Gerhard Fritz Kurt Schröder [ˈɡɛɐ̯haɐ̯t fʁɪts kʊɐ̯t ˈʃʁøːdɐ] , né le 7 avril 1944 à Mossenberg-Wöhren, est un homme d'État allemand, membre du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD). Il est chancelier fédéral de 1998 à 2005.
Après avoir été président fédéral des Jeunesses sociales-démocrates (Jusos) à la fin des années 1970, il entre à la présidence fédérale du SPD en 1989, et devient l'année suivante ministre-président du Land de Basse-Saxe, à la tête d'une coalition rouge-verte avec les écologistes. Il est réélu deux fois avec une majorité absolue.
Candidat à la chancellerie contre Helmut Kohl aux élections fédérales de 1998, il forme la première coalition fédérale rouge-verte. Son premier mandat est notamment marqué par son opposition aux États-Unis au sujet de la guerre d'Irak. Il est réélu de justesse à la suite des élections fédérales de 2002. Le climat économique le pousse à mettre en place l'« agenda 2010 », un ensemble de réformes libérales de l'État-providence qui font chuter sa popularité. En 2005, la lourde défaite de sa coalition en Rhénanie-du-Nord-Westphalie le conduit à convoquer des élections fédérales, remportées par la CDU/CSU.
Gerhard Schröder cède la chancellerie fédérale à Angela Merkel et se retire de la vie politique. Il se lance dans le monde des affaires, ce qui entraîne des controverses, en particulier en raison de sa proximité avec le président russe Vladimir Poutine.
Il quitte l'école en 1958 afin de suivre un apprentissage de vendeur à Lemgo pendant trois ans, après quoi il exerce ce métier à Lage, puis à Göttingen, où il travaille en même temps comme ouvrier du bâtiment. Il commence à suivre des cours du soir en 1962, afin d'obtenir un diplôme d'accès à l'enseignement supérieur. C'est ainsi qu'il décroche son certificat général de l'enseignement secondaire en 1964, puis son Abitur en 1966. Il intègre alors l'université de Göttingen pour y suivre des études supérieures de droit. Il est reçu au premier examen juridique d'État en 1971 et passe le second avec succès en 1976.
Il est reçu la même année à l'examen du barreau et devient avocat dans le ressort du tribunal régional de Hanovre. Il est promu associé du cabinet où il travaille en 1978, mais renonce à cet emploi en 1990. Pendant son exercice professionnel, il a notamment fait accélérer la sortie de prison de Horst Mahler, de la Fraction armée rouge (RAF), et le rétablissement de son droit à pratiquer le droit en Allemagne.
Après la fin de sa carrière politique, en 2005, il reprend ses activités professionnelles, mais à Berlin, et est engagé par la société russe Gazprom pour présider le conseil de surveillance de North-European Gas Pipeline, consortium germano-russe chargé de la construction et de l'exploitation du gazoduc Nord Stream. Le conseil l'élit à ce poste à l'unanimité le 30 mars 2006. Cette décision fait l'objet de critiques dans la mesure où Schröder, en sa qualité de chancelier, a approuvé le tracé du gazoduc et s'est porté garant d'un prêt bancaire d'un milliard d'euros proposé par Deutsche Bank et KfW à Gazprom dans le cadre de cette affaire. Il a été conseiller de Goldman Sachs, puis de la banque Rothschild, et a également rejoint le groupe de presse suisse Ringier comme consultant.
Depuis janvier 2009, Gerhard Schröder est membre du directoire du groupe pétrolier russo-britannique TNK-BP, fonction pour laquelle il touche une rémunération de 200 000 euros par an.
Marié à cinq reprises, et divorcé par quatre fois, il est surnommé « Audi Man », en référence aux quatre anneaux de la marque allemande. Il a tout d'abord épousé Eva Schubach en 1968, et s'en est séparé quatre ans plus tard au profit d'Anne Taschenmacher, dont il a divorcé en 1984. Cette même année, il se remarie avec Hiltrud « Hilu » Hampel, qu'il quitte en 1997 pour Doris Köpf. Le couple a aujourd'hui deux enfants, adoptés à Saint-Pétersbourg : Viktoria, en 2004, et Gregor deux ans plus tard. Par ailleurs, Doris était déjà mère d'une fille, Klara, venue au monde en 1991. Après leur divorce, il se marie en 2018 pour la cinquième fois de sa vie, cette fois-ci avec Kim So-yeon, interprète sud-coréenne et représentante sud-coréenne de l'Agence de développement économique de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie âgée de 26 ans de moins que lui.
