Ce Jour-là

Georges Jacques Danton

Avocat, homme politique et révolutionnaire français

Anúncio

Georges Jacques Danton, dit aussi d'Anton, né le 26 octobre 1759 à Arcis-sur-Aube et mort guillotiné le 5 avril 1794 (16 germinal an II) à Paris, est un homme politique français de la Révolution française.

Avocat modeste et inconnu à la veille de la Révolution, Danton fait ses classes révolutionnaires à la tête des assemblées de son quartier et en particulier du district des Cordeliers, dont il devient un orateur réputé.

Élu second substitut du procureur de la Commune, puis entrée à la Convention nationale, entre la fin de 1791 et l’été 1792, Georges Danton passe d’une notoriété encore locale à un rôle politique de premier plan. La chute de la monarchie marque un tournant décisif. Nommé ministre de la Justice du Conseil exécutif provisoire, il devient l’une des figures majeures de la Révolution.

Acteur central de la crise de l’été 1792 face à l’invasion des armées coalisées, il participe à la mobilisation nationale et prononce le célèbre discours du 2 septembre appelant à l’audace. Fort de ses réseaux parisiens, il est élu le 20 septembre 1792 député de Paris à la Convention nationale. Son engagement progressif dans les rangs de la Montagne le rapproche des sphères dirigeantes sans lui garantir le pouvoir suprême, avant qu’il ne devienne en 1793 une figure centrale du Comité de salut public dans un contexte de crise majeure.

À l'instar de Robespierre, une légende s'est vite constituée autour de sa personne. Une polémique idéologique et politique entre historiens robespierristes et dantonistes s'est déchaînée et a culminé sous la IIIe République. Pour les premiers, Danton est un politicien sans scrupules, vénal, capable de trahir la Révolution ; pour les seconds, il est un ardent démocrate, un patriote indéfectible, un homme d’État généreux.

Origines familiales et formation

Georges Jacques Danton naît le 26 octobre 1759 à Arcis-sur-Aube, dans la province de Champagne. Il est baptisé le jour même en l'église Saint-Étienne d'Arcis-sur-Aube, son parrain étant Georges Camut, charpentier, et sa marraine Marie Papillon, fille du chirurgien Charles Papillon.

Issu de la petite bourgeoisie provinciale mêlant robe modeste et artisanat, Georges Jacques perd son père à l'âge de trois ans. Jacques Danton (1722-1762), avait exercé comme huissier de justice, avant d'acheter une charge de procureur au bailliage d'Arcis-sur-Aube. Sa mère, Marie-Madeleine, est la fille de Georges Camut, charpentier entrepreneur des ponts royaux. Seconde épouse de Jacques, dont la première femme, Marie-Jeanne Bestelot, était morte en 1753, un mois après la naissance de leur cinquième enfant, Marie-Madeleine lui donne sept enfants après leur mariage le 25 juin 1755, dont un posthume. Georges Jacques est le cinquième.

Leur mère se remarie le 24 juillet 1770 avec Jean Recordain, filateur de coton, dont elle aura quatre enfants, les trois premiers mourant en bas âge. Seul le quatrième, Jean Recordain, né le 2 novembre 1775, parvient à l'âge adulte.

Selon les récits d'Alexandre Rousselin et de Louis-Robert Béon, rapportés et amplifiés par les apologistes positivistes, l'enfant aurait été nourri par une vache faute de lait maternel. Un taureau échappé se serait précipité sur l'animal au moment de la tétée et l'aurait blessé à la lèvre supérieure d'un coup de corne. Plus tard, une lutte avec un taureau lui aurait écrasé le nez, une chute devant un troupeau de porcs l'aurait grièvement blessé, et il aurait contracté la variole. Ces récits furent repris et amplifiés par Robinet qui fit paraître en 1865 son Mémoire sur la vie privée de Danton en leur conférant une fausse apparence scientifique. Les fils du conventionnel avaient constitué dès 1846 un mémoire justificatif à l'usage des historiens, que relayèrent successivement l'universitaire Arsène Danton, homonyme éloigné du conventionnel, proche de Michelet, puis les compilateurs Villiaumé et Robinet. La légende dantonienne ne s'imposa dans le camp républicain et dans l'enseignement officiel qu'aux alentours de 1890, fruit de cette longue campagne familiale relayée par l'école positiviste.

