Ce Jour-là

George Gershwin

Compositeur et chef d'orchestre américain (1898-1937)

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George Gershwin, pseudonyme de Jacob Gershowitz, est un compositeur et chef d'orchestre américain, né le 26 septembre 1898 à Brooklyn (New York) et mort le 11 juillet 1937 à Los Angeles (Californie).

Né à New York dans une famille juive prolétarienne originaire de Saint-Pétersbourg, George Gershwin fait ses débuts comme pianiste d'orchestre à Broadway. Son frère, Israël dit « Ira », parolier, écrit la plupart des textes de ses chansons que s'arrachent bientôt Al Jolson, Fred Astaire, Ginger Rogers ou le producteur Florenz Ziegfeld. Créateur du jazz symphonique, il fait triompher ses comédies musicales. En 1924, il compose Rhapsody in Blue. À New York, le 7 mars 1928, il rencontre Maurice Ravel. À Vienne, il se lie d'amitié avec Alban Berg. Véritable star, côtoyant des femmes célèbres de son époque (Paulette Goddard, Simone Simon), ami d'Arnold Schönberg, il s'installe à Hollywood pour composer des partitions cinématographiques ou des chansons populaires. Bon nombre de ses œuvres sont devenues de grands standards de jazz grâce notamment à Ella Fitzgerald, Louis Armstrong, Herbie Hancock et de nombreux autres chanteurs ou acteurs. Il meurt à 38 ans d'une tumeur cérébrale.

Futur père de George et Ira Gershwin, Moïshe (Morris) Gershowitz quitta en 1890 Saint-Petersbourg, dans la Russie tsariste, pour retrouver aux États-Unis une autre fille d'émigrés russes, Rosa Bruskin, préférant, comme de nombreux Juifs, s'exiler plutôt que de courir le risque de devenir victimes des pogroms et des ghettos urbains mis en place par le régime du tsar Alexandre III.

C'est ainsi que naissent leurs quatre enfants à Brooklyn, quartier de New York : Israël dit Ira (1896-1983), Jacob dit George, Arthur (1900-1981) et Frances (1906-1999), leur seule fille. C'est George qui adopta le nom « Gershwin » une fois adulte, américanisation qui fut imitée par le reste de sa famille.

L'enfance de George Gershwin fut marquée par les nombreux déménagements de sa famille à l'intérieur de la ville de New York, ainsi que par des innombrables escapades avec ses amis du voisinage. Il débordait d'énergie, abhorrait l'école, et n'était pas du tout enclin à l'étude. Avant 1910, quand les Gershwin acquirent leur premier piano — destiné a priori à son frère aîné, Ira —, son seul contact avec la musique classique lui venait de son ami Max Rosen, futur violoniste de renommée internationale. « Son véritable clavier, c'était les trottoirs — et, encore plus, les rues — de New York… »

Mais, dès qu'il s'assit devant l'instrument, George joua avec tant de facilité et de talent que ses parents lui payèrent des leçons de piano. Il étudia avec différents professeurs de son quartier pendant deux ans, avant de faire la connaissance en 1912 de Charles Hambitzer (en), qui devint son mentor jusqu'à sa mort en 1918. Hambitzer enseigna à George les techniques du piano traditionnel, lui présentant les œuvres des grands compositeurs européens et l'encourageant à assister au plus grand nombre de concerts qu'il pût. George, en retour, fut un étudiant enthousiaste, et Hambitzer disait de lui : « J'ai un étudiant qui laissera sa marque en musique […] Ce garçon est un génie, il n'y a aucun doute. » En même temps, George suivit des cours de théorie et d'harmonie avec Edward Kilenyi, un professeur réputé et ancien élève du compositeur Pietro Mascagni.

C'est en 1914, à l'âge de 16 ans, que sa carrière future se dessina : il fut embauché par Jerome H. Remick and Co., une manufacture de partitions musicales, comme interprète et vendeur de chansons. Il avait à présent sa place dans un cubicule du Tin Pan Alley, pour un généreux salaire de quinze dollars par semaine. Cette décision impliquait qu'il quittât l'école de commerce qu'il fréquentait sur l'insistance de sa mère. Malgré des conditions de travail désagréables, cet emploi lui accordait une certaine liberté d'interprétation, ainsi que l'occasion d'améliorer sa technique au piano, mais elle ne lui permettait pas de jouer ses propres compositions. Entre-temps, il produisait des rouleaux (rolls films) pour pianos mécaniques (rouleau de piano pneumatique) aux Perfection Studios ; c'est en 1916 que sa première chanson (When you want 'em, you can't get 'em, when you've got 'em, you don't want 'em) fut publiée par la Harry von Tilzer Company, et en 1917 qu'il publia sa première pièce pour piano, Rialto Ripples.

