George Müller (nom de naissance allemand : Johann Georg Ferdinand Müller), né le 27 septembre 1805 à Kroppenstedt en principauté d'Halberstadt et mort le 10 mars 1898 à Bristol en Angleterre, est un évangéliste chrétien appartenant aux Assemblées de Frères (parfois appelées Plymouth Brethren ou darbystes), et directeur de l'orphelinat d'Ashley Down à Bristol.
George Müller est né à Kroppenstedt, un village près de Halberstadt dans le royaume de Prusse. En 1810, la famille Müller s'installe à proximité de Hadmersleben, le père de famille y ayant été nommé percepteur d'impôts. Au début de sa vie, George Müller n'est guère marqué par la morale chrétienne : à l'âge de 10 ans, il volait de l'argent à son père et donc, indirectement, au gouvernement et à 14 ans, il ne s'est pas préoccupé de sa mère mourante, préférant boire et jouer aux cartes avec ses amis.
Son père espérant lui donner une éducation qui lui permettrait d'obtenir un poste bien payé de pasteur de l'Église d'État, le jeune George Müller part donc étudier la théologie à l'Université de Halle. Là, il rencontre un autre étudiant (Beta) qui l'invite à une cellule de prière piétiste, où, bien accueilli, il commence à lire régulièrement la Bible et à discuter avec les autres participants aux réunions. Après avoir vu un homme prier Dieu à genoux, il est convaincu de son besoin personnel de salut. Dès son retour chez lui, il se met à genoux et prie. Il demande à Dieu de l'aider dans sa vie et de le bénir partout où il allait et de lui pardonner ses péchés. Il arrête immédiatement de boire, de voler et de mentir et développe le désir de devenir missionnaire. Il commence à prêcher régulièrement dans les églises alentour et continue de se réunir avec les autres églises.
En 1829, Müller approche la Société missionnaire de Londres pour travailler à la promotion du christianisme parmi les Juifs, mais il va finalement à Teignmouth et occupe un ministère pastoral à Teignmouth. Peu de temps après, il épouse Mary Groves. Durant son service de pasteur à l'église, partisan de reposer uniquement sur la foi, il refuse tout salaire régulier, estimant que cela pourrait conduire les membres d'église à donner par devoir et non plus par l'effet de leur libre volonté. Il élimine la pratique de la location de bancs d'église, faisant valoir que cela confère un prestige injuste aux riches.
Müller déménage à Bristol en 1832 et il fonde avec Henry Craik un groupe de prière dans le mouvement des Assemblées de Frères, qui est organisé en des sous-groupes selon les âges . En 1834, il fonde l'Institution des Connaissances Bibliques pour la Maison et à l'Étranger, dans le but d'aider les écoles chrétiennes et les missionnaires, la distribution de la Bible et tracts sur le christianisme, et fournir un fondement biblique aux écoles régulières, aux écoles du dimanche et aux écoles pour adultes. À la fin février 1835, il y a cinq écoles de jour - deux pour les garçons et trois pour les filles. Ne recevant pas le soutien du gouvernement mais uniquement les dons non sollicités, cette organisation reçoit et débourse 1 381 171 de livres Sterling - environ l'équivalent de 90 millions de livres Sterling aujourd'hui - au moment de la mort de Müller, principalement pour soutenir les orphelinats et de distribuer environ 285 407 bibles, 1 459 506 Nouveaux Testaments et 244 351 autres textes religieux, qui sont traduits dans une vingtaine d'autres langues. L'argent est également utilisé pour soutenir d'autres missionnaires dans le monde entier tel que Hudson Taylor.
