en un seul mot, en réaction contre le système nobiliaire abattu par la révolution. Cette graphie est utilisée par ses contemporains jusqu'à sa mort.

Origines familiales et jeunesse (1757-1775)

La famille Motier de La Fayette

La Fayette est issu d'une branche cadette de la famille Motier de La Fayette, famille noble d'Auvergne, dont la filiation remonte au XIIIe siècle avec Pons Motier, seigneur de la Fayette et qui s'est éteinte en 1891. La branche aînée, éteinte en 1694, est celle de Gilbert Motier de La Fayette, maréchal de France en 1421.

Le nom de La Fayette vient d'une terre située dans l'actuelle commune d'Aix-la-Fayette, près de Saint-Germain-l'Herm (Puy-de-Dôme).

Son nom complet est Marie-Joseph Paul Yves Roch Gilbert du Motier, marquis de La Fayette, mais il est généralement désigné par les abréviations « marquis de La Fayette » ou « Lafayette ». Son biographe Louis R. Gottschalk (en) indique que l'intéressé orthographiait son nom aussi bien sous la forme « Lafayette » que sous la forme « La Fayette ».

Des parents morts prématurément

Son père, Michel Louis Christophe du Motier, marquis de La Fayette (13 août 1733–1er août 1759), colonel aux Grenadiers de France, meurt en Westphalie à l'âge de vingt-cinq ans au cours de la bataille de Minden, auprès de son ami Charles-François de Broglie.

Devenue veuve, sa mère, Marie Louise Julie de La Rivière, issue d'une riche famille noble de Saint-Brieuc, née en 1737, s'installe à Paris au palais du Luxembourg. Gilbert est élevé par ses tantes et par sa grand-mère à Chavaniac, où il passe une enfance libre dans les forêts d'Auvergne, rêvant, vers l'âge de neuf ans, de chasser la bête du Gévaudan.

Sa mère meurt le 3 avril 1770. Son grand-père maternel, le marquis de La Rivière, meurt à son tour le 24 avril 1770. Il hérite d'une fortune qui lui assure une rente de 25 000 livres. Un peu plus tard, un autre oncle meurt, lui laissant un revenu de 120 000 livres ; ces 145 000 livres de revenu annuel font de lui un des hommes les plus riches du royaume.

Son arrière-grand-père maternel, le comte de La Rivière, ancien lieutenant général des Armées du roi, le fait venir à Paris pour son éducation. Il étudie jusqu'en 1771 au collège du Plessis (actuel lycée Louis-le-Grand) et suit parallèlement une formation d'élève-officier à la compagnie des mousquetaires noirs du roi. Il suit également les cours de l'Académie militaire de Versailles.

Le 11 avril 1774, à 16 ans, La Fayette épouse Marie Adrienne Françoise de Noailles (1759-1807), fille du duc d'Ayen et d'Henriette-Anne-Louise d'Aguesseau, dotée de 200 000 livres. Il s'agit d'un mariage arrangé, qui aboutira à une réelle affection entre les époux, malgré les fréquentes infidélités du marquis. De ce mariage naîtront un fils et trois filles :

Henriette (18 avril 1776-31 décembre 1778) ;

Anastasie (1er juillet 1777-23 février 1863), qui, le 23 février 1798, épousera Just Charles César de Faÿ de La Tour-Maubourg (1774-1846) ; par elle, le marquis est l'ancêtre de Paola Ruffo di Calabria, épouse du roi des Belges Albert II ;

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