Georges Cadoudal, né à Brec'h le 1er janvier 1771 et mort guillotiné le 25 juin 1804 à Paris, est un général chouan, commandant de l'Armée catholique et royale de Bretagne.
Fils de paysans aisés, charismatique et doué d'une force herculéenne, Cadoudal est d'abord partisan de la Révolution française. Il s'en détache en 1791, après la constitution civile du clergé, puis prend les armes contre elle en 1793 pour s'opposer au recrutement militaire de la levée en masse. À la suite de l'échec des rébellions paysannes en Bretagne, Cadoudal gagne la Vendée en juin. Capitaine dans les compagnies bretonnes sous les ordres de Bonchamps, il prend part aux batailles de la guerre de Vendée. Après la défaite des Vendéens à la deuxième bataille de Cholet et la mort de Bonchamps, il sert sous les ordres de Stofflet et participe à la Virée de Galerne. Il combat avec les Vendéens jusqu'à l'ultime bataille de Savenay.
De retour dans le Morbihan, Cadoudal prend le commandement des troupes de Chouans qui se forment dans le pays d'Auray. Il refuse de signer le traité de la Mabilais et de reconnaître la République. Colonel en 1795, il se distingue lors de l'expédition de Quiberon, après la débâcle de l'armée des émigrés, il parvient à sauver ses troupes des colonnes républicaines et est proclamé général par ses hommes.
Commandant en chef de l'armée catholique et royale du Morbihan, Cadoudal prend le contrôle de presque toutes les campagnes du département tandis que les Républicains ne conservent plus que les villes. Défenseur d'une chouannerie populaire, il s'oppose à son chef, Joseph de Puisaye et à la domination des officiers émigrés. Il signe la paix en 1796, puis reprend la guerre en 1798. Il renonce à prendre Vannes mais il s'empare de plusieurs petites villes à l'automne 1799, avant d'être tenu en échec à la bataille du pont du Loc'h.
Après avoir signé le traité de Beauregard, il refuse le grade de général dans l'armée républicaine et s'oppose au premier consul Napoléon Bonaparte. Fait lieutenant-général et commandant des troupes royales de Bretagne, il trouve refuge en Angleterre à la suite de l'attentat de la rue Saint-Nicaise à Paris en 1800 commis par deux de ses officiers. Cadoudal regagne Paris en 1804, il y organise un complot visant à capturer ou tuer le premier consul avec une troupe d'hommes armés tandis que le général Pichegru prendrait la tête du gouvernement et proclamerait Louis XVIII. La conspiration est déjouée par la police secrète de Pierre-Marie Desmarest sous les ordres de Claude-Ambroise Régnier et les conspirateurs sont arrêtés.
Jugé avec le général Moreau, Cadoudal est condamné à mort le 11 juin et guillotiné à Paris, place de l'Hôtel-de-Ville, le 25 juin 1804 avec onze autres royalistes. Sa famille est anoblie par Louis XVIII et il est fait maréchal de France à titre posthume.
Georges Cadoudal naît le 1er janvier 1771 au sein d'une famille de paysans aisés, à la ferme de Kerléano, alors hameau situé sur la commune de Brech, depuis lors rattaché à Auray. La ferme de Kerléano est agrandie et transformée en manoir au XIXe siècle. Il est le fils de Marie-Jeanne Le Bayon, « une des plus belles femmes du pays », (1750-1794) et de Louis Cadoudal (1735-1811), laboureur et champion de soule, dont il hérite la grande force physique.
La famille compte dix enfants dont cinq atteignent l'âge adulte : Georges, Julien (1775-1801), colonel dans l'armée vendéenne, Joseph (1784-1852), qui est anobli, dont postérité, Marie-Jeanne (1786-1858), et Louis (1790-1853), également anobli, dont postérité par lettre patente du roi Louis XVIII datée du 16 décembre 1815 avec pour blason « D'argent à la croix engrêlée de sable ».
Denis Cadoudal, frère de Louis, homme pieux du Tiers-Ordre de Saint François, vivait également au sein du foyer familial.