Danton est scolarisé à partir d'octobre 1772 au petit séminaire de Troyes, dont les élèves suivent les cours au collège des Oratoriens. Sa nature indépendante s'accommodant mal de la discipline de l'internat, il entre au début de l'année 1774-1775 dans la pension laïque de Troyes dirigée par M. Richard, dont les élèves suivent également les cours à l'Oratoire. Il y poursuit ses études jusqu'en classe de rhétorique, sans que l'on sache avec certitude à quelle date il quitte Troyes. De 1775 à 1779, il échappe à ses biographes.

Carrière sous l'Ancien Régime (1780-1789) et mariage (1787)

En 1780, Danton quitte sa Champagne natale pour Paris, où il entre comme clerc chez Maître Vinot, procureur au Parlement installé sur l’île Saint-Louis. L’étude traite principalement de litiges civils opposant des familles de la noblesse. Soucieux d’obtenir les titres nécessaires à l’exercice de la profession d’avocat, il se rend à Reims en 1784 et suit, d’avril à septembre, les cours de la faculté de droit. Il y obtient ses grades avant d’être reçu avocat. Il regagne ensuite la capitale et ouvre une étude dans la rue des Mauvaises Paroles.

C’est au café du Parnasse, tenu par un limonadier à l’angle de la place de l’École et du quai du Louvre, qu’il rencontre Antoinette Gabrielle Charpentier, fille du propriétaire. Son père, François-Jérôme Charpentier, n'est non seulement limonadier mais aussi contrôleur des fermes. Il jouit d'une aisance confortable. Il avait lui-même amassé une fortune d'un peu plus de 100 000 livres au moment du mariage de sa fille.

En 1787, année de sa première consécration professionnelle, Danton fréquente occasionnellement la loge maçonnique des Neuf Sœurs, sans toutefois figurer parmi ses membres les plus éminents. Il acquiert surtout une charge d'avocat aux Conseils du roi, auprès de Maître Huet de Paisy, qui en fait l'un des 70 collègues privilégiés de Paris, pour la somme de 78 000 livres, ramenées à 66 000 livres net grâce à deux créances garanties par le vendeur. Pour couvrir les 56 000 livres exigées à la signature, il contracte plusieurs emprunts : 36 000 livres auprès de Françoise-Julie Duhauttoir, demeurant à Troyes, et 15 000 livres auprès de son futur beau-père François Jérôme Charpentier, propriétaire du café du Parnasse, avec le cautionnement de ses tantes maternelles Marie-Geneviève et Anne Camus, le reste provenant de prêteurs non identifiés. Le traité est signé le 29 mars 1787, tandis que le solde n'est réglé que le 3 décembre 1789. Le 12 juin 1787, il est officiellement nommé à cette charge après un oral réputé exigeant, lors duquel il disserte en latin sur La situation morale et politique du pays dans son rapport avec la justice.

Danton et Gabrielle se marient le 14 juin 1787 en l'église Saint-Germain-l'Auxerrois

Le couple s'installe au no 20 de la cour du Commerce, passage bordé de boutiques reliant la rue Saint-André-des-Arts à la rue de l'École-de-Médecine, dans un appartement de six pièces au premier étage. D’après l’État actuel de Paris de 1788, le cabinet de « M. d’Anton, avocat ès conseils » se trouve alors au no 1 de la cour du Commerce, dans un immeuble détruit en 1875 lors du percement du boulevard Saint-Germain. Il y emploie comme clerc et secrétaire deux amis, Jules Paré, son condisciple de Troyes, et François Louis Deforgues, qui tous deux devaient embrasser des carrières politiques sous la Révolution.

Le contrat de mariage du 9 juin 1787 montre que Danton ne possède alors qu’un patrimoine modeste, évalué à 12 000 livres en terres et maisons à Arcis-sur-Aube. La dot de Gabrielle (20 000 livres) sert immédiatement à rembourser les 15 000 livres avancées par son beau-père, si bien que la dette nette reste d'environ 53 000 livres.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Georges Jacques Danton | World in Stories