Schröder passe sa vie entre Berlin et son domicile de Hanovre. En sa qualité d'ancien chancelier fédéral, il dispose également d'un bureau permanent dans la capitale fédérale jusqu'en 2022, année où le Bundestag lui retire certains de ses avantages.
Son père, Fritz Schröder, était un soldat de la Wehrmacht qu'il n'a jamais connu. Celui-ci est en effet mort le 4 octobre 1944 à Ceanu Mare, en Roumanie, dans une embuscade des armées roumaine et soviétique. Sa tombe n'est retrouvée qu'en 2001 par sa fille Gunhild. Il faudra encore trois ans avant que Gerhard ne vienne s'y recueillir, à l'occasion d'une visite officielle en Roumanie.
Il adhère au Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) en 1963, et est élu président de la Communauté de travail des jeunes socialistes au sein du SPD (Jusos) de la région de Hanovre en 1971. En 1978, il en devient président fédéral pour deux ans.
Élu au comité directeur du parti dans la région de Hanovre en 1977, il en prend la présidence six ans plus tard, devient membre comité directeur fédéral du SPD en 1986, puis entre à la présidence fédérale en 1989. Il est élu président du SPD de Basse-Saxe l'année suivante, et occupe ce poste jusqu'en 1998. Gerhard Schröder est choisi, le 12 mars 1999, comme président fédéral du parti en remplacement d'Oskar Lafontaine. Il est reconduit en 2001 et 2003.
Il démissionne volontairement de la présidence du SPD en 2004, à la suite de la mise en minorité de son candidat au poste de secrétaire général au profit d'une personnalité plus marquée à gauche. Son successeur, élu le 21 mars, est Franz Müntefering, président du groupe SPD au Bundestag. Le parti décide le 8 août de le garder dans ses rangs, malgré ses liens avec Vladimir Poutine. La section SPD de Hanovre a estimé que ce dernier n'avait pas enfreint le règlement du parti.
En 1986, il est choisi comme chef de file (Spitzenkandidat) du SPD aux élections législatives régionales de Basse-Saxe contre le ministre-président chrétien-démocrate Ernst Albrecht, au pouvoir depuis dix ans, et soutenu depuis huit ans par une majorité absolue de son seul parti. Au scrutin du 15 juin, le SPD progresse de six points et remporte 66 sièges sur 155, contre 69 à la CDU, qui recule dans des proportions égales. Albrecht parvient toutefois à se maintenir au pouvoir en formant une coalition noire-jaune, disposant de 78 sièges, avec les libéraux, et Schröder devient alors chef de l'opposition.
Au scrutin du 13 mai 1990, il s'impose avec 44 % des voix et 71 élus, deux points et quatre sièges de plus que la CDU. Le soutien des 8 députés Verts lui donnant la majorité absolue au Landtag, Gerhard Schröder constitue une coalition rouge-verte avec Les Verts et est investi ministre-président le 21 juin. Candidat à un second mandat en 1994, il remporte une courte majorité absolue de 81 sièges sur 161 pour le seul SPD, et conserve donc la direction du gouvernement régional.
Il parvient à accroître cette majorité à 83 sièges sur 157 lors du scrutin de 1998. Il est réinvesti ministre-président le 30 mars, mais démissionne dès le 27 octobre, cédant sa place au ministre de l'Intérieur Gerhard Glogowski. En sa qualité de chef de gouvernement régional, il a pris pour un an, à partir du 1er novembre 1997, la présidence tournante du Bundesrat.
Il est élu pour la première fois député fédéral de Basse-Saxe au Bundestag en 1980. Réélu trois ans plus tard, il démissionne en 1986.