Assez tôt dans son enfance, Georges Cadoudal est envoyé au collège Saint-Yves de Vannes, dirigé par les prêtres du diocèse de Vannes (aujourd'hui le collège Jules Simon) qui sera une pépinière de chefs chouans. Dans ce collège, où sont envoyés les fils des paysans et marins aisés, l'enseignement comprend les études théologiques, le français, le latin et les mathématiques. À l'issue de ces études, la plupart des élèves se destinaient au séminaire ou au droit. Cadoudal est très bien considéré par ses condisciples durant ces années.
Il devient clerc de notaire chez Maître Glain à Auray (Morbihan), non sans avoir envisagé une carrière dans la marine ou le sacerdoce dans les ordres.
Dans un premier temps, Cadoudal et les collégiens de Vannes se montrent favorables à la Révolution française. Les 26 et 27 janvier 1789 voient se dérouler à Rennes une révolte des étudiants de Rennes contre la noblesse connue sous le nom de « journées des bricoles ». Jean-Victor Moreau, le meneur des étudiants rennais, appelle alors à l'aide les jeunes gens des villes de Bretagne. Les collégiens de Vannes répondent favorablement, envoient une lettre de soutien à Moreau, et forment une compagnie commandée par Cadoudal devant se rendre à Rennes. Cependant, cette compagnie ne quitte pas Vannes, Henri de Thiard de Bissy parvenant à négocier la fin des affrontements entre les deux ordres.
Cependant, l'engouement révolutionnaire de Cadoudal et de ses condisciples diminue fortement par la suite. La Constitution civile du clergé et les persécutions contre le Clergé réfractaire à partir de 1791 marquent la rupture avec la Révolution. Mais l'évènement qui met le feu aux poudres est la levée en masse et la conscription pour soutenir les guerres révolutionnaires. Les paysans du pays d'Auray se soulèvent en grand nombre en mars 1793 et Cadoudal se signale au combat de Mané-Corohan le 19 mars, perdu cependant pour les insurgés.
En juin 1793, Georges Cadoudal rejoint l'armée vendéenne à Chalonnes-sur-Loire, peu de temps après la bataille de Saumur. Il se place sous les ordres du général Charles de Bonchamps et sert au sein des compagnies bretonnes qui rassemblent les insurgés du nord de la Loire. Le 29 juin, les Vendéens attaquent Nantes afin de soulever la Bretagne. Cadoudal participe à la bataille de Nantes mais l'offensive échoue, les 30 000 Vendéens sont repoussés par 12 000 Républicains et le général en chef Jacques Cathelineau est mortellement blessé au cours du combat.
Pendant la suite de la guerre, Cadoudal prend part aux batailles livrées par la division de Bonchamps, la meilleure de l'armée vendéenne. Cadoudal reçoit le grade de capitaine de cavalerie et rencontre un aubergiste angevin de Château-Gontier, Pierre-Mathurin Mercier, avec qui il se lie d'amitié.
Mais finalement à la suite de l'arrivée de l'Armée de Mayence, les Républicains contre-attaquent et remportent le 16 octobre 1793 une victoire décisive lors de la deuxième bataille de Cholet. Maurice d'Elbée, le nouveau général en chef, est grièvement blessé et Charles de Bonchamps est tué au combat.
Le 18 octobre, Cadoudal participe à la prise d'Ancenis, où, selon le chef vendéen Jean-Aimé Soyer, il fut de ceux qui se firent remarquer « par leur extrême bravoure ».
Acculés sur la Loire, les Vendéens, désormais commandés par Henri de La Rochejaquelein, secondé par Jean-Nicolas Stofflet, n'ont d'autre choix que de traverser le fleuve au nombre de 20 000 à 30 000 soldats, accompagnés de dizaines de milliers de non-combattants, femmes et enfants. Leur dernier espoir est de soulever la Bretagne et le Maine et de prendre un port afin d'obtenir un débarquement de troupes britanniques et des régiments de l'Armée des émigrés. Le 22 octobre, après avoir pris Laval où ils reçoivent les renforts de milliers de Bretons et Mainiots, les Vendéens remportent une importante victoire à la bataille d'Entrammes, Château-Gontier est occupé par les forces royalistes, c'est sans doute à ce moment que Cadoudal rencontre sa future fiancée, Lucrèce Mercier, sœur de Pierre-Mathurin.