Gaston Henri Adolphe Le Provost de Launay, né le 13 décembre 1874 à La Rochelle et mort le 10 mars 1957 à Paris, est un homme politique français. Il a été élu durant un quart de siècle membre du Conseil municipal de Paris qu'il présida en 1938-1939.
D'ascendance bretonne, il est le fils de Victor Le Provost de Launay, docteur en droit, sous-préfet de Parthenay, auditeur au Conseil d'État, et de Clémence Gon. Et le dernier du nom d'une longue lignée d'hommes politiques depuis la Révolution, à commencer par Vincent, Augustin Le Provost de Launay (1749-1810), membre du Tiers-état de Bretagne en tant que suppléant du député-maire de Saint-Brieuc, Jean-François-Pierre Poulain de Corbion. Suivirent son fils aîné, Pierre-Marie Le Provost de Launay (1785-1848), maire de Pontrieux, député des Côtes-du-Nord, son second fils, Augustin Claude Le Provost de Launay (1796-1851), préfet et conseiller général des Côtes du Nord. Le fils aîné de ce dernier, Auguste, Pierre Le Provost de Launay (1823-1886), d'abord préfet du Calvados puis de la Haute-Garonne, révoqué par le gouvernement de la Défense nationale, est élu représentant à l'Assemblée nationale en 1874, réélu député à Bayeux en 1877, puis élu au Sénat, en 1885, candidat des partis monarchistes. Enfin le fils de celui-ci, Louis Le Provost de Launay (1850-1912) est député bonapartiste des Côtes-du-Nord, puis sénateur, de 1896 à 1912. C'est le cousin de Gaston Le Provost de Launay.
Ce dernier est élève de l'École Gerson à Paris (promotion 1893) puis Saint-Cyrien (1895-97). Il épouse en décembre 1899 Antoinette Bérenger (1878-1930), fille d'Alfred Bérenger. Ils auront trois filles : Anne, épouse en 1920 le comte Jacques de Froissard de Broissia, Yvonne, Georges d'Artois et Odette, en 1926 le comte Xavier de Plan de Sieyès de Veynes, après la mort de ce dernier le comte Bertrand de May de Termont en 1942.
La famille de sa femme est originaire de Grasse, où une société Bérenger fils a été créée dès les années 1850. Elle fabrique les fameuses matières premières utilisées pour la création de parfums. Son beau-père est un homme d'affaires; à sa mort en 1909, Gaston Le Provost de Launay le remplace dans les conseils d'administration de différentes entreprises : société des carrières de porphyre de Saint-Raphaël - qui exploite les carrières du Dramont - (vice-président), société cotonnière du Tonkin, qu'il préside à la fin des années 1930 et au début des années 1940. Il préside également les forges de Leval-Aulnoye.
C'est en 1909 que Gaston Le Provost de Launay démissionne de l'armée, il a 35 ans et les moyens de s'engager en politique. Il devient en 1911 dirigeant du Comité bonapartiste de la Seine.
Mobilisé en 1914, intoxiqué par les gaz en octobre 1915, il termine la Première Guerre mondiale avec le grade de capitaine de cavalerie (obtenu en 1915), la croix de guerre et la croix de chevalier de la Légion d'honneur (1918). Il sera élevé au grade d'officier de la Légion d'honneur par décret du 11 juillet 1935.
D'abord battu aux législatives de 1914, à Saintes en Charente-Inférieure, il est élu député de ce département le 16 novembre 1919, au scrutin de liste. Il s'est présenté sur une « liste d'union républicaine » comme propriétaire viticole, ancien combattant titulaire de la Légion d'honneur et de la croix de guerre, aux côtés de dirigeants locaux de l'Alliance démocratique tel Jules Bertrand mais aussi de Pierre Taittinger, qu'il a côtoyé dans les cercles plébiscitaires avant la guerre. Il siège à la droite de l'Assemblée, dans le petit groupe de l'Action républicaine et sociale (ARS), comme Taittinger, Clément-Gabriel Villeneau et Pierre Voyer, ses colistiers. Son passé bonapartiste, qu'il assume, donne lieu à quelques incidents de séance à la Chambre, l'opposant à Paul de Cassagnac ou Raymond Poincaré. Il s'en prend aussi à des communistes comme Marcel Cachin. Selon sa biographie publiée sur le site de l'Assemblée nationale, Le Provost de Launay n'hésitait pas à se séparer dans ses votes de ses amis politiques de la majorité. « Il se distinguait par la vivacité de son caractère autant que par celle de son esprit » et était prêt à sa battre en duel avec Poincaré qui avait pris à partie le prince Napoléon en séance publique.