Cependant, quand il tenta de soumettre une de ses propres chansons chez Remick's, on lui dit : « Ici, tu es un pianiste, pas un compositeur. Nous avons assez de compositeurs à notre disposition. »

Après y avoir travaillé trois ans, il quitta Remick's pour devenir accompagnateur aux spectacles de vaudeville de Fox's City Theater. Lorsqu'une production nécessitait une chanson de plus, Gershwin avait l'occasion de proposer ses propres œuvres ; en demeurant anonyme, il ne risquait pas sa réputation. De plus, il put y rencontrer d'excellents compositeurs, tels que Jerome Kern et Victor Herbert. C'est grâce à ses nouvelles relations dans le monde musical qu'il obtint le poste de compositeur dans la maison de publication T. B. Harms Co. Son patron, Max Dreyfus, lui offrait une prime de 50 USD, ainsi que trois sous par copie vendue, pour chacune de ses chansons. Après l'échec de quelques-unes de celles-ci, le musical Good Morning, Judge, qui incluait sa chanson I Was So Young, You Were So Beautiful eut un véritable succès en 1919. La, La, Lucille fut le premier musical, dont il composa la partition entière, en 1919, mais ce fut la chanson Swanee, reprise plus tard dans la même année par Al Jolson, qui donna à sa carrière une envergure internationale.

Dès que son nom se fit connaître à New York, les demandes pour ses compositions se multiplièrent. George avait réalisé que c'était dans cette direction que se poursuivrait sa carrière, plutôt que vers celle de pianiste de concert. Il jouait cependant avec grand talent et charisme car son emploi chez Remick's lui avait appris à improviser et à transposer instantanément. Après le décès de Hambitzer en 1918, il prit quelques leçons avec Rubin Goldmark, tout en poursuivant ses cours de théorie avec Kilenyi. Dans les soirées, il s'asseyait inévitablement au piano, entouré de plusieurs jolies femmes. Par ailleurs, son frère Ira se révéla particulièrement doué pour trouver des paroles s'alliant aux chansons de son frère. Ainsi débuta une solide et harmonieuse collaboration entre les deux hommes qui dura jusqu'à la mort de George.

Entre-temps, la musique de Gershwin se répandait au-delà des frontières. En 1923, il fut invité à Londres pour y composer et présenter une revue, appelée The Rainbow. Lui ainsi que sa musique y furent accueillis chaleureusement et, après une première visite de la ville de Paris, il retourna à New York. Là, il fut engagé par la mezzo-soprano canadienne Éva Gauthier pour l'accompagner dans la deuxième moitié de son concert au prestigieux Aeolian Hall, dans un répertoire de chansons populaires américaines, à l'automne 1923. Le programme, quoique très inhabituel, fut fort apprécié par la foule qui le reçut avec tant d'enthousiasme que le concert fut renouvelé l'année suivante. Enfin, Gershwin goûtait les joies d'un public connaisseur auquel il pouvait faire entendre sa musique.

Le tournant suivant de sa carrière arriva peu de temps après, en janvier 1924. Paul Whiteman, un directeur musical que George avait rencontré à l'occasion de la revue George White's Scandals 1922, annonça dans le journal un concert intitulé What is American Music ?, ainsi que la mise au point d'un concerto jazz par George pour l'occasion. Lui qui n'avait suggéré cette idée que brièvement à Whiteman, deux ans auparavant, se trouva fort dépourvu : il n'avait pas encore entrepris la composition de cette œuvre, alors que le concert avait lieu cinq semaines plus tard et il ignorait ce qu'était un concerto. Après s'être excusé, Whiteman réussit à convaincre George qu'il pouvait la réaliser. C'est donc le 12 février 1924 que fut présenté sa Rhapsody in Blue sur la scène du Aeolian Hall, avec George interprétant les solos du piano. L'œuvre connut un succès monstre, ébahissant le public, et recevant les louanges presque unanimes des critiques qui y assistèrent. Par la suite, Whiteman mena une tournée de ce concert à travers les États-Unis, mais George dut s'esquiver après la prestation à Saint-Louis. Il devait reprendre ses nombreux autres engagements, notamment la composition des chansons pour la revue anglaise Primrose.

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