Ce Jour-là

Gertrud Scholtz-Klink

Personnalité politique allemande

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Gertrud Scholtz-Klink, née Treusch le 9 février 1902 à Adelsheim (Grand-duché de Bade) et morte le 24 mars 1999 à Bebenhausen (Bade-Wurtemberg), est une femme politique allemande. Son nom de famille rassemble le nom de son premier mari (« Klink ») et celui du deuxième (« Scholtz »), bien qu'elle en ait eu un troisième (« Heissmeyer »).

Elle est membre du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (le parti nazi) et présidente du NS-Frauenschaft (la Ligue nationale des femmes nationales-socialistes) de 1934 à la chute du Troisième Reich, en 1945. Reichsfrauenführerin en français : « Guide des femmes du Reich », elle est la plus haute responsable de la branche féminine du parti nazi, même si son influence sur la politique du régime reste limitée.

Enfance, mariages et jeunesse dans la république de Weimar

Le père de Gertrud Treusch est fonctionnaire ; elle suit des études secondaires, mais quitte l'école pendant la Première Guerre mondiale, afin de soutenir l'effort de guerre allemand : elle travaille ainsi dans une gare de chemin de fer, ainsi que pour une famille d'officiers. Alors âgée de 19 ans, elle se marie en 1921 avec Eugen Klink, un ouvrier postal membre du NSDAP. Ils ont ensemble quatre enfants, un cinquième est mort en bas âge. Elle aide son époux dans ses actions au NSDAP, s'occupant des cuisines, de couture, ou de garderie pour les enfants des membres féminins du parti. Elle adhère elle-même au parti le 1er mars 1930 et milite auprès de la gent féminine qui l'entoure pour qu'elles fassent la même chose. En 1929, elle dirige la fraction féminine du parti national-socialiste dans le Bade. Elle déclare alors qu'Adolf Hitler lui donne « tant de confiance en soi, foi en un avenir et courage d'avoir cette foi ».

Cependant, Eugen Klink, devenu entretemps chef de district pour le parti, meurt en 1930 d'une crise cardiaque. Elle déclare à ce sujet : « Dans les années 1920, je mettais toute mon énergie à tenir ma maison, élever les enfants et leur donner un foyer heureux. Mais un jour mon mari, qui était un SA convaincu, n’est pas revenu d'un meeting. Ils m’ont dit que dans l’excitation de la manifestation il avait eu une crise cardiaque et qu'il était mort. C’est toujours ce qu’on dit. […] Je voulais prendre sa place, me dévouer au mouvement pour lequel il était mort en martyr ». Gertrud Klink accroît alors son implication au sein du NSDAP, n'hésitant pas à s'exercer à des discours. À propos de son travail, son responsable direct pour la région de Bade, le Gauleiter Robert Wagner déclare qu'elle a réalisé « des performances très satisfaisantes pour les victimes du mouvement, pour les blessés et les camarades sans ressources » ; avec plusieurs femmes qu’elle doit recruter, elle assure des missions de service social pour les victimes de la crise. En 1932, elle épouse un médecin de campagne, Günther Scholtz, dont elle divorce en 1938, car celui-ci ne supporte plus l'engagement politique trop poussé de son épouse.

Présidente de la Ligue des femmes nationales-socialistes

Adolf Hitler est nommé chancelier du Reich en 1933, à la suite des élections législatives de novembre 1932. Gertrud Scholtz-Klink bénéficie alors du soutien de l’administration dans son action ; « elle établit des liaisons avec des organisations de femmes non nazies afin de trouver des emplois aux chômeurs, de la nourriture et des vêtements pour les pauvres, et créa un corps de volontaires du travail pour les jeunes filles. Fin 1933, elle partagea le podium des orateurs avec un des adjoints de Hitler, qui lui proposa par la suite de diriger le corps de travail national des femmes et d'installer son quartier général à Berlin ». Robert Wagner présente Gertrud Scholtz-Klink en 1934 au ministère de l'Intérieur, où elle devient « rapporteur pour les associations féminines ». Elle obtient bientôt la dissolution des associations féminines concurrentes. Elle apporte son soutien au RADwJ (service du travail du Reich pour la jeunesse féminine) et devient « cheffe du service du travail féminin » ; néanmoins, ce service n'étant que volontaire, seulement 5 % des jeunes filles allemandes s'y engagent. Scholtz-Klink loue alors le travail de la ménagère et cultive une certaine éloquence.

