Ce Jour-là

Georges Lapierre

Instituteur syndicaliste et résistant français

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Georges Lapierre est un instituteur syndicaliste, socialiste et résistant français né le 28 février 1886 à Barbuise (Aube) et mort en déportation le 4 février 1945 à Dachau.

Instituteur puis directeur d'école primaire à Paris, il a été un responsable important du Syndicat national des instituteurs pour lequel il a créé l’hebdomadaire L'École libératrice avant de devenir secrétaire général du Syndicat clandestin pendant l’Occupation où il appartient également au mouvement Libération-Nord. Dénoncé, arrêté, déporté, il reste l’exemple admirable d'une figure refusant la déchéance intellectuelle et morale, mais, atteint du typhus meurt d'épuisement en camp de concentration. Il est également créateur en 1938 de la Confédération La Jeunesse au plein air.

Jeunesse et carrière professionnelle

Fils d’un cultivateur du hameau de Courtavant (commune de Barbuise), Georges Lapierre fréquente l’école communale puis l’école primaire supérieure de Bar-sur-Seine. Il entre en 1902 à l’école normale d’instituteurs de la Seine (école normale dite « d'Auteuil »). Son service militaire accompli (1905), Georges Lapierre enseigne à Saint-Denis de 1906 à 1909. Nommé à Paris, il exerce dans des écoles du XVIIIe arrondissement jusqu'en 1925. En avril 1914, il est victime de lésions pulmonaires et doit se soigner en Suisse. Mobilisé le 2 août 1914 au 26e Régiment d’infanterie, il est proposé pour la réforme compte tenu de son dossier médical, Georges Lapierre est versé sur sa demande dans les services auxiliaires en décembre 1914 et reste mobilisé jusqu’en mars 1919 puis reprend son poste à l'école de la rue du Mont-Cenis. En 1925, il devient professeur de cours complémentaire dans le IXe arrondissement avant de devenir directeur d'école primaire en 1929. C'est en cette qualité qu'il devient, à partir de 1934, directeur des écoles jumelées de la place Lucien-Herr et de la rue des Feuillantines (dans le Ve arrondissement) jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Ce sera son dernier poste. Georges Lapierre assumera ses responsabilités syndicales en continuant à exercer pleinement son activité professionnelle d'enseignant.

Le responsable du SNI d'avant-guerre

Les premiers engagements syndicaux

En 1920, Georges Lapierre adhère au Syndicat des membres de l’enseignement laïque de la Seine (qui sera affilié à partir de 1921 à la Confédération générale du travail unitaire (CGTU) et fait partie quelque temps de la commission administrative. Il rejoint ensuite le Syndicat national des instituteurs (SNI), affilié depuis 1925 à la CGT que dirige Léon Jouhaux s'inscrit alors dans la démarche réformiste et qu'animent sur le plan national deux militants de la Seine : Louis Roussel et Émile Glay.

Le responsable national du SNI

En 1926, au congrès national de Strasbourg, il est élu membre de la commission permanente du SNI (alors appellation de son Bureau national), en même temps que René Vivès et André Delmas. Simultanément, il se consacre au développement de la pédagogie. Collaborateur de la Revue de l’enseignement primaire et primaire supérieur, il fonde, en 1923, une section pédagogique au sein de l’Association française pour l’avancement des sciences où il se lie avec Paul Langevin, avec lequel il conservera des relations personnelles étroites. Il organise les travaux de la section pédagogique au cours des congrès nationaux de 1923 à 1926. En juin 1926, il créa le Bureau pédagogique international.

En 1927, Lapierre devient trésorier de la section de la Seine du SNI, puis secrétaire de la section des colonies et protectorats. Délégué à la CGT, il est élu membre suppléant de la commission administrative confédérale, en septembre 1929, s'occupe du secrétariat de la Fédération générale de l’enseignement Lorsque les deux responsables historiques du SNI, Louis Roussel et Émile Glay abandonnent leurs responsabilités syndicales en 1932, une nouvelle équipe dirigeante se met en place. Le nouveau secrétaire général, André Delmas, est assisté de trois secrétaires-adjoints au nombre desquels compte Georges Lapierre.

En 1932, il participe également à la création de SUDEL, la maison d’édition du SNI. Il siège à la commission de l'enseignement et de l’éducation ouvrière de la CGT. Il est également membre élu du Conseil supérieur de l’Instruction publique de 1938 à 1940.

Le créateur d'œuvres périscolaires

Dans le prolongement de son activité pédagogique, Georges Lapierre fonde le 8 juin 1933 le Centre laïque des auberges de jeunesse, dont il devient vice-président, après sa rupture avec Marc Sangnier, président de la Ligue française pour les auberges de jeunesse, présidée par ce dernier. Il n’acceptait pas la présence de catholiques au comité d’honneur de cette ligue, et entendait en exclure les associations qui présentaient un caractère confessionnel. Un essai de rapprochement eut encore lieu le 12 mars 1935, sous la présidence de Julien Luchaire, mais la scission fut alors consacrée entre les deux organisations.

Lapierre organise la Fédération nationale des œuvres laïques de vacances d’enfants et d’adolescents en 1938 (actuelle confédération La Jeunesse au plein air après avoir approuvé la création des Centres d’entraînement aux méthodes d’éducation active.

Les engagements internationaux de Lapierre

Particulièrement sensible à l’idée de coopération internationale pour la paix, il fonde en septembre de la même année, avec Louis Dumas, autre responsable national du SNI, la Fédération internationale des associations d’instituteurs (FIAI), dont l’idée lui revenait selon André Delmas et dont Lapierre définit ainsi le but : « Nous avons à prendre appui sur le sol résistant des traditions et des aspirations nationales pour nous élever à la compréhension des solidarités internationales » Secrétaire général adjoint de la FIAI de 1927 à juin 1940, présent à chaque congrès, Lapierre fait à celui de 1932 (Luxembourg) un rapport sur l’enseignement international de l’histoire. Il milite en effet pour l’élimination des textes de tendance belliciste dans les manuels scolaires.

Membre de la direction du Secrétariat professionnel international de l’enseignement (SPIE), Lapierre participe en 1934 au rapprochement de celui-ci, adhérent de la Fédération syndicale internationale avec l’Internationale des travailleurs de l’enseignement, proche de l’Internationale syndicale rouge, notamment lors de contacts noués au congrès d'Oxford de l'ITE (août 1935) dans une entrevue avec notamment Georges Cogniot.

En 1937, il est le commissaire général du congrès international de l’enseignement primaire et de l’éducation populaire, à Paris, salle de la Mutualité qui rassemble quatre mille instituteurs de quarante-cinq pays et se tient en parallèle avec l’exposition universelle de 1937.

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