George Foreman, né le 10 janvier 1949 à Marshall (Texas) et mort le 21 mars 2025 à Houston (Texas), est un boxeur américain.
Boxant dans la catégorie poids lourds, George Foreman est notamment champion olympique en 1968 et champion du monde professionnel de la World Boxing Association (WBA) et de la World Boxing Council (WBC) de 1973 à 1974, avant de perdre son titre contre Mohamed Ali lors d'un célèbre combat organisé à Kinshasa, au Zaïre. Il redevient champion du monde de l'International Boxing Federation (IBF) et de la WBA, de 1994 à 1995, et est alors le champion du monde poids lourds le plus âgé. Membre de l'International Boxing Hall of Fame (IBHOF), il est considéré comme un des plus puissants punchers de l'histoire.
George Edward Foreman a une enfance difficile dans le ghetto de Houston, au Texas, renvoyé de son école à l'âge de 15 ans. S’intéressant d'abord au Football américain, il se tourne finalement vers la boxe. Son premier combat amateur a lieu le 26 janvier 1967, il gagne les gants d'or de San Francisco le mois suivant. En mars 1968, il devient champion national, et le 21 septembre 1968, bat Otis Evans pour la sélection aux jeux olympiques de Mexico.
Dans la catégorie des lourds, il bat Ionas Chepulis en finale, arrêté par l'arbitre au 2e round, et remporte la médaille d'or. Juste après sa victoire, il reste sur le ring et brandit un petit drapeau américain. Quelques jours après l'émoi médiatique suscité par le geste des sprinteurs Tommie Smith et John Carlos qui, médaillés d'or et de bronze, brandissaient leur poing en l'air sur le podium la tête basse en signe de protestation contre la ségrégation aux États-Unis, celui de George Foreman est mal interprété. Le boxeur recevra de nombreuses critiques.
Il commence sa carrière professionnelle l'année suivante. Entrainé par Dick Sadler et l'ancien champion des mi-lourds Archie Moore, Foreman se fait vite une réputation. Il fait ses débuts pros à 20 ans, le 23 juin 1969. Il combat 13 fois cette année là, principalement à New York et à Houston, son fief. Remportant tous ses combats, dont 11 avant la limite. Le 31 octobre, l’expérimenté Roberto Davila sera son premier adversaire à tenir jusqu'à la fin du combat, programmé en 8 reprises .
En 1970, il continue sa progression avec 12 victoires dont 11 KO. Il affronte une première fois Gregorio Peralta qui sera le seul à tenir 10 rounds sans aller au tapis.
Le 4 août, il combat George Chuvalo, boxeur réputé pour ses aptitudes à encaisser les coups, n'ayant jamais été mis KO, et qui avait résisté 15 rounds face à Ali. Au 3e round, Foreman le pilonne de coups, Chuvalo sans défense, son entraineur finit par l'arrêter. Foreman remporte sa 22e victoire. Le 18 novembre, il combat un autre espoir de la catégorie comptant 22 victoires pour une défaite, Boone Kirkman. Foreman envoie ce dernier à terre d'une droite au début du 2e round, et l'y renvoie pour le compte quelques instants plus tard.
Après plusieurs victoires, toutes par KO, il rencontre une seconde fois Gregorio Peralta en Californie le 10 mai 1971, pour le titre nord-américain NABF. Pour la première fois, un de ses combats est programmé pour 15 reprises, mais Foreman prend les commandes du combat : Il coupe Peralta dans le 3e round, le met en difficulté dans le 7e, et dans la 10e reprise, Peralta est compté debout par l'arbitre, puis arrêté.
Foreman fait ensuite une tournée à travers le Texas dont il est devenu le meilleur boxeur. À la fin de l'année 1971, il est classé challenger no 1 pour le titre mondial par les instances de la boxe. Il lui faudra pourtant patienter un an avant de rencontrer le champion du monde. En attendant ce combat, il affronte 5 adversaires en 1972 qu'il bat tous en 2 rounds, y compris le champion d'Argentine Miguel Angel Paez : personne ne résiste alors à son extraordinaire force de frappe. De mars 1970 à octobre 1972, il a enchainé 21 KO.
George Foreman compte désormais 37 victoires, dont 34 par KO.
