Ce Jour-là

Gengis Khan

Fondateur de l'Empire mongol, fin XIIe - début XIIIe siècle

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Temüjin Borjigin, dit Gengis Khan, né vers 1155 ou 1162 dans le Khamag Mongol, l'actuelle province de Khentii en Mongolie, et mort en août 1227 dans l'actuel xian de Qingshui (Chine), est le fondateur de l'Empire mongol.

Temüjin est l'aîné des enfants de Yesügei, un chef mongol du clan Borjigin, et de sa femme Hö'elün. À l'âge de 8 ans, son père meurt et sa famille est abandonnée par sa tribu. Après une jeunesse réduite à la pauvreté, il s'associe à deux puissants chefs des steppes, Djamuqa et Toghril, qui l'aident à enlever, pour l'épouser, sa future femme Börte. En 1187, un conflit éclate avec Djamuqa et Gengis Khan est défait. Il pourrait avoir été sujet de la dynastie Jin avant de revenir sur la scène politique mongole en 1196. En 1203, il affronte ses deux anciens alliés. Après avoir vaincu les Naïmans, il soumet Toghril et exécute Djamuqa, devenant le dernier khan de la steppe mongole.

En 1206, lors d'un qurultay (assemblée exécutive formée de notables et de militaires), Temüjin prend le titre de Gengis Khan. Il mène alors des réformes destinées à assurer la stabilité à long terme. Il transforme la structure tribale des Mongols en une méritocratie intégrée, vouée au service de la famille régnante. Après avoir déjoué une tentative de coup d'État d'un puissant chaman, Gengis Khan cherche à consolider son pouvoir. En 1209, il entreprend d'envahir la Chine, en menant la conquête des Xia occidentaux, qui acceptent de se soumettre l'année suivante. Il lance ensuite une campagne contre la dynastie Jin qui se termine en 1215 avec la prise de Zhongdu (Pékin). Son général Djebé annexe les Kara-Khitans en 1218. En 1219, il soumet l'Empire khwarazien par une invasion qui dévaste les grandes villes de Transoxiane et du Grand Khorasan, tandis que ses généraux Djebé et Subötai atteignent la Géorgie et la Rus' de Kiev. Gengis Khan meurt en 1227, tandis qu'il combat les Xia occidentaux rebelles.

Son fils Tolui assure la régence durant un interrègne de deux ans, jusqu'à ce que le troisième fils de Gengis Khan, Ögedei, accède au trône en 1229.

À la fin de son règne, Gengis Khan contrôle une grande partie de l'Asie, avec, outre la Mongolie, la Chine du nord et la Sogdiane. Après sa mort, l'empire sera considérablement agrandi par ses successeurs. Il formera à son apogée l'un des plus vastes empires de l'histoire, estimé à environ 23,5 millions de km2 sous le règne de son petit-fils Kubilaï Khan en 1272. Celui-ci devient le premier empereur de la dynastie Yuan en Chine.

Gengis Khan est une figure controversée. Les Mongols le considèrent comme le père de leur nation et une figure légendaire, auréolée de respect et déifiée à titre posthume. Mais son armée est également responsable de millions de victimes et de destructions dans de nombreuses régions d'Asie, de Russie et du monde arabe, où il est perçu comme un conquérant impitoyable et sanguinaire. Ses conquêtes ont aussi pour conséquence de faciliter des échanges commerciaux et culturels sans précédent sur une vaste zone géographique, favorisant ainsi leur développement.

Gengis Khan (mongol : ᠴᠢᠩᠭᠢᠰᠬᠠᠭᠠᠨ, API Khalkha : [ˈtʃɪŋɡɪs ˈxɑːŋ], VPMC : Činggis qaɣan, cyrillique : Чингис Хаан, Tchinguis Khaan, MNS : Chingis Khaan, littéralement : « souverain universel »), est d'abord nommé Temüjin (mongol : ᠲᠡᠮᠦᠵᠢᠨ, cyrillique : Тэмүжин, Témudjin).

Il n'existe pas de système de romanisation universel utilisé pour le mongol. Par conséquent, l'orthographe moderne des noms mongols varie considérablement et entraîne des différences de prononciation. Le titre honorifique « Gengis » dérive du mongol ᠴᠢᠩᠭᠢᠰ, qui se romanise en Činggis. En chinois, le titre se lit Chéngjísī (成吉思-, et en persan Čəngīz (چنگیز). Comme l'arabe ne possède pas de son similaire à [tʃ], les auteurs retranscrivent le nom sous la forme J̌ingiz, tandis que les auteurs syriaques préfèrent Šīngīz.

Le nom « Gengis » est introduit en Europe au XVIIIe siècle à partir d'une mauvaise lecture de sources persanes, les orthographes du nom ont pour variante « Chinggis », « Chingis », « Jinghis » et « Jengiz ». Son nom de naissance « Temüjin » (ᠲᠡᠮᠦᠵᠢᠨ ; 鐵木真 ;Tiěmùzhēn) est parfois également orthographié « Temuchin ».

Lorsque Kubilai Khan établit la dynastie Yuan en 1271, il confère à son grand-père Gengis Khan le nom de temple Taizu (太祖, signifiant « Ancêtre suprême ») et le nom posthume Shengwu Huangdi (聖武皇帝, signifiant « Empereur Saint-Martial »). L'arrière-petit-fils de Kubilai, Külüg Khan, étend ce titre en Fatian Qiyun Shengwu Huangdi (法天啟運聖武皇帝, signifiant « Interprète de la loi céleste, initiateur de la bonne fortune, empereur sacré »).

Sources historiques et contemporaines

De nombreuses sources contemporaines et anciennes, écrites dans plus d'une douzaine de langues originaires de toute l'Eurasie, décrivent l'histoire de Gengis Khan, mais cela présente encore des difficultés, même pour les historiens modernes. Les récits de son adolescence et de son ascension au pouvoir proviennent de deux sources en langue mongole : l’Histoire secrète des Mongols et l’Altan Devter (Livre d'or). Ce dernier, aujourd'hui perdu, inspire deux chroniques chinoises : le Yuan Shi (Histoire de Yuan) du XIVe siècle et le Shengwu qinzheng lu (en) (Les Campagnes de Gengis Khan). Le Yuan Shi fournit une grande quantité de détails sur les campagnes et les personnages individuels. LeShengwu suit un développement chronologique, présentant les actions de Gengis Khan de manière objective, mais présente parfois des erreurs.

L’Histoire secrète est translittérée en caractères chinois au cours des XIVe et XVe siècles Son authenticité historique est contestée par le sinologue Arthur Waley, qui le considère comme une œuvre littéraire sans valeur historiographique. Pourtant des historiens plus récents lui accordent davantage de crédit. La chronologie de l'ouvrage est douteuse et certains passages sont volontairement supprimés pour améliorer la narration. Cependant l’Histoire secrète est appréciée car l'auteur anonyme est souvent critique envers Gengis Khan. En plus de le présenter comme indécis et ayant une phobie des chiens, l’Histoire secrète relate également des événements tabous tels que son fratricide et la possibilité de l'illégitimité de son fils Jochi.Plusieurs chroniques persanes présentent un mélange d'attitudes positives et négatives envers Gengis Khan et les Mongols. Minhaj-i Siraj Juzjani et Ata-Malik Juvayni achèvent leur histoire respective en 1260. Juzjani est un témoin oculaire de la brutalité des conquêtes mongoles, et l'hostilité de sa chronique reflète ses expériences. Son contemporain Juvayni, qui voyage deux fois en Mongolie et atteint un poste élevé dans l'administration de l'Ikhanat de Perse, se montre plus compréhensif, mais son récit est le plus fiable pour les campagnes occidentales de Gengis Khan. La source persane la plus importante est le Jami'al-tawarikh (Compendium des Chroniques) compilé par Rashid al-Din sur ordre de Ghazan, un descendant de Gengis, au début du XIVe siècle. Ghazan accorde à Rashid un accès privilégié à la fois aux sources mongoles confidentielles telles que l'Altan Debter et aux experts de la tradition orale mongole, y compris l'ambassadeur de Kubilai Khan, Bolad Chingsang (en). Cependant, vu qu'il s'agit d'une chronique officielle, Rashid al-Din censure des détails gênants et tabous.

Il existe de nombreuses autres histoires contemporaines qui incluent des informations supplémentaires sur Gengis Khan et les Mongols, bien que leur neutralité et leur fiabilité soient souvent suspectes. D'autres sources chinoises incluent les chroniques des dynasties conquises par les Mongols, par exemple le diplomate Song Zhao Hong, qui visita les Mongols en 1221. Les sources arabes incluent une biographie contemporaine du prince khwarazmien Jalal al-Din par son compagnon al-Nasawi. Il existe également plusieurs chroniques chrétiennes ultérieures, notamment les Chroniques géorgiennes, et des ouvrages de voyageurs européens tels que Carpini et Marco Polo.

Le contexte historique dans lequel vit Gengis Khan est celui des empires nomades. Le peuple turco-mongol dont est issu Gengis Khan descendrait des Xianbei, pour les Chinois Hu de l'Est, hypothèse la plus probable. Ces proto-mongols parlent le khitan, une langue affiliée au mongol. Ce sont des pasteurs nomades, qui au IIe siècle ont chassé les Xiongnu, établis dans l'actuelle Mongolie orientale depuis le IIe siècle av. J.-C. Fondateurs du premier Empire des steppes, ces Huns d'Asie aux origines mal connues sont en effet les premiers nomades à dominer un ensemble territorial et y installent une capitale : Long Cheng.

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