Georges Frêche, né le 9 juillet 1938 à Puylaurens (Tarn) et mort le 24 octobre 2010 à Montpellier (Hérault), est un historien du droit et homme politique français.
Agrégé des Facultés de droit, il était professeur honoraire d'histoire du droit à l'université Montpellier 1, après des enseignements de droit romain, d'histoire du droit et des idées politiques à l'UFR Droit et à l'UFR Sciences économiques.
Plusieurs fois député de l'Hérault et maire de Montpellier de 1977 à 2004, il y est connu pour ses réalisations urbaines et son dynamisme politique au niveau local. En France, ses déclarations controversées restent en mémoire. Il préside la communauté d'agglomération de Montpellier à partir de 2002 et le conseil régional de Languedoc-Roussillon à partir de 2004.
Il est le fils unique de l'officier Joseph Frêche (né en 1910 à Bethmale) et de Marie-Jeanne Commenges, enseignante et directrice d'école. Son père dirige au sein de la Résistance des maquis du Tarn à la tête des Corps Francs Pommiès et quitte l'armée en 1949 en refusant de combattre en Indochine.[réf. souhaitée] De deux unions, Georges Frêche est le père de cinq filles avec Geneviève Fauré, sa première épouse : Nathalie, Agnès, Catherine, puis, avec sa seconde épouse Claudine, de Julie et de Marion.
En 1958, il réussit le concours d'entrée d'HEC Paris, après être passé par le collège Stanislas et le lycée Saint-Louis. En parallèle, il suit des enseignements en sciences économiques et sociales à l'École pratique des hautes études (EPHE), des cours d'histoire à la Sorbonne et des cours de droit à Assas. À sa sortie d'HEC, il rejoint la Faculté de droit de Paris et l'Institut de géographie.
Il soutient une thèse de doctorat en histoire (1968), puis en droit (1969). Toujours en 1969, il est reçu 2e à l'agrégation d'histoire du droit.
Lors de ses études à la Faculté de droit de Paris, il milite contre la guerre d'Algérie[réf. nécessaire].
Le 13 février 1962, il fait partie d'un groupe qui tente d'occuper la Faculté. Ce groupe est passé à tabac dans la cour d'honneur de la faculté par les étudiants de la « Corpo de droit », partisans de l'OAS. Ramassés par la police du Ve arrondissement de Paris, nombre de ces étudiants de gauche, parmi lesquels Georges Frêche, se retrouvent quelques heures durant au commissariat du Ve. Son engagement anticolonialiste dure jusqu'à la fin de la guerre d'Algérie.
Il adhère alors à la Fédération des cercles marxistes-léninistes de France, organisation maoïste, en 1964, où il signe Georges Lierre ses articles pour L'Humanité nouvelle. Exclu à l'automne 1965 pour avoir voulu « fomenter une dissidence » contre l'appareil de la FCML, il rejoint un temps le Centre marxiste-léniniste de France issu du « groupe de Clichy », proche de Patrick Prado et Claude Beaulieu. Une fois nommé à la Faculté de Droit de Montpellier en 1969, il s'engage à la SFIO.
C'est à son arrivée à Montpellier pour enseigner à la Faculté de droit qu'il adhère à la SFIO, composée à Montpellier d'une unique section et de quelques adhérents.
Candidat, pour la première fois, à l'élection municipale de 1971 à Montpellier, il est à la tête d'une liste de rassemblement de gauche intitulée G.A.M. (Groupe d'action municipale) fermement opposé à la vocation commerciale du bâtiment Polygone. Cette liste est largement devancée par celle de droite du maire sortant, François Delmas. Ce dernier est élu dès le premier tour en mars 1971, à plus de 7000 voix de d'écart. George Frèche est néanmoins élu au conseil municipal en tant que membre de l'opposition dont il prend la tête jusqu'en 1977.
En mars 1973, Georges Frêche est candidat PS aux élections législatives dans la première circonscription de l'Hérault. Héritier d'une gauche colonialiste, il tente à cette époque de se rapprocher des milieux de l'ancienne Algérie française et rencontre à l'issue du premier tour le candidat battu du Front national, ancien membre de l'OAS, André Troise, qui, sans appeler officiellement à voter pour le socialiste, soutiendra officieusement Georges Frêche, victorieux au second tour.
Selon Jacques Molénat, cette attitude de Frêche avec les nostalgiques de l'Algérie française s'inscrit dans une politique globale envers les rapatriés dans une ville où la communauté Pieds-Noirs est l'une des plus importantes de France (25 000 personnes en 1977 dans la ville), notamment depuis la construction ex nihilo du quartier de La Paillade, initialement destiné à accueillir le flux des nouveaux arrivants par son prédécesseur à la mairie de Montpellier, François Delmas. La prise en compte de ce vote pied-noir serait l'un des éléments de ses victoires successives depuis 1973 et s'explique par un soutien aux associations liées aux pieds-noirs, la construction d'une Maison des rapatriés, le recrutement dans des emplois municipaux, un accès facilité aux logements, la création d'un musée de la France en Algérie, etc.
Ainsi, il prend sur sa liste aux municipales de 1977, Guy Montero, ancien officier de la Légion étrangère condamné pour appartenance à l'OAS, après lui avoir confié son service d'ordre pour ces élections. En 1982, il met en berne tous les drapeaux de la ville quand Claude Cheysson, ministre des Relations extérieures de François Mitterrand, vient s'incliner à Alger devant la tombe des « combattants du FLN ».
Élu maire en mars 1977 à la tête d'une liste d'Union de la gauche, avec pour objectif un développement de la ville de Montpellier, il engage celle-ci dans une série de grands travaux. Georges Frêche se targue souvent d'avoir fait exploser la population de la ville, citant par exemple un passage du vingt-cinquième au huitième rang national au cours de son mandat. Mais, en réalité, la plus forte croissance a lieu dans les années 1960, bien avant son premier mandat, à la suite de l'arrivée des Pieds-Noirs et d'IBM : ainsi en 1975, soit deux ans avant son premier mandat, Montpellier était déjà la treizième ville de France avec 191 000 habitants.
On peut citer notamment la création d'un nouveau quartier à la fin des années 1970 : Antigone, par l'architecte Ricardo Bofill, mais aussi de celui du Millénaire, une zone économique, à la fin des années 1980, qui vient prolonger le développement de la ville vers l'est ou encore au centre-ville l'édification du Corum (centre de congrès et opéra).
Les années 1990 voient se construire la piscine olympique, au sein du réseau des médiathèques la « centrale » Émile-Zola, la première ligne de tramway, implantation des UFR des sciences économiques et d'AES sur le campus de Richter (il échoue néanmoins à y faire venir la Faculté de droit qui préfère rester en centre-ville, ce projet, baptisé « Richter », provoquant de plus une forte polémique entre Georges Frêche et le président de l'université Montpellier 1).
Au cours des années 2000, les grands projets continuent : zone ludique et commerciale Odysseum, quartier Nouveau Saint-Roch, deuxième ligne de tramway, chantier du musée Fabre, nouvel hôtel de ville ainsi que le projet campus qui doit profondément remodeler les quartiers autour des universités des sciences et des lettres.