Ce Jour-là

Geneviève de Gaulle-Anthonioz

Résistante française

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Geneviève de Gaulle-Anthonioz, née le 25 octobre 1920 à Saint-Jean-de-Valériscle (Gard) dans les Cévennes et morte le 15 février 2002 à Paris 6e, est une résistante française puis militante des droits de l'homme et de la lutte contre la pauvreté.

Elle est la nièce du président de la République Charles de Gaulle. Sous l'Occupation, alors qu'elle est étudiante à l'université de Rennes, elle mène des actions de résistance au sein du réseau du musée de l'Homme puis du réseau Défense de la France. Arrêtée par la Gestapo, elle est déportée en février 1944 au camp de Ravensbrück où elle est détenue jusqu'en février 1945. Traitée comme monnaie d'échange par Heinrich Himmler, elle est tenue au secret dans un camp au sud de l'Allemagne jusqu'en avril 1945, avant d'être transférée à Genève où son père travaillait comme consul. Après la guerre, elle s'engage notamment dans la lutte contre la pauvreté et assure la présidence de l'antenne française d'ATD Quart monde de 1964 à 1998.

En 2015, treize ans après sa mort, elle fait son entrée au Panthéon, avec un cercueil ne contenant cependant que de la terre issue de son cimetière, sa famille ayant refusé qu'elle soit séparée de son époux.

Geneviève de Gaulle est la fille de Xavier de Gaulle, frère aîné de Charles de Gaulle, et de Germaine Gourdon. Elle est aussi la petite-fille de Pierre Gourdon, auteur de romans populaires.

Elle naît à Saint-Jean-de-Valériscle, petite commune située dans le bassin houiller des Cévennes, son père, Xavier, ingénieur des mines, y trouvant son premier emploi civil. Il rejoint rapidement le bassin houiller de la Sarre alors sous administration française. En 1925, alors qu'elle n'a que cinq ans, sa mère Germaine meurt à Ringen (Grafschaft) (de) d'une septicémie consécutive à la mort in utero de l'enfant qu'elle portait. C'est un premier choc affectif, Geneviève de Gaulle devient très proche de son père, et supporte mal son remariage en 1930 avec une petite-cousine de sa première épouse : Armelle Chevalier-Chantepie. Geneviève de Gaulle vit en Sarre jusqu'à l'âge de 15 ans, elle apprend l'allemand et devient pratiquement bilingue. Dès cette époque, son père lui fait lire Mein Kampf.

En 1935, la Sarre choisit de devenir allemande à la suite d'un plébiscite. Les Français doivent quitter le pays. Sa famille s'installe à Rennes où elle termine sa scolarité. Sa famille vécut à Rennes de 1935 à 1938, au 10 rue de Robien.

En 1939, elle s'inscrit en histoire à la faculté de Rennes. Elle ambitionne alors d'intégrer l'École nationale des chartes, à l'instar de son bisaïeul Julien-Philippe.

Geneviève de Gaulle, à 19 ans, est étudiante à la faculté d'histoire de Rennes en juin 1940 quand elle entre en résistance, sous le nom de Germaine Lecomte. Elle commence ses premiers actes en déchirant des affiches allemandes, en fabriquant des croix de Lorraine ou en arrachant, du pont de la Vilaine, un fanion nazi qu'elle rapporte chez elle comme trophée. Avec ses amis étudiants, elle imprime et diffuse des tracts contre les nazis et le régime de Vichy.

À la rentrée universitaire de 1941, inscrite en licence d'histoire à la Sorbonne, Geneviève de Gaulle est hébergée par sa tante, Madeleine de Gaulle. Dans le réseau du musée de l'Homme, elle multiplie les actions de renseignement et d’information. Elle rejoint en 1943 le réseau Défense de la France. Elle écrit deux articles dans le journal clandestin de ce groupe à propos de son oncle le général de Gaulle. Elle les signe sous le nom de Gallia.