Le travail de Müller et de son épouse avec des orphelins a commencé en 1836 avec la mise à disposition de leur propre maison du 6, rue Wilson à Bristol pour l'hébergement de trente filles. Peu de temps après, trois maisons supplémentaires dans la rue Wilson sont aménagées portant à 130 le nombre d'enfants pris en charge. En 1845, étant donné l'accroissement du nombre de ses pensionnaires, Müller décide qu'il est nécessaire d'obtenir un autre bâtiment pour y accueillir 300 enfants et en 1849, cette maison ouvre ses portes à Ashley Down à Bristol. L'architecte chargé de dessiner les plans demande à le faire gratuitement. En 26 mai 1870, 1 722 enfants sont hébergés dans cinq maisons, bien qu'il y ait de l'espace pour 2050 (Maison no 1 - 300, Maison no 2 - 400, Maison no 3 - 450). L'année suivante, il y a 280 orphelins dans la maison no 1, 356 dans la maison no 2, 450 dans la maison no 3, 4 et 309 dans la maison no 5.
De manière remarquable, George Müller n'a jamais fait de recherche de fonds, pas plus qu'il ne s'est endetté, bien que le coût de construction des cinq maisons se soit élevé à plus de 100 000 livres Sterling. Plusieurs fois, il reçoit des dons de nourriture non sollicités quelques heures seulement avant le repas des enfants, ce qui renforce sa foi en Dieu. Par exemple, lors d'une occasion (bien documentée), ils remercient Dieu pour le petit déjeuner quand tous les enfants sont assis à la table et bien qu'il n'y ait rien à manger dans la maison. À la fin de la prière, le boulanger frappe à la porte avec suffisamment de pains frais pour nourrir tout le monde.
Il demande à ses soutiens de lui communiquer nom et adresse afin qu'un reçu leur soit délivré. Chaque don est enregistré, que ce soit un centime, 3000 livres Sterling ou une vieille cuillère à café. Les reçus sont accompagnés d'une demande : qu'ils soient conservés jusqu'à ce que le prochain rapport d'activités annuel soit publié, afin que les bailleurs de fonds puissent confirmer les montant déclarés dans ce rapport. Les documents comptables ont été scrupuleusement conservés et rendus disponibles pour le contrôle.
Chaque matin après le petit déjeuner il y avait un temps de lecture biblique et de prière, et chaque enfant recevait une Bible à la sortie de l'orphelinat avec un coffret d'étain contenant deux vêtements de rechange. Les enfants étaient bien habillés et bien éduqués - Müller employa même un inspecteur d'école afin de maintenir un haut niveau d'études.
Selon sa propre autobiographie, il aurait, au cours de sa vie, pris en charge plus de 10 000 orphelins. Il s'est fait connaître pour avoir fourni une excellente éducation aux enfants confiés à sa garde, au point d'être accusé d'élever les pauvres au-dessus de leur situation naturelle dans la vie.
En 1875, à l'âge de 70 ans et après la mort de sa première femme en 1870 et son remariage avec Grace Susannah Sanger en 1871, Müller et Susannah commencent une période de 17 années de voyages missionnaires :
En général, George Müller paie toujours son hébergement au tarif normal grâce aux dons reçus pour son propre usage. Cependant, si quelqu'un offre de payer ses frais d'hôtel, Müller enregistre ce montant dans ses comptes.
Il parcourt plus de 200 000 miles, un accomplissement extraordinaire pour une époque où l'aviation n'existe pas. Ses compétences linguistiques lui permettent de prêcher en anglais, français et allemand, et ses sermons sont traduits dans les langues des pays visités où ces langues ne sont pas comprises. En 1892, il se retire en Angleterre, où il meurt le 10 mars 1898 à New Orphan House n° 3.
Étant l'un des fondateurs des Assemblées de Frères, George Müller influence la ligne théologique de ce mouvement, en le définissant comme chrétien seulement, avec comme axes majeurs :
l'importance de l'engagement personnel,
la volonté d'être réunis « autour du Seigneur », dans la simplicité, entre « frères » (dans une démarche originellement piétiste),
le sacerdoce universel sans nomination et spontané (absence de clergé et de liturgie),
l'autonomie des Églises locales dirigées souvent par des anciens (congrégationalisme).