Ce Jour-là

Georges de La Tour

Peintre lorrain

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Georges de La Tour, né et baptisé le 14 mars 1593 à Vic-sur-Seille et mort le 30 janvier 1652 à Lunéville, est un peintre lorrain.

Artiste au confluent des cultures nordique, italienne et française, contemporain de Jacques Callot et des frères Le Nain, La Tour est un observateur pénétrant de la réalité quotidienne. Son goût prononcé pour les jeux d'ombres et de lumières fait de lui l'un des continuateurs les plus originaux du Caravage.

Reconnu de son vivant, il est rapidement oublié après sa mort. Redécouvert au début du XXe siècle, il inspire ensuite des écrivains aussi divers que René Char, André Malraux, Pascal Quignard et Charles Juliet.

Georges de La Tour est baptisé le 14 mars 1593 à l'église Saint-Marien de Vic-sur-Seille, siège du bailliage de l'évêché de Metz, occupé par le roi de France depuis 1552. Son acte de baptême, conservé au musée départemental Georges-de-La-Tour à Vic-sur-Seille, indique qu'il est le fils de « Jean de la Tour boulengier (boulanger) » et de Sibylle Molian, issue également d'une famille de boulangers. Il est le deuxième des sept enfants de la famille.

L'acte de baptême précise en français classique que :

« George, filz de Jean de la tour boullengier et Sybille sa femme, fut baptizé le 14 de mars. Parrain Jean des bœufz mercier, marrine Pentecoste femme a Nicolas le meusnier tous de vic »

— Le Figaro, hors-série, Georges de La Tour, Ombres et lumières, n° 151H, septembre 2025, p. 24.

Son parcours, particulièrement sa formation initiale, reste méconnu. Il commence une carrière de peintre et fait peut-être la rencontre des maîtres hollandais de l'école caravagesque d'Utrecht Gerrit van Honthorst et Hendrick ter Brugghen lors d'un voyage en 1616. Il a été avancé qu'il se serait rendu à Rome où il aurait découvert l'œuvre du Caravage, mais rien ne l'atteste et, s'il est clairement influencé par le caravagisme, cette influence semble plutôt lui avoir été transmise par le biais de la connaissance de l'œuvre de Hendrick ter Brugghen, peintre auquel il a souvent été comparé. Une Annonciation du Caravage, commandée par le duc Henri II de Lorraine, se trouvait par ailleurs à Nancy, et La Tour l'a sans doute contemplée. Georges de La Tour serait donc néanmoins l'un des rares peintres français de l'époque à ne pas avoir entrepris le classique voyage en Italie.

Il se marie le 2 juillet 1617 à Vic-sur-Seille avec Diane Le Nerf, membre d'une famille noble de Lunéville, bourgade du duché de Lorraine. Les deux époux s'installent dans cette ville où La Tour commence une carrière brillante, sous le règne du duc Henri II de Lorraine, admirateur du Caravage et marié à une princesse italienne Marguerite de Gonzague, nièce de la reine-mère de France. Il s'installe en 1619 à la cour du château de Lunéville. En 1620, il est même reçu "bourgeois" de la ville, doté par le duc de lettres d'exemption qui lui octroient les franchises accordées aux membres de la noblesse.

Il multiplie les tableaux à sujet religieux, mais aussi les scènes de genre et tableaux réalistes représentant musiciens et mendiants. Il reçoit notamment des commandes du duc, de l'église des Minimes de Lunéville et de Charles IV. Il devient lui-même l'un des habitants les plus riches de Lunéville et reçoit de nombreuses commandes également de la bourgeoisie et de la noblesse lorraine, bien qu'il ne parvienne pas à devenir peintre officiel du duc Henri II, cette charge étant alors l'apanage de Claude Deruet. Aucune commande d'envergure ne nous est connue. Ses toiles sont pour l'essentiel de proportions modestes : souvent un mètre de hauteur.

Mais, à partir de 1633, la Lorraine, jusque-là prospère et sûre mais dirigée depuis peu par le maladroit duc Charles IV, sombre dans les destructions de la guerre de Trente Ans. Le duché est envahi puis occupé par la France et devient l'un des champs de bataille de l'Europe en guerre. En 1635, les troupes suédoises ravagent la contrée, semant la mort et la désolation. Les Croates ne sont pas moins cruels ni avides. Lunéville, où réside La Tour, est incendiée en septembre 1638 et le peintre est obligé de fuir la ville pour se réfugier avec sa famille à Nancy, où l'on trouve sa trace à partir du 8 février 1639.

Le succès de Georges de La Tour s'établit assez vite puisque des documents mentionnent des commandes « façon La Tour », distinguant son style parmi les contemporains. En 1645, il reproduit les Souffleurs et les Fumeurs, petits formats qui plaisent aux bourgeois.

Le roi de France cherche à s'attacher les artistes lorrains. Si Jacques Callot refuse, Georges de La Tour accepte et se rend à Paris. On sait qu'en 1639 il y reçoit le titre de « peintre ordinaire du roi », ainsi qu'un logement au Louvre, le roi Louis XIII possédant un Saint Sébastien soigné par Irène de sa main. Mais ses possessions et privilèges sont chez lui en Lorraine et, dès que sa maison est reconstruite en 1641, il est de retour à Lunéville. Le succès est toujours au rendez-vous puisque le duc de la Ferté, gouverneur français du duché de Lorraine, se voit plusieurs fois offrir pour ses étrennes un tableau du maître – notamment de scènes nocturnes –, le premier étant une Nativité en janvier 1645.

Les œuvres de la fin de sa vie représentent exclusivement des scènes religieuses – bien que marquées par la peinture de genre – probablement, selon le critique Anthony Blunt, en raison du regain d'importance de la vie religieuse dû aux franciscains en Lorraine après la guerre de Trente Ans, la Lorraine étant toujours occupée par la soldatesque française.

Georges de la Tour meurt, d'après son acte de décès, d'une « pleurésie » le 30 janvier 1652 à Lunéville, mais vraisemblablement d'une épidémie qui a d'abord emporté sa femme Diane le 15 janvier 1652, puis son valet Jean « dit Montauban » le 22 janvier. Son œuvre sombre rapidement dans l'oubli.

Son fils Étienne (1621-1692), qui a été son apprenti, seul héritier du peintre avec deux sœurs qui ne se marieront pas, va alors réaliser le rêve de son père : acheter le domaine franc de Mesnil près de Lunéville et gagner ses lettres de noblesse pour faire oublier son origine roturière.

Oubli et redécouverte de Georges de la Tour

Très réputé à son époque, Georges de la Tour sombre ensuite dans l'oubli. Ses œuvres sont dispersées et attribuées à d'autres peintres : italiens, comme Guido Reni, Carlo Saraceni ou Orazio Gentileschi, hollandais, comme Hendrick Terbrugghen ou Gerrit van Honthorst, parfois même espagnols comme Francisco de Zurbarán et Vélasquez. Très peu de ses tableaux sont signés, et l'on a parfois volontairement effacé sa signature pour constituer une attribution plus prestigieuse pour l'époque.

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