Giambattista Marino (en France le Cavalier Marin ou Jean-Baptiste Marini), né le 18 octobre 1569 à Naples et mort le 26 mars 1625 dans la même ville, est un poète du royaume de Naples. Il est une figure de la poésie baroque. Le goût du merveilleux et de l'éclat marquent les sonnets de son œuvre majeure, l'Adone.
Giambattista Marino est né le 18 octobre 1569 à Naples.
Les premiers vers de Marino, échappés de la maison paternelle pour ne pas étudier le droit, lui valent la protection du grand amiral de Naples, puis à Rome celle du cardinal Pietro Aldobrandini. Il suit celui-ci dans son ambassade à la cour de Turin, où il s’attire de mauvaises affaires par son esprit satirique. De 1600 à 1605, il est à Rome, au service du cardinal Aldobrandini.
ll connaît la prison à deux reprises : en 1598 pour des affaires de mœurs et en 1611 par la volonté du duc Charles Emmanuel de Savoie qui lui inspire son ouvrage La prison du cavalier Marin.
Avant de venir en France, il publie un recueil de diverses poésies amoureuses (Rime amorose, Varie, 1602), composé de sonnets, d’idylles et de pièces mêlées.
En 1615, il trouve refuge en France pour échapper aux poursuites de l'Inquisition. Marie de Médicis et Concino Concini, maréchal de France, sont ses protecteurs. En 1615, au sortir des guerres de religion qu'il tente d'analyser, il écrit : « La France est toute pleine de contradictions et de disproportions, lesquelles cependant forment une discorde concordante, qui la perpétue. Des coutumes bizarres, des fureurs terribles, des mutations continuelles, des extrêmes sans demi-mesure, des tumultes, des querelles, des désaccords et des confusions : tout cela, en somme, devrait la détruire et, par miracle, la tient debout. »
Après l'assassinat de Concini en 1617, il parvient à maintenir sa situation de poète de cour entre Marie de Médicis et son fils Louis XIII qui lui octroie une pension de 2 000 écus. Il entretient également un réseau d'amitié avec d'autres artistes de cour tels Jean Chapelain, poète, et Nicolas Poussin, artiste peintre. Au cours de ses années où il séjourne à Paris, il constitue une exceptionnelle collection de livres, dessins, gravures et œuvres d'art.
C’est dans les loisirs que lui laissent la fréquentation de l’hôtel de Rambouillet et ses liaisons avec les gens de lettres en faveur, Du Bartas, Voiture, Madeleine de Scudéry et Guez de Balzac, qu’il écrit en 1623 son plus célèbre ouvrage, l’Adone, un poème de 40 000 vers (répartis en 20 chants et environ 5 000 stances de huit décasyllabes) qui raconte l’histoire d’Adonis et Vénus. Le succès de cette composition soulève autant d’admiration que de critiques, inspire la mode du marinisme dans son pays natal et y rallume les querelles d’école. L’Adone, qui a pour sujet la fable mythologique d’Adonis, met un style vif, gracieux et pittoresque au service d’une imagination débridée. On lui a principalement reproché de se montrer incapable de suivre son sujet et d’obéir à toutes ses distractions. Les diverses parties de son œuvre, tout ensemble héroïque, mythologique, satirique et romanesque, semblent former autant d’ouvrages distincts. Dans un temps où le bel esprit tendait à remplacer le sentiment, les traits recherchés, les faux brillants provoquèrent néanmoins l’enthousiasme. Les concetti de Marini trouvèrent en France une faveur particulière sous l’appellation de pointes.
En 1623, il retourne en Italie où il ne rencontre plus le même succès littéraire. Au cours de ces années, Cassiano dal Pozzo (1588-1657), secrétaire du pape Urbain VIII Barberini, constitue pour lui un soutien infaillible étant alors en butte aux poursuites du tribunal de l'Inquisition en raison de l'Adone considéré comme écrit libertin.
Marini avait conçu le plan d’un grand poème épique ayant pour sujet le Massacre des Innocents (la Strage degl’innocenti), dont il n’écrit que quatre chants et qu’il abandonne pour travailler à son Adonis. En Piémont, une querelle avec Murtola, qui avait tenté de l’assassiner, lui inspire contre ce poète une suite de sonnets qui forment tout un volume, la Murtoléide (1626). On a encore de Marini Lettere gravi, argute, facete (1627, in-8°). Ses ouvrages sont souvent réimprimés durant tout le XVIIe siècle. Il a également écrit la Galeria (1620), qui réactualise l’ouvrage Les Tableaux de Platte Peinture de Philostrate.
Son décès le 26 mars 1625 à Paris, marque le début de son oubli lié à son originalité peu compatible avec les canons de l'église et l'évolution des goûts littéraires. En 1627, l'Adone est mise à l'Index par l'église catholique en raison de ses scènes jugées lascives.
Considéré durant longtemps comme un poète maniériste sans profondeur et attaqué par l’Église catholique en tant que « libertin », il est perçu aujourd’hui comme un poète philosophe.
La Lira, dont La Bella Vedova et La Bella schiava, 1614.
Lettere gravi, argute, facete, 1627.
La Strage degli Innocenti (Le Massacre des Innocents), 1632.
Une part importante de son œuvre est mise en musique par les compositeurs de son temps, tels Girolamo Frescobaldi, Heinrich Schütz et Johannes Hieronymus Kapsberger.
Le mythe de l'Adone a également inspiré de nombreux artistes peintres tels Sebastiano del Piombo, Palma le Jeune, Nicolas Poussin et Laurent de La Hyre qui ont illustré l'amour de Vénus pour le chasseur Adonis et sa mort tragique.
Les « Via Giambattista Marino » à Rome, Naples, Lucques et Pise perpétuent sa mémoire.