Ce Jour-là

Gaston Defferre

Homme politique français

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Gaston Defferre, né le 14 septembre 1910 à Marsillargues (Hérault) et mort le 7 mai 1986 à Marseille, est un homme politique et résistant français.

Membre de la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) puis du Parti socialiste, il est maire de Marseille d'août 1944 à novembre 1945, puis de mai 1953 à sa mort.

Parlementaire et ministre à plusieurs reprises sous les IVe et Ve Républiques, « numéro deux du gouvernement » par deux fois, puis candidat à l'élection présidentielle de 1969, il donne son nom à plusieurs lois importantes : la loi-cadre de 1956 ouvrant la décolonisation en Afrique et une série de trois