Ce Jour-là

Georges Dumézil

Philologue, historien des religions et comparatiste français

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Georges Dumézil, né le 4 mars 1898 à Paris 12e, et mort le 11 octobre 1986 dans le 5e arrondissement de la même ville, est un philologue, historien des religions et anthropologue français.

Son travail sur les sociétés et les religions indo-européennes, qui fait toujours l'objet de travaux d'approfondissement et de controverses, a ouvert de nouvelles perspectives à de nombreux chercheurs en sciences humaines.

Maîtrisant de nombreuses langues, il a procédé à un travail d'étude comparative des textes les plus anciens des mythologies et des religions des peuples indo-européens.

Georges Dumézil s'est aussi intéressé aux langues et récits traditionnels des peuples d'Asie centrale.

Son grand-père Pierre, né en 1821, artisan tonnelier à Bayon (Gironde), envoie au lycée son fils Jean Anatole Dumézil, qui se passionne pour les langues étrangères et le latin et devient général. Jean Dumézil transmet sa passion pour le latin à son fils, qui apprend également le grec ancien et l'allemand.

Scolarité primaire et secondaire

Georges Dumézil étudie dans différents lycées, suivant son père au gré de ses différentes affectations : Bourges, Briançon, Paris, Neufchâteau, Troyes, de nouveau Paris, Tarbes, et enfin Vincennes. Il effectue sa khâgne au lycée Louis-le-Grand, à Paris. Il rencontre alors le grand philologue Michel Bréal (mort en 1915), traducteur de l'œuvre de Franz Bopp, fondateur de la grammaire comparée et auteur d'ouvrages sur le vocabulaire des langues indo-européennes. Celui-ci le recommande à son successeur Antoine Meillet, un autre grand linguiste, et lui donne son dictionnaire sanskrit-français. Avant d'être reçu à l'École normale supérieure en 1916, Dumézil apprend l'arabe et le sanskrit.

En sortant du lycée, il connaît donc six langues, dont trois langues anciennes.

Georges Dumézil est reçu premier au concours d'admission à l'École normale supérieure en 1916. Ses études sont interrompues par sa mobilisation en tant qu'officier d'artillerie, de mars 1917 à février 1919. Lors de la session spéciale d'octobre, il est reçu 6e à l'agrégation de lettres. Il enseigne quelques mois à Beauvais puis, en janvier 1921, part comme lecteur de français à l'université de Varsovie, occasion pour lui d'apprendre le polonais et le russe.

En 1922, il rentre en France pour commencer ses thèses d'histoire des religions et de mythologie comparée, sous la direction d'Antoine Meillet, qu'il soutient en avril 1924. La première, intitulée Le Festin d'immortalité. Étude de mythologie comparée indo-européenne, porte sur la comparaison entre l'ambroisie et une boisson mythologique indienne au nom et aux caractéristiques similaires, l’amrtâ. Il ne se limite cependant pas à la comparaison de deux religions : il y intègre des éléments de nombreuses mythologies indo-européennes. On lui reproche alors de prendre trop de libertés avec les faits pour raconter une plus belle histoire[réf. nécessaire] ; c'est d'ailleurs une critique de son œuvre que certains font toujours[réf. nécessaire]. Dans sa thèse, en l'absence de boisson d'immortalité en Scandinavie, il promeut la bière à ce rang, ce qui est reconnu (par lui-même) comme une erreur[réf. nécessaire]. La seconde s'intitule Le Crime des Lemniennes. Rites et légendes du monde égéen.

De 1925 à 1931, il exerce en Turquie et enseigne l'histoire des religions à l'université d'Istanbul, créée par Atatürk, qui avait voulu la création de cette chaire d'histoire religieuse. Il y apprend le turc, voyage dans le Caucase et en Russie, et découvre notamment la langue et la mythologie ossètes, derniers descendants des Scythes. Il étudie également la langue des Oubykh, peuple caucasien vaincu par les Russes entre 1860 et 1870, et réfugié dans l'ouest de la Turquie, ainsi que le tcherkesse et l'abkhaze. Le fonds d'ouvrages qu'il rapporte de ces voyages est un des plus importants de caucasiologie en Occident (voir Bibliothèque interuniversitaire des langues orientales).

Georges Dumézil est marié et père de deux enfants : Anne-Perrine (1926-2024), astrophysicienne et épouse d'Hubert Curien, et Claude (1929-2013), psychanalyste.

De 1931 à 1933, il est lecteur de français à l’université d'Uppsala, en Suède. Il y parfait sa connaissance de la mythologie scandinave, et en profite pour apprendre une nouvelle langue. Ce passage à Uppsala aidera plus tard Michel Foucault, son protégé, à y être également nommé. Il quitte ce poste en 1933 et obtient, grâce à la protection de l’indianiste Sylvain Lévi, un poste de chargé de conférences en sciences religieuses. En 1933, il devient franc-maçon dans un atelier de la Grande Loge. Il est ensuite nommé « directeur d’étude comparative des religions des peuples indo-européens » à la Ve section de l’École pratique des hautes études. Il suit également des cours de sinologie donnés par Marcel Granet, rédige des articles nationalistes sous le pseudonyme de Georges Marcenay et fréquente Marcel Mauss. En 1938, il écrit Jupiter Mars Quirinus, où il élabore pour la première fois sa théorie des trois fonctions.

En 1941, il est expulsé de l’enseignement à l'École pratique des hautes études à cause de son appartenance à la franc-maçonnerie par l’administrateur vichyste de la Bibliothèque nationale Bernard Faÿ. Il bénéficie alors de la protection du père Dabosville, directeur de l’École Saint-Martin-de-France à Pontoise, qui le prend comme enseignant en latin et en grec. Il réintègre l’université l’année suivante après l’intervention de Jérôme Carcopino. Il collabore à la Nouvelle Revue Française sous la direction de Drieu la Rochelle pour de nombreux articles. En 1949, il est élu au Collège de France et commence à y enseigner en décembre de la même année, à la chaire des civilisations indo-européennes créée pour lui. Il affirme y avoir été élu grâce au soutien de Jules Bloch, Alfred Ernout, Lucien Febvre, Louis Robert ou encore Emile Benveniste, et malgré l’opposition farouche d’André Piganiol, d’Edmond Faral et d’André Mazon. Il y enseigne jusqu’en 1968.

Après-guerre, il voyage au Pérou et apprend le quechua à Cuzco. Mais de 1952 à 1972, il voyage surtout dans le Caucase pour y étudier les langues et les mythologies.

Il prend sa retraite en 1968 mais, pendant trois ans, il continue de donner des conférences aux États-Unis, aux universités de Princeton, Chicago et Los Angeles. Il entreprend alors un travail de compilation de son œuvre. Il publie ainsi les trois volumes de Mythe et Épopée en 1968, 1971 et 1973. En 1970, il est élu à l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Il entre à l'Académie française en 1978.

Il meurt le 11 octobre 1986, peu avant son épouse Madeleine, qui meurt en 1987.

Travaux de linguistique dans le domaine caucasien

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