Il est alors l'un des quatre-vingts membres du comité directeur de la Ligue des patriotes et vice-président de la Ligue des chefs de section, jusqu'en 1922. Membre aussi des Jeunesses patriotes de Pierre Taittinger qui met en garde contre le mouvement autonomiste inspiré par l'Allemagne. Il n'est pas réélu en 1924 ; la liste républicaine sur laquelle il figure est battue par celle du cartel des gauches.
Il collabore au quotidien parisien L'Éclair puis à La Liberté; il y demande une « réforme politique totale: (...) la question du régime parlementaire est posée ».
Le Provost de Launay se tourne alors vers les fonctions municipales. Il est élu le 3 mai 1925 à une importante majorité conseiller municipal du VIIIe arrondissement de Paris pour le quartier des Champs-Élysées « qu'il devait représenter à l'Hôtel de ville pendant un quart de siècle ». Le conseiller sortant, Michel Missoffe, élu député, le soutient, comme aussi le député Pierre Taittinger. Avec qui il entretiendra bientôt des rapports hostiles.
Il va ensuite tenter de retrouver un siège de député en 1928 en se portant candidat aux législatives dans le 16e arrondissement de Paris, sans succès, contre Charles de Lasteyrie, ancien ministre des finances du Bloc national, à qui il reproche sa politique fiscale. Tous deux sont membres de la Fédération républicaine, le grand parti de la droite libérale et conservatrice qui choisit d'investir Lasteyrie. Gaston Le Provost de Launay refuse l'arbitrage des dirigeants de ce parti; il est radié de ses cadres en avril.
Il est cependant réélu conseiller municipal en 1929, au second tour, après avoir distancé au premier tour un candidat pourtant investi ou appuyé par la Fédération républicaine, l'Alliance démocratique, le Parti démocrate populaire, la Ligue républicaine nationale, les Jeunesses patriotes, et par le député de la circonscription. Il est encore membre du comité directeur de la Ligue des patriotes au début des années 1930.
Durant la période chahutée de la fin de l'entre-deux-guerres, dans une France économiquement exsangue et politiquement instable, Le Provost de Launay participe avec d'autres conseillers municipaux parisiens, dans un groupe des Jeunesses patriotes, à la manifestation du 6 février 1934 qui dénonce jusqu'aux marches de la Chambre des députés un pouvoir corrompu par les affaires. La police tire à balles réelles sur la foule faisant une trentaine de morts. Blessé lors de cette émeute, il vient en aide au président de la Fédération nationale des Camelots du roi, Maxime Real del Sarte également blessé et prononce par la suite un discours lors des obsèques d'un camelot du roi blessé. Cet habitué des dîners des Affinités françaises du marquis Louis de Fraguier fait le lendemain un éloge de « cette soudaine et magnifique réaction française », un appel à l’union des ligues et à l’installation d’un « régime d’autorité ». Le Provost de Launay se réclamera de l'esprit du 6 février pour se faire réélire en 1935, dès le premier tour à une imposante majorité.
Cet élu de Paris est aussi actif dans les cercles antimaçonniques issus du 6 février, il préside dès 1934 une réunion de la Ligue nationale antimaçonnique du comte Armand de Puységur, avec Philippe Henriot comme principal orateur et fait partie l'année suivante du comité directeur de l’Union antimaçonnique. Il préside également en 1935 et 1936 des rencontres de la Ligue Franc-catholique, liée à la Revue internationale des sociétés secrètes, anti-judéomaçonnique.
« Je suis Croix de feu, je suis l’ami des Camelots du roi, des Jeunesses patriotes, de toutes les ligues nationales », déclare-t-il au conseil municipal de Paris en 1935. Exprimant ses convictions nationalistes et anticommunistes dans des lettres adressées au préfet de police, au président de la Fédération républicaine, au président du conseil.