Ce Jour-là

Gaza

Principale ville de la bande de Gaza, État de Palestine

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Gaza (en arabe : غَزَّة, Ġazza, /ˈɣaz.za/) est la principale ville de la bande de Gaza. Elle est parfois appelée « ville de Gaza » ou « Gaza-ville » pour la distinguer du territoire auquel elle donne son nom.

Habitée depuis l'Antiquité, Gaza connaît un essor au temps des Cananéens au XVe siècle av. J.-C., puis différents empires et ethnies s'y sont succédé. À notre époque, après avoir été placée sous l'autorité civile et militaire de l'Autorité palestinienne dès l'application des accords de Jéricho et Gaza de 1994 avec Israël, elle est depuis juin 2007 la ville la plus importante sous l'autorité du Hamas.

La ville est presque entièrement détruite par l'armée israélienne lors de la guerre dans la bande de Gaza, commencée en octobre 2023 après l'attaque du Hamas contre Israël du 7 octobre. S'ensuivent un siège de l'enclave, des bombardements massifs et une invasion terrestre.

Avant la guerre, la ville de Gaza comptait près de 700 000 habitants tandis que la population totale de la bande de Gaza dépasse 2 100 000 personnes, dont environ un tiers vivaient dans des camps de réfugiés palestiniens, un autre tiers étant constitué des réfugiés vivant en dehors des camps. Ses habitants sont les Gazaouis.

Le 22 août 2025, l'Organisation des Nations unies déclare officiellement l'état de famine à Gaza, en raison de « l'obstruction systématique d'Israël » sur l'entrée de l'aide humanitaire.

Le nom de Gaza découle de la racine cananéenne Ġazzā, la « forte » ou « forteresse ».

Gaza est attestée au XVe siècle av. J.-C. au temps des Cananéens. La ville fait alors partie de l'Égypte. Depuis, différentes autorités et ethnies s'y sont succédé, la ville étant régulièrement assiégée et prise.

La première référence à la ville de Gaza remonte au règne du pharaon égyptien Thoutmôsis III (mort en 1425 av. J.-C.). La ville est également citée dans les lettres d'Amarna (sous la XVIIIe dynastie). Son intérêt principal réside dans sa position stratégique sur la route côtière reliant l'Égypte antique et la Syrie. C'est alors un marché important et un poste avancé égyptien faisant partie du « Chemin d'Horus » (série de forteresses réparties entre Tcharou et Gaza).

Dans les années 1190 avant J.-C., les Philistins, un des peuples de la mer (originaires de Crète selon une tradition biblique) s'installent sur la côte sud cananéenne (de Gaza à Jaffa), après avoir attaqué l'Égypte. Les Philistins laisseront leur nom bien plus tard à l'ensemble du territoire, que les Romains appelleront « Palestine ». La ville philistine d'environ quatre-vingts hectares, murée, est construite sur une colline à quarante-cinq mètres d'altitude, à 2,4 km de la mer Méditerranée. Gaza est mentionnée dans la Bible Hébraïque comme l'une des villes principales des Philistins en guerre contre Israël : c'est là que le juge Samson est capturé et qu'il meurt en faisant s'écrouler un temple philistin.

En 525 av. J.-C., la cité est conquise par Cambyse II, grand roi achéménide de l'Empire perse, pour servir de tête de pont à toutes ses campagnes vers l'Égypte. La ville est prise en 332 av. J.-C. par le Macédonien Alexandre le Grand à l'issue d'un siège. Les habitants sont massacrés ou réduits en esclavage.

Puis, dans le contexte des guerres des Diadoques pour la succession d'Alexandre le Grand, la bataille de Gaza oppose en 312 av. J.-C. les Macédoniens Ptolémée Ier, satrape d'Égypte, à Démétrios Ier, fils du général Antigone le Borgne, maître de l'Asie. Victorieux, Ptolémée doit néanmoins rapidement abandonner ses conquêtes en Syrie et en Phénicie.

En 145 av. J.-C., Gaza est conquise par Jonathan Maccabée, frère de Juda Maccabée et fondateur de la dynastie judéenne des Hasmonéens.

En 63 avant notre ère, Gaza devient une partie de la Judée en tant que province romaine.

Après les Romains, de grandes mosaïques byzantines témoignent de la richesse artistique de cette époque. Le christianisme se répand et les premiers monastères apparaissent, comme celui de Hilarion de Gaza. Le port de Gaza exporte tout autour de la Méditerranée un vin blanc fameux produit dans le Neguev : le vinum Gazetum.

La synagogue de Gaza est construite en 508/509 dans le centre de la ville antique de Gaza, aujourd'hui le quartier de Rimal, où vivait la communauté juive de Gaza (du IIe siècle av. J.-C. jusqu'au milieu du XXe siècle). Parmi les mosaïques retrouvées, se trouve celle représentant le roi David jouant une lyre, avec son nom écrit en hébreu.

Gaza est représentée sur la carte de Madaba datant du VIe siècle.

La ville est considérée comme le lieu où serait mort Hachim ibn Abd Manaf, l'arrière-grand-père de Mahomet au cours d'une expédition commerciale, d'où le surnom de la ville « la Gaza de Hashim », « Ghazzat Hashim ». Une mosquée en son nom s'y trouve, la Mosquée d’al-Sayyid Hashim (en), et sous les arcades serait présente sa tombe.

La conquête de Gaza par les Arabes intervient très tôt, sans doute en 634 ou 637. Le général musulman d'origine copte Amr ibn al-As conquiert la Palestine et Jérusalem. L'histoire n'est pas évoquée par les sources arabes mais l'est par les sources byzantines : la population civile, alors non musulmane, doit payer tribut aux Arabes ; la petite communauté juive — présente à Gaza depuis la période hellénistique et également dans la ville de Rafah — paye cet impôt de protection, et les dhimmis ne sont pas inquiétés. La garnison, constituée de soixante soldats, est emprisonnée et mise à mort quelque temps plus tard. Sous les Omeyyades, une garnison militaire et un atelier monétaire sont implantés en ville. L'islamisation de la cité est progressive : c'est là que naît l'imam al-Chafii (fondateur de l'école de jurisprudence chafiite), mais ce n'est pas là qu'il vécut et enseigna.

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