George Lucas /d͡ʒɔːɹd͡ʒ lukəs/ est un réalisateur, producteur et scénariste américain né le 14 mai 1944 à Modesto en Californie.
Issu de l'école de cinéma de l'université de Californie du Sud à Los Angeles, il cofonde avec son ami Francis Ford Coppola le studio American Zoetrope puis crée sa propre société de production : Lucasfilm. Il commence sa carrière de réalisateur avec les films THX 1138 en 1971 et American Graffiti en 1973. Il connaît ensuite la consécration avec les deux premières trilogies cinématographiques Star Wars. Énorme succès au box-office, la saga galactique fait de lui un des cinéastes les plus reconnus et fortunés du cinéma américain mais aussi complique sa vie, notamment à cause de ses relations parfois difficiles avec certains fans.
Lucas est aussi le créateur et scénariste de la saga Indiana Jones, réalisée par son ami Steven Spielberg. Il produit également d’autres films comme Labyrinthe (1986) ou Willow (1988), et des séries télévisées comme Les Aventures du jeune Indiana Jones (1992-1996) ou Star Wars: The Clone Wars (2008-2014). En 2012, il vend sa société de production au groupe The Walt Disney Company et annonce qu'il prend officiellement sa retraite.
Il tire son inspiration des films à épisodes vus dans son enfance et des différentes mythologies. Il est également influencé par le cinéma expérimental. Il permet au monde du cinéma une grande évolution technologique, surtout au niveau du son, du montage, de l’animation par ordinateur et des effets spéciaux. Marié deux fois et père de quatre enfants, il est également philanthrope. Il investit sa fortune dans l’éducation et l’art.
George Walton Lucas, Jr. naît le 14 mai 1944 à Modesto, en Californie, où ses parents Dorothy Ellinore Bomberger et George Walton Lucas Senior tiennent une papeterie. Il a trois sœurs prénommées Ann, Kathleen et Wendy. Son père, un lointain cousin de l'acteur Marlon Brando, l'élève avec rigueur, la famille étant luthérienne. C'est un enfant petit pour son âge, d'apparence fragile, et victime de harcèlement scolaire.
Durant sa jeunesse, comme de nombreux jeunes Américains de cette époque, il lit des pulps magazines et des comics. Parmi ceux qui le marquent durablement, il y a les séries d'horreur et de science-fiction d'EC Comics, et les séries de super-héros de Marvel comme les Quatre Fantastiques de Jack Kirby.
Il se passionne également pour les films à épisodes et de série B comme Flash Gordon et Buck Rogers, ainsi que les nouvelles d'Edgar Rice Burroughs, la bande dessinée de fantasy arthurienne Prince Vaillant, les fictions radiophoniques, les westerns, les motos, les voitures et le rock 'n' roll.
Fanatique de courses automobiles, il passe son permis dès l'âge de seize ans et se rêve pilote professionnel. Mais le 12 juin 1962, à l'âge de dix-huit ans, il a un terrible accident de voiture au volant de son Autobianchi Bianchina. Sa voiture se retourne mais, miraculeusement, sa ceinture cède au même moment et il est éjecté avant que la tôle de l'engin ne l’écrase contre la route. Il reste malgré tout deux semaines en soins intensifs. Transformé par cette expérience, il met fin à ses ambitions de devenir pilote.
George Lucas commence assez tard à aller au cinéma, peu avant d'aller à l'université. En effet, son éducation à l'image venait jusqu'alors principalement de la télévision. Il s’intéresse notamment au cinéma expérimental américain et découvre également le cinéma européen à travers des films comme À bout de souffle (1960) de Jean-Luc Godard, Jules et Jim (1962) de François Truffaut et Huit et demi (1963) de Federico Fellini.
Malgré la forte opposition de son père qui souhaite le voir reprendre le commerce familial, George Lucas intègre l'école de cinéma de l'université de Californie du Sud à Los Angeles. Il y réalise plusieurs courts métrages. En 1965, pour un cours sur l'animation, il produit Look at Life, un montage d'une minute de plusieurs photos emblématiques du début des années 1960. Lors de l'année 1966, il réalise Herbie, un court expérimental de seize minutes sans histoire ni acteur avec en fond sonore un morceau de jazz d'Herbie Hancock, et Freiheit, l'histoire d'un jeune étudiant allemand qui tente de traverser le rideau de fer. Toujours en 1966, il tourne 1:42.08, un court métrage qui met en scène une Lotus 23 sur un circuit automobile de Los Angeles. Lors des prises de vue, il rencontre le réalisateur Haskell Wexler et se lie d'amitié avec lui.