Le 22 janvier 1973 à Kingston en Jamaïque, il se retrouve face au champion du monde invaincu Joe Frazier encore auréolé de sa fameuse victoire contre Mohamed Ali en 1971, qui défend son titre pour la 5e fois. Foreman craint son adversaire et dès les premiers instants, il comprend que le crochet gauche du champion peut le vaincre à tout moment. Foreman fait alors tout pour mettre son adversaire KO le plus rapidement possible et pour le tenir à distance. Il le pousse avec ses deux bras, et grâce à son allonge supérieure, de nombreux crochets atteignent leur cible. Il envoie ainsi « Smoking Joe » au sol à trois reprises dès le 1er round.
Frazier est sauvé par le gong et peut récupérer. Il reprend le combat imperturbable mais Foreman lui assène de nouveaux uppercuts dévastateurs. L'un d'entre eux l'envoie à nouveau au sol. Il se relève difficilement en titubant et tournant le dos au challenger qui, d'un coup derrière la tête, le renvoie une cinquième fois au tapis. Frazier ne veut pas renoncer mais un nouveau crochet du droit le fait décoller du sol et l'envoie à terre une sixième et dernière fois. Joe Frazier, la bouche en sang, se redresse mais l'arbitre met fin au combat, Foreman est champion du monde, il s'agit de sa plus célèbre victoire. La rencontre est nommée combat de l'année Ring Magazine 1973.
Le nouveau champion remet son titre en jeu le 1er septembre 1973 à Tokyo, pour le premier championnat du monde des lourds organisé au Japon, contre José Roman qu'il bat facilement l'envoyant lui aussi à 3 reprises au sol dès le 1er round, mais Roman contrairement à Frazier ne se relève pas. Après 2 minutes, ce championnat du monde est à l'époque le plus rapide de l'histoire des lourds.
Le 25 mars 1974 à Caracas au Venezuela, Foreman affronte un adversaire plus sérieux : Ken Norton, le challenger no 1. Le premier round est peu actif et Norton, très prudent, tourne autour de Foreman sans prendre de risque. Au round suivant, le combat prend une autre tournure. Norton subit les enchaînements dévastateurs du champion qui a compris qu'en laissant durer le combat, il risquait de se faire battre à l'usure. Norton tombe à la renverse dans les cordes et l'arbitre le compte. Il se relève et recule. Foreman le poursuit pour le renvoyer contre les cordes et les genoux au sol. L'arbitre est surpris et commet l'erreur de ne pas compter Norton. Foreman l'achève d'un uppercut, le challenger se relève avec difficulté mais son entraîneur jette l'éponge. Avec ce combat, Foreman atteint son apogée, ayant enchainé 40 victoires dont 37 par KO. Comme Joe Louis ou Rocky Marciano, il aurait pu avoir un règne long jalonné de nombreuses victoires, mais Mohamed Ali croisa sa route.
Le nouveau promoteur Don King organise un championnat du monde entre Foreman et Mohamed Ali dans l’actuel stade Tata-Raphaël (appelé « Stade du 20 mai » à l’époque) à Kinshasa, au Zaïre. The Rumble in the Jungle (en français : Le combat dans la jungle) est le premier championnat du monde à être organisé en Afrique. Mobutu Sese Seko, le président de la République du Zaïre, offre 5 millions de dollars à chacun des deux adversaires. Ali, qui contrairement à Foreman a toujours soutenu la cause des noirs, devient vite le favori de la population zaïroise. Foreman, considéré comme une brute et plus distant avec les médias (tout le contraire de son adversaire), souffre de son manque de popularité et d'être relégué dans le rôle du « méchant » alors qu'il détient le titre.
Ali doit ses deux seules défaites à Frazier et à Norton (l'un l'a envoyé au sol, l'autre lui a cassé la mâchoire, les deux ont emporté aux points les combats allant à leur terme) et s'il a réussi à prendre sa revanche, ce fut aux points et dans les deux cas le combat fut très disputé. Quand on sait ce qui est advenu à Frazier et Norton lors de leur rencontre contre Foreman, la presse ne se fait pas d'illusion sur les chances d'Ali donné sur le déclin, moins rapide qu'avant, gagnant moins par KO qu'autrefois. À 32 ans, certains journalistes imaginent déjà que ce combat sera son dernier contre le jeune champion de 25 ans.