Germaine Dulac est une réalisatrice, productrice et scénariste française, née le 17 novembre 1882 à Amiens (Somme) et morte le 20 juillet 1942 dans le 17e arrondissement de Paris.
De son vivant, elle réalise plus de trente films de fiction, dont beaucoup marquent de nouvelles tendances cinématographiques, de l'impressionnisme à l'abstraction. Elle est une des pionnières du cinéma de la première avant-garde.
Germaine Saisset-Schneider naît le 17 novembre 1882 à Amiens, dans la Somme. Ses parents sont Madeleine Claire Waymel et le général Maurice Saisset-Schneider.
Sa vie professionnelle commence, en 1906, au journal féministe La Française, dirigé par Jane Misme, où, jusqu'en 1913, « elle rédige principalement des portraits de femmes et des critiques de théâtre ». Ces portraits de « femmes d'action », romancières, artistes et militantes sociales, préparent son point de vue de réalisatrice sur le genre.
Entre 1907 et 1915, elle écrit une dizaine de pièces de théâtre parmi lesquelles : Le Bonheur est chose légère, Le Fantôme, Les Pieuvres, Le Jardin magnifique, et L’Emprise, lui donnant une assise théâtrale qui lui servira lors de la réalisation de ses premiers films.
Elle se consacre au cinéma dès 1915, en pleine Première Guerre mondiale, où le titre de son film Les Sœurs ennemies fait écho aux préoccupations féministes secouées par le conflit. La même année, elle devient secrétaire générale de l'organisation La Croisade des femmes françaises et soutient plusieurs comités de veuves de guerre.
Ses premiers efforts cinématographiques ayant été réalisés pendant cette période, beaucoup de pellicules ont disparu et sont considérées comme des films perdus.
En 1916, elle fonde avec Irène Hillel-Erlanger une maison de production, la « DH Films ».
Elle manifeste son talent pour les émotions dans des films écrits par Irène Hillel-Erlanger, tels Les Sœurs ennemies (1915), Géo le mystérieux (1917). En 1917, elle réalise Venus Victrix (1917), dans lequel Napierkowska joue Djali, une envoûtante danseuse hindoue.
Elle réalise, d'après un scénario de son ami Louis Delluc, La Fête espagnole (1919), et devient l'une des personnalités marquantes de la première avant-garde du cinéma.
En 1918, elle écrit, produit, et réalise une série de six épisodes, Âmes de fous, avec Ève Francis.
Dès 1920, elle publie de nombreux écrits historiques aux vues nouvelles et pénétrantes. La même année, elle se sépare de son mari.
Après La Mort du soleil (1921), elle accomplit son chef-d’œuvre avec La Souriante Madame Beudet (1923), critique de la vie conjugale petite-bourgeoise ou, en termes modernes, de « l'incommunicabilité du couple ».
Après 1924, elle milite aussi avec ardeur pour répandre l'amour du cinéma et contribue à développer les ciné-clubs. Plus tard, elle rejoint la « seconde avant-garde », avec La Coquille et le Clergyman (1927) (d'après un scénario d'Antonin Artaud), puis elle réalise ce qu'elle nomme des « musiques visuelles » avec Disque 957 (1927) (d'après Chopin) ou Thèmes et Variations (1928), Étude cinégraphique sur une arabesque (1929).
Quand le cinéma sonore empêche dorénavant une production totalement indépendante, elle préfère se consacrer aux actualités. Elle entre chez Gaumont en 1931. De 1933 à 1940, elle est directrice adjointe des Actualités Gaumont. Présidente de la section Cinéma du Conseil national des femmes françaises dans les années 1930, elle meurt à Paris le 20 juillet 1942.
Germaine Dulac meurt le 20 juillet 1942 dans le 17e arrondissement de Paris. Elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise (74e division).
Germaine Dulac épouse, en 1905, Albert Dulac, agronome socialiste et futur romancier. Pendant son mariage, elle a une relation professionnelle et intime avec la danseuse, pantomime et actrice Stacia Napierkowska, qui influence fortement son rapport à l'image et au cinéma.
Dans les années 1920, elle s'installe dans une relation avec la réalisatrice Marie-Anne Colson-Malleville (née Mareau), qui dure jusqu'à la fin de sa vie. À sa mort, celle-ci fait don des archives professionnelles et personnelles de Dulac à la Cinémathèque française.