En 1967, il réalise le court métrage dystopique Electronic Labyrinth: THX 1138 4EB en hommage à l'un de ses films favoris, 21-87 d'Arthur Lipsett. Comme l'université de Californie du Sud a un contrat avec le service cinéma de la Marine des États-Unis, c'est cette dernière qui finance le court. En échange, George Lucas donne des cours aux cinéastes de la marine. Il tourne en particulier sur un parking de l'Université de Californie, à l'aéroport international de Los Angeles et à l'aéroport de Van Nuys. Le film est achevé chez l'une des professeurs de Lucas, la monteuse Verna Fields, après douze semaines de travail. Impressionné par ce court, l'aspirant cinéaste Steven Spielberg se présente à Lucas pour le féliciter.
Lucas réalise ensuite The Emperor, un documentaire de vingt minutes sur l'animateur de radio Bob Hudson, puis Anyone Lived in a Pretty How Town, adaptation du poème homonyme d'E. E. Cummings et 6-18-67, un documentaire sur le tournage en Arizona du film L'Or de MacKenna de J. Lee Thompson, un western au budget confortable. Lucas juge « ridicule » l'opulence de ce film. Il est même choqué par la lourdeur du tournage alors que lui et ses condisciples tournent des films « à 300 dollars ». Plusieurs étudiants de son université ont en effet été envoyés sur ce tournage pour y réaliser des films. Les autres étudiants du groupe réalisent des films assez classiques sur le tournage. Lucas, lui, préfère profiter du décor naturel pour réaliser une variation sur la beauté du désert sans rapport direct avec le film.
En janvier 1968, son court Electronic Labyrinth est projeté lors de la troisième édition du festival du film étudiant tenu au Lincoln Center à New York. Il y remporte le premier prix dans la catégorie des films dramatiques. Le film lui permet également d'obtenir un stage de six mois aux studios Warner Bros. à Burbank. Il y est affecté sur le tournage de La Vallée du bonheur, le troisième long métrage de Francis Ford Coppola. Sur le plateau il se lie rapidement d'amitié avec le réalisateur. Coppola autorise même Lucas à devenir son assistant le temps du tournage, à condition qu'il trouve « une bonne idée par jour ». Toujours en 1968, Francis Ford Coppola lui confie la réalisation de Filmmaker, un documentaire sur la production du film Les Gens de la pluie.
La forte amitié, presque fraternelle, entre Francis Ford Coppola et George Lucas est déterminante dans la vie de ce dernier : en effet Coppola croit beaucoup dans les capacités de Lucas et va tout tenter pour lui donner confiance en lui, particulièrement en le poussant à écrire ses propres scénarios. Leurs personnalités sont pourtant aussi éloignées qu'ils sont physiquement différents, George Lucas allant jusqu'à dire « Ma vie n'est qu'une sorte de réaction à la vie de Francis, je suis son antithèse ». George Lucas est aussi introverti, frêle, prudent, « maniaque du contrôle » que Coppola est extraverti, grand, audacieux et aime déléguer.
En mai 1969, pour obtenir une certaine indépendance envers Warner Bros., Coppola et Lucas fondent à San Francisco leur propre société de production : American Zoetrope. Lucas en est nommé vice-président exécutif. Néanmoins il semble que les visions de George Lucas et de Francis Ford Coppola divergent dès le départ concernant cette société, Lucas la voyant comme un moyen de retrouver l'ambiance et l'univers de travail amical qu'il a connus à l'université, Coppola tendant plutôt à en faire une major alternative. Pour sa première production la société prévoit l'adaptation du court Electronic Labyrinth en un long métrage ayant pour titre THX 1138. Warner Bros. accepte de coproduire le projet et prête trois cent mille dollars à la jeune société.