Ce Jour-là

Georges de Labruyère

Journaliste français

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Georges Joseph Poidebard de La Bruyère, né le 21 février 1856 à Paris 2e et mort le 23 mai 1920 à Savigny-sur-Orge, est un journaliste français, d'abord socialiste, il adhère au boulangisme et devient pendant un temps homme politique.

Labruyère est le fils de l’officier Joseph-Henri Poidebard de Labruyère, un officier, et d'Anna-Élisabeth Bouchardy, sœur du dramaturge Joseph Bouchardy.

Il aurait été le plus jeune soldat de France lors de la guerre franco-allemande de 1870. Il s'était en effet engagé à l'âge de quatorze ans dans un bataillon de marche et aurait pris part aux combats du Bourget, de Champigny et de Buzenval.

En 1873, il s'engagea dans un régiment de hussards, où il s'éleva au grade de sous-officier. Il rendit cependant bientôt ses galons pour servir dans les spahis en Algérie. Participant aux opérations de pacification des Aurès, il vécut quelques années dans cette colonie, notamment à Biskra, où il se maria. En 1881, il fera partager au public sa connaissance de l'Afrique du Nord dans une série de conférences menées en collaboration avec l'explorateur Louis Jean-Baptiste Say.

Carrière journalistique et littéraire

En 1877, il démissionna de l'armée et s'installa à Paris, où il devint journaliste, signant ses articles Georges de Labruyère.

Il collabora à de nombreux journaux, tels que Le Voltaire (1881), La Réforme, L’Événement (où l'un de ses articles sur la colonisation de la Tunisie lui valut d'être condamné pour diffamation en 1881), La France agricole, politique et commerciale (dont il assura la direction politique), et L'Écho de Paris, avant d'entrer, en 1885, au Cri du peuple, un quotidien socialiste fondé par Jules Vallès et repris par Séverine.

Intimement lié à cette journaliste libertaire et féministe, Labruyère quitta pour elle son épouse (qui lui avait donné trois enfants) et partagea la plupart de ses combats politiques, du socialisme au boulangisme. La grande complicité qui existait dans ce couple de journalistes fit dire à certains que Séverine avait quelquefois signé des articles rédigés par Labruyère. Tous deux furent proches de l'antisémite Édouard Drumont, directeur de La Libre Parole.

Passant pour l'un des maîtres du genre du reportage, Labruyère fonda des titres tels que La Cocarde et La Jeune République et collabora au Matin (dont il fut le chef des informations).

Il écrivit également des romans historiques, comme Chantereine (paru en feuilleton puis édité en 1895 et adapté au théâtre en 1898), La Grande Aventure (Paris, Librairie Universelle, 1905, 346 p.), des feuilletons comme Madame Élias (publié dans Le Voltaire en 1881), Les Possédées de Paris, Le Coup d'État, L'Homme voilé et La Patrie en danger (publiés dans Le Matin en 1910, 1911-1912, 1921 et 1922), ainsi que des pièces de théâtre (Le Retour de l'Aigle, 1898). En 1882, il avait été en pourparlers avec Chabrillat pour racheter le théâtre de l'Ambigu.

Il aurait aussi coécrit les Mémoires du général André (1906).

Maniant avec autant de plaisir la plume que le sabre, il prit part à plusieurs duels, le plus souvent contre des confrères ou contre d'autres personnalités offensées par certains de ses articles :

Le 8 décembre 1885, lors d'une rencontre au Bois de Boulogne, il blessa à l'épaule Prosper-Olivier Lissagaray, qui s'était moqué de son nom de plume en y voyant la prétention infondée d'une parenté avec le moraliste Jean de La Bruyère : « Poidebard ? Il descend de la bruyère par les pipes ! » ;

Le 16 décembre 1885, au Vésinet, il est blessé au bras par Aurélien Scholl, qui avait pris part à la même polémique ;

Le 18 juin 1886, il affronta une première fois Gabriel Terrail (Mermeix), dont il avait critiqué La France socialiste ;

Le 20 août 1887, provoqué en duel par un officier de dragons, le lieutenant de Melville, il eut le poumon droit perforé, mais réussit à blesser grièvement son adversaire en lui perforant le poumon gauche ;

Le 17 octobre 1888, il blessa légèrement à la poitrine le député Camille Dreyfus à la Tour de Villebon, dans le bois de Meudon, où avait eu lieu la rencontre avec Melville ;

Le 7 septembre 1890 à Maisons-Laffitte, confronté une seconde fois à Mermeix (Séverine ayant traité ce dernier de « Judas » pour avoir accepté de révéler les coulisses du boulangisme en échange de la validation de son élection comme député), Labruyère fut blessé à la main au moment même où le directeur de combat, Maxime Dreyfus, avait donné le commandement de halte, ce qui entraîna de vives contestations sur l'issue de la rencontre.

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