Ce Jour-là

George Gordon (Lord George Gordon)

Politicien britannique

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George Gordon, appelé communément Lord George Gordon ou Lord George Riot (26 décembre 1751 – 1er novembre 1793), troisième et plus jeune fils de Cosmo George Gordon, 3e duc de Gordon, fut un homme politique excentrique et contestataire du Royaume-Uni avant de se convertir au judaïsme et mourir en prison.

George Gordon est né à Upper Grosvenor street à Londres dans une famille de vieille noblesse écossaise. Son parrain est le roi George II. Peu de temps après sa naissance, son père, Cosmo Gordon, meurt et le jeune Gordon est envoyé en Écosse dans une des propriétés familiales. Sa mère, Katharine, se remarie peu après avec un jeune Américain, officier dans l’armée britannique, de 17 ans son cadet. Elle aura alors peu de temps à consacrer à ses six enfants qu’elle a eus du duc et qui seront relativement délaissés.

Le jeune Gordon effectue ses études à Eton, étudie la littérature, puis, les ayant terminées, entre d'abord dans l'armée pour la quitter et s'engager en 1763 dans la Royal Navy à l'âge de 12 ans, où il monte en grade jusqu'au rang de lieutenant de vaisseau en mars 1772.

Comme il se plaît à relever les mauvaises conditions de vie de ses marins - ce qui le rend populaire auprès d'eux, ses collègues officiers se méfient de lui. Quand il navigue jusqu'aux Indes occidentales, il discute avec le gouverneur de Jamaïque en relevant le traitement cruel que subissent les Noirs de l'île, en dénonçant l'esclavage en général.

Lord Sandwich, alors à la tête de l'Amirauté, lui refuse le commandement d'un navire, et Gordon décide alors de démissionner juste avant le commencement de la Guerre d'indépendance des États-Unis. Il se rend alors en Écosse.

En 1774, le bourg pourri (circonscription) de Ludgershall est acheté pour lui par le général Simon Fraser, dont il était l'adversaire pour le poste de député (Member of Parliament) de l'Inverness-shire, afin de le soudoyer pour qu'il ne lui dispute pas le comté.

Gordon est considéré comme versatile et comme quelqu'un de peu d'importance. Au Parlement, il est cependant un des plus actifs adversaires de l’engagement de l’Angleterre contre la nouvelle nation américaine. En 1778, il prononce plusieurs discours, « tous extravagants, incohérents et hors de propos, mais traversés par des éclairs d'une véritable habileté à débattre ».

Au cours de l'année 1779, il se rend en Écosse où il est salué avec enthousiasme par les diverses associations protestantes qui s'étaient formées pour s'opposer au projet de loi du parlementaire britannique Sir George Savile, du 14 mai 1778, visant à libérer les catholiques romains de certaines peines, bien que ce soit la cause immédiate de l'agitation anti-catholique qui s'ensuit. « À partir de ce moment, des tendances alarmantes commencèrent à se manifester dans ses propos parlementaires. En mai 1779, il déclara à la Chambre que les Écossais étaient mûrs pour la rébellion... Dans le débat sur le discours du roi, le 25 novembre 1779, il se vante d'en avoir « cent vingt mille derrière lui » : les Écossais, déclare-t-il, « sont convaincus en eux-mêmes que le roi est un papiste » ».

Malgré sa haine des catholiques, il exprime sa forte opposition à la peine de mort. Ses discours décousus et ses interruptions dans le débat sont désormais fréquentes.

Au Parlement, il critique vivement la politique coloniale du gouvernement à l'égard de l'Amérique et devient un partisan de l'indépendance américaine en se prononçant souvent en faveur des colonies. Ses chances de poursuivre sa vie politique au Parlement sont compromises par son incohérence et sa tendance à critiquer toutes les principales factions politiques.

Par ses actions il est à l'origine des émeutes anti-catholiques, provoquant des dégâts très importants, qui se sont produites du 2 au 10 juin 1780 à Londres, dites « Gordon Riots » (ou en français à l'époque « sédition de Londres »).

À la fin de l'année 1782, il visite Paris et est reçu par la reine Marie-Antoinette. Il rentre en Angleterre, grandement impressionné par le « mal » et le « vice » qu'il a trouvés en France, et bien décidé à combattre l'influence jésuite considérée par lui comme un fléau sévissant dans ce pays et ailleurs.

En mai 1786, il est excommunié par l'archevêque de Cantorbéry pour avoir refusé de témoigner dans un procès ecclésiastique ; sa réponse moqueuse est : « M'expulser d'une société à laquelle je n'ai jamais appartenu est une absurdité digne d'un archevêque ».

En juin 1787, il est accusé de diffamation envers la reine de France Marie-Antoinette, l'ambassadeur de France Jean-Balthazar d'Adhémar (pour ses allégations en faveur du faux mage Cagliostro avec lequel il s'était lié) et l'administration judiciaire anglaise. Il est cependant autorisé à quitter le tribunal sans caution et en profite pour s'enfuir aux Pays-Bas, à Amsterdam, où il est logé dans la maison de Moses op den Berg, et où il complote contre l'empereur Joseph II d'Autriche. À la demande des représentants de la cour de Versailles, il est prié de quitter le pays et retourne en Angleterre, à Birmingham, en juillet 1787, où il commence à vivre discrètement comme un juif.

Il est ensuite appréhendé et logé à la prison de Newgate. Pour ses deux pamphlets (dont The Prisoner's Petition to the Right Hon. Lord George Gordon, to preserve their lives and liberties, and prevent their Banishment to Botany Bay de 1786), il est condamné en janvier 1788 à cinq ans d'emprisonnement à Newgate dans de dures conditions, et à une amende de cinq cents livres. En plus, il doit présenter une garantie de 10 000 livres pour garantir de sa bonne conduite pendant 14 ans, et deux cautions de 2 500 livres chacune.

La même année, il est nommé à la City de Londres mais décline l'invitation pour réserver ses forces à d'autres combats.

Avant son séjour à Paris en 1782, lord Gordon est déjà initié à « l'Alliance d'Abraham » (circoncision rituelle). Le Jewish Chronicle indique que Gordon est instruit en tant que prosélyte par Aaron Barnett de la synagogue de Hambro à Londres, où le duc sera appelé à « monter à la Torah ». Le livre des minutes de cette synagogue indique également une entrée (non datée) relative à lord George Gordon.

Selon Charles Dickens dans son Barnaby Rudge, lord George a commencé à s'intéresser au judaïsme à partir des émeutes de juin 1780.

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