Le 24 février 1934, elle devient présidente de la Ligue des femmes nationales-socialistes ; elle a alors sous sa tutelle toutes les organisations féminines allemandes. Sa tâche principale est de promouvoir la supériorité masculine et l'importance de la maternité. Dans un discours, elle déclare : « La mission de la femme est d'être ministre de son foyer et sa profession de répondre aux besoins de l'homme, du premier moment de sa vie jusqu'au dernier de son existence ». Elle visite ainsi beaucoup d'associations, d'écoles, et participe aux manifestations des organisations de jeunesse, de femmes et à des dîners officiels ; après l'Anschluss, en 1938, elle effectue une tournée de conférences dans l'Autriche annexée, à la demande des nazies autrichiennes.

Elle se porte garante d'une certaine idée de la femme. L'historienne Anna Maria Sigmund note : « Sans être elle-même très créative, elle transmettait comme un porte-parole les idées misogynes de ses camarades masculins du parti aux camarades de son sexe. Inlassablement, elle exhortait à l'entretien des us et coutumes allemands et voulait maintenir un haut niveau moral dans le domaine sexuel et social. Sa devise prononcée avec foi était le « relèvement du niveau de l'ensemble de la population féminine » par « le service et l'aide au peuple allemand » ».

Malgré son rôle politique, elle s'évertue à condamner la participation des femmes au travail salarié et plus particulièrement dans le domaine politique, prenant notamment à partie celles qui avaient été élues députées pendant la république de Weimar — les femmes avaient le droit de vote et étaient éligibles depuis 1919 — à l'instar de Clara Zetkin. Elle déclare : « Celui qui a entendu le cri perçant d'une femme communiste ou sociale-démocrate dans la rue ou dans le Parlement se rend compte qu'une telle activité n'est pas quelque chose qui est fait par une vraie femme ». Ainsi, pour elle, une femme impliquée en politique cherche simplement à « devenir comme un homme » et par là « humilierait son sexe », ce qui l'empêcherait de réaliser quoi que ce soit. Il y aurait une « transgression des frontières entre les sexes ».

En juillet 1936, elle est nommée à la tête du bureau féminin du Front allemand du travail où elle est chargée de persuader les femmes de travailler pour la bonne marche du parti nazi, lorsque le régime comprend que le travail des femmes est dans une certaine mesure indispensable ; elle fait néanmoins la distinction entre un travail salarié mettant la femme dans une situation d'indépendance, et les travaux ménagers et agricoles, qui eux sont au service du Reich. En 1938, elle déclare : « La femme allemande doit travailler physiquement et mentalement, elle doit renoncer à la luxure et au plaisir ».

À titre exceptionnel, elle soutient la nomination d'une femme, Margarete Gussow, à une chaire universitaire d'astronomie, mais se justifie ainsi : « le cas de Mlle le Dr G. est certainement unique, et c'est pourquoi je m'engage aussi fort pour elle, parce que je suis d'avis que l'on ne peut justifier que des dispositions héréditaires exceptionnelles, artistiques et scientifiques ne soient pas encouragées, mais freinées parce que c'est une femme qui possède cette capacité ».

Après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, son discours change : l'objectif n'est plus de ramener les Allemandes au foyer, mais au contraire de les faire participer à l'effort de guerre. Elle déclare ainsi : « On entend souvent encore de la part des femmes les objections les plus diverses contre un travail dans les usines d'armement. La question de savoir si l'on peut demander ce travail à telle ou telle femme est aujourd'hui bien dépassée ». À propos du décret de janvier 1943, mobilisant les Allemandes de 17 à 45 ans, elle déclare, en septembre de la même année, lors d'une conférence : « Les femmes éduquées par la ligue féminine et mises à la disposition de la Wehrmacht ne doivent pas seulement dactylographier et travailler, mais aussi être des soldats du Führer ». En 1981, elle déclare pourtant s’être opposée à ce qu’il y ait des femmes soldats, et affirme avoir réussi à dissuader les autorités de pousser les femmes à prendre l'uniforme et à combattre dans l’armée. Un de ses derniers appels a lieu en 1944 : « Mères, vous portez la patrie ! ».

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