Georges Moustaki, né Giuseppe Mustacchi ou Yussef Mustacchi le 3 mai 1934 à Alexandrie (Égypte) et mort le 23 mai 2013 à Nice, est un auteur-compositeur-interprète d'origine italo-grecque naturalisé français en 1985. Il est aussi artiste-peintre, écrivain et acteur.
Né en Égypte, de parents grecs de religion juive, romaniotes et de langue italienne, originaires de l'île de Corfou, il grandit dans un environnement multiculturel (juif, albanais, turc, italien, arabe, français) et se passionne vite pour la littérature et la chanson française ; pour le linguiste Louis-Jean Calvet, « né à Alexandrie d’une famille juive grecque mais de langue italienne, baptisé Giuseppe par ses parents, inscrit à l’état civil égyptien sous le nom de Youssef, appelé à l’école française Joseph, puis Jo, un diminutif qui a fait croire, lorsqu’il est arrivé en France, qu’il s’appelait Georges, ce qu’il a laissé faire par admiration pour Brassens, il symbolise par cette simple succession de prénoms l’univers méditerranéen ».
Il y avait à Alexandrie une très grande famille Mustacchi. Son père, libraire francophone, l'inscrit ainsi que ses deux sœurs Élisabeth et Marcelle au lycée français d'Alexandrie.
Georges vient en 1951 à Paris où il s'installe chez Marcelle et son époux le poète Jean-Pierre Rosnay, lui aussi libraire et pour qui il fait du porte-à-porte en vendant des livres de poésie.
Il exerce par la suite la profession de journaliste, puis de barman dans un piano-bar, ce qui l'amène à fréquenter des personnalités du monde musical de l'époque, notamment dans le haut lieu de la vie intellectuelle et culturelle parisienne, le quartier Saint-Germain-des-Prés.
Il entend ainsi Georges Brassens se produire un soir ; c'est pour lui une révélation : il n'aura de cesse par la suite de faire référence à ce maître, allant jusqu'à adopter son prénom en guise de pseudonyme. Ils s'entendent très bien, et Brassens lui prodigue des conseils.
En 1958, le guitariste Henri Crolla lui présente Édith Piaf pour laquelle il écrit quelque temps plus tard une de ses chansons les plus connues, Milord, et avec qui il connaîtra une courte et fougueuse liaison d'un an ; c'est lui qui présente Georges Brassens à Édith Piaf, quelque peu hermétique aux chanteurs solistes, qui s'accompagnent à la guitare, dits « rive gauche ». Elle incite Moustaki à sortir de ce mouvement.
Tout au long des années 1960, Moustaki se positionne comme un compositeur et parolier pour les grands noms de la chanson française comme Yves Montand, Barbara et Serge Reggiani, avec qui il se lie d'amitié. Sa différence d'âge avec Piaf de 18 ans son aînée lui inspire Sarah, qui sera tout d'abord interprétée par Reggiani, avant que lui-même ne l'enregistre à son tour avec son aval[réf. nécessaire].
Il crée alors des chansons qui resteront parmi ses plus grands succès : Ma solitude, Joseph et Ma liberté ou encore La Dame brune qu'il interprète alors en duo avec Barbara. Sa devise, tirée d'un écrit d'Antoine Blondin est « l'homme descend du songe ».
En 1968, artiste engagé au moment des événements de Mai 68, il écrit, compose et interprète Le Métèque, ballade romantique qui parle d'un étranger un peu éthéré, doux rêveur, sans attache. C'est un grand succès international qui marque un nouveau début de sa carrière d'artiste.
En 1969, Georges Moustaki signe sa première musique de film avec Solo de Jean-Pierre Mocky.
En janvier 1970, il fait son premier grand concert en vedette à Bobino, et se montre proche de son public.
En 1973, son album Déclaration, prend ses racines dans la musique populaire brésilienne (MPB). On y trouve la chanson Le quotidien, traduite de la chanson Cotidiano sur des paroles de Vinicius de Moraes et une musique de Toquinho et Les Eaux de mars, traduite de la chanson Águas de Março paroles et musique de Antônio Carlos Jobim.
Pendant les trois décennies suivantes, il parcourt le monde pour se produire, mais surtout trouver de nouvelles inspirations ; il écrit entre autres La Vieillesse à 50 ans.
Le 8 janvier 2009, Georges Moustaki monte sur scène, à Barcelone, et explique au public que ses problèmes respiratoires ne lui permettent pas d'assurer le concert. Le 14 octobre 2011, le chanteur annonce à la presse qu'il est définitivement incapable de chanter.
Grand amateur de la guitare, son instrument de prédilection, auquel il rend hommage dans plusieurs de ses chansons, il noue des liens d'amitié avec le guitariste virtuose Alexandre Lagoya, comme lui né à Alexandrie, et d'origine familiale gréco-italienne.
Lors de la prise de pouvoir par les Colonels en Grèce en 1967, Georges Moustaki s'engage aux côtés de la diaspora grecque exilée en France, et adapte des chansons, notamment avec Mikis Theodorakis lorsque celui ci est libéré par la junte militaire après deux ans d'emprisonnement. Cette collaboration donne lieu, entre autres, à l'adaptation de la chanson "Nous sommes deux" immortalisée par un reportage unique réalisé en 1970 par le cinéaste grec Robert Manthoulis.
Il s'engage lors de Mai 68 (période à propos de laquelle il compose la chanson Le Temps de vivre). Il chante dans les usines occupées auprès des ouvriers en grève avec ses amis musiciens pour «accompagner les événements avec nos guitares et nos chansons». A propos de cette période, il déclare : « On se produisait notamment à l’usine Citroën. Il y avait des Portugais, des Yougoslaves, des Arabes, qui ne comprenaient rien à ce que je chantais, tout près d’une chaîne de montage, contraire à toutes les lois de l’acoustique. Une relation tendre, belle, se créait entre nous (…) Mon filet de voix s’ouvrait. J’avais envie que cette magie se perpétue ».