Geneviève Aubry, née le 4 mars 1928 à La Chaux-de-Fonds (NE) (originaire de La Chaux-des-Breuleux, JU) et morte le 20 juin 2026 à La Neuveville (BE), est une personnalité politique suisse, membre du Parti radical-démocratique.
Figure de l'antiséparatisme jurassien, elle est députée du canton de Berne au Conseil national pendant quatre législatures, d'octobre 1979 à décembre 1995. Elle est la première femme du canton à y siéger.
Geneviève Aubry naît Geneviève Moine le 4 mars 1928 à La Chaux-de-Fonds dans le canton de Neuchâtel en Suisse. Elle est originaire de Montignez puis de La Chaux-des-Breuleux par son mariage, toutes deux dans le canton du Jura depuis 1979, et également de Tavannes dans le Jura bernois à partir de 1978.
Son père, Virgile Moine, est membre du Conseil-exécutif du canton de Berne de 1948 à 1966 et siège au Conseil national de 1943 à 1948 ; sa mère, fille d'un hôtelier, est née Jeanne Hennet.
Elle épouse en 1949 Paul Aubry, ingénieur diplômé de l'École polytechnique fédérale de Zurich, avec qui elle a trois enfants.
Formation et parcours professionnel
Geneviève Aubry est scolarisée à Porrentruy, alors dans le canton de Berne. Elle obtient en 1949 un diplôme de maîtresse d'enseignement ménager à l’école normale de Porrentruy. Elle suit des cours et fait des stages de journalisme dans les années 1960 et 1970.
Elle travaille à partir de 1984 comme rédactrice pour L’Atout, bulletin de l'Action pour une libre information, fondée à Zurich par le conseiller national radical Robert Eibel (de). Elle est également correspondante pour divers journaux, notamment correspondante parlementaire au Journal du Jura de 1976 à 1983.
Geneviève Aubry meurt le 20 juin 2026 à La Neuveville dans le canton de Berne à l'âge de 98 ans.
Geneviève Aubry entre en politique en 1971, durant la période de la Question jurassienne, fondant en 1974 le Groupement féminin de Force démocratique, mouvement antiséparatiste qu'elle préside jusqu'en 1981 et qui compte jusqu'à 6 500 membres.
Elle est députée du Parti radical-démocratique au Grand Conseil du canton de Berne de 1977 à 1980, puis conseillère nationale du canton de Berne du 26 octobre 1979 au 3 décembre 1995. Candidate malheureuse en 1975, elle obtient lors de sa première élection le meilleur résultat de toute la Suisse en recueillant 123 450 suffrages. Première femme du canton de Berne à siéger au Conseil national, elle y est membre des commissions militaires, de l'économie, des affaires extérieures et des sciences et la recherche, ainsi que de la délégation suisse à l'Union interparlementaire. Elle annonce en novembre 1994 qu'elle ne se présentera pas pour un cinquième mandat aux élections d'octobre 1995.
Elle a fait partie du comité de patronage de l'Arbeitsgruppe Südliches Afrika (Communauté de travail Afrique du Sud), une association d’amitiés avec l'Afrique du Sud, alors sous le régime de l'apartheid. Dans les années 1992 à 1997, elle préside le comité romand de l'initiative populaire « Jeunesse sans drogue ». Elle préside également de 1982 au 1er mai 1986 la Fédération romande des téléspectateurs et auditeurs, dont le but était de dénoncer l'influence de la gauche dans les médias audiovisuels.
Elle échoue en 1986 dans sa tentative d'être élue au Conseil-exécutif du canton de Berne (gouvernement). Pourtant favorite et ayant obtenu plus du double des voix de son concurrent dans le Jura bernois, elle recueille au second tour 60 391 suffrages contre 68 054 au candidat des Verts liste libre Benjamin Hofstetter (de). Sa non-élection, qui entraîne la perte de la majorité pour les partis bourgeois, conduit à l'adoption en 1995 de la moyenne géométrique pour le siège garanti à la minorité francophone au gouvernement bernois.
En août 1988, Geneviève Aubry est élue présidente de la Ligue anti-communiste mondiale (WACL), lors de son XXIe congrès, tenu à Genève, qu'elle organise avec Pierre Schifferli.
Membre du comité exécutif de l'European Freedom Council à cette date, elle en devient la présidente en juillet 1990. Elle cède la présidence de la WACL cette même année, en juillet 1990 à Bruxelles, après deux ans alors que les présidents de cette association n'occupent cette fonction qu'une seule année normalement.
Denis Barrelet, journaliste à 24 Heures, a affirmé que ses positions se trouvaient parfois à la limite de l'extrémisme de droite : « ses prises de positions politiques, tout à droite du conservatisme le plus étriqué, parfois même inquiétantes ». Dénonçant en 1986 cette « étiquette qu'on vous colle trop facilement dès que vous défendez les valeurs fondamentales de la Suisse, la famille, la sécurité du pays, sa défense, les valeurs morales », elle s'engage en particulier aux côtés d'Yvette Jaggi pour l'égalité salariale entre hommes et femmes.
Jura bernois 1952-1977 : Dans le sens de l'histoire. 25 ans de lutte, Tavannes, 1977
Jura : Le temps des imposteurs, Tavannes, Éditions Agecopresse, 1977, 127 p.