Elle est arrêtée à la suite d'une trahison dans une souricière tendue dans une librairie de la rue Bonaparte par Pierre Bonny de la Gestapo française, le 20 juillet 1943. Elle est alors dans la clandestinité avec des faux-papiers qui sont détectés ; elle révèle sa véritable identité immédiatement. Dans un premier temps, elle est emprisonnée à Fresnes, puis envoyée au camp de Royallieu avant d'être déportée au camp de concentration de Ravensbrück le 2 février 1944 avec le matricule 27 372. Au camp, elle rencontre d'autres résistantes et se lie d’amitié avec elles : Jacqueline Pery d'Alincourt, Suzanne Hiltermann, Raymonde Rose Perrier, Anise Postel-Vinay, Germaine Tillion, Marie Berthe "Betty" Sérot, Éliane Jeannin-Garreau[réf. nécessaire].

En octobre 1944, elle est placée en isolement au bunker du camp, décision prise par Himmler afin de la garder en vie et de l'utiliser comme monnaie d’échange, à une époque où Charles de Gaulle gouverne la France libérée. Elle n'en sort que grâce à des tractations de la croix rouge internationale, en même temps que Virginia d'Albert-Lake (américaine) l'entraine dans un périple à travers l'Allemagne en ruine, escortée de SS, jusqu'à la date de sa libération effective le 20 avril 1945, où on la conduit depuis le Wurtemberg jusqu'en Suisse. 300 prisonnières françaises seront libres le 5 avril 1945, sur une tractation de Himmler, en échange d'auxiliaires de l'armée allemande. Grâce au comte Bernadotte, vice président de la croix rouge internationale. 25 000 détenues sont libérées aux alentours de Pâques le 20 avril 1945. La libération du camp par l'Armée rouge a lieu le 30 avril 1945.

Elle a tiré de cette expérience La Traversée de la nuit, écrit cinquante ans après sa libération, publié le 1er janvier 1998, et qui évoque sa vie à Ravensbrück, l'entraide entre les détenues et les circonstances de sa sortie du camp, ainsi que des articles, notamment sur la condition des enfants.

Après la guerre, elle rencontre lors de sa convalescence en Suisse Bernard Anthonioz, éditeur d’art et ancien résistant. Elle l'épouse le 29 mai 1946 à Genève. La cérémonie religieuse de leur mariage est célébrée par Charles Journet. Ils ont quatre enfants, notamment Michel Anthonioz, qu'elle inscrit dès sa naissance en 1947 comme membre du RPF.

Geneviève de Gaulle-Anthonioz est membre puis présidente de l’Association nationale des anciennes déportées et internées de la Résistance (ADIR). Elle suit les procès des criminels nazis en Allemagne, puis participe à l’essor du mouvement politique lancé par son oncle, le RPF.

En 1958, son époux Bernard Anthonioz rejoint le cabinet d'André Malraux comme directeur de la création artistique au Ministère des Affaires culturelles. Geneviève assiste son époux dans ses nouvelles fonctions. C'est à cette époque qu'elle rencontre le Père Joseph Wresinski, alors aumônier du bidonville de Noisy-le-Grand. Dans les souffrances des familles qu'elle y découvre, elle revoit celles qu'elle-même et d'autres déportés ont vécu et décide de s'engager avec Joseph Wresinski dans le mouvement ATD Quart monde que celui-ci a fondé. Elle est présidente de la branche française du Mouvement de 1964 à 1998.

En 1960, Geneviève de Gaulle participe au comité de défense pour Djamila Boupacha, créé et présidé par Simone de Beauvoir. Djamila Boupacha, arrêtée par l'armée française durant la guerre d'Algérie, a été torturée, violée et battue par ses gardiens.

En 1987, elle témoigne sur les pratiques criminelles nazies lors du procès de Klaus Barbie.

Nommée en 1988 au Conseil économique et social, elle se bat pendant dix ans pour l’adoption d’une loi d’orientation contre la grande pauvreté. Reportée en 1997 pour cause de dissolution de l’Assemblée nationale, la loi est votée en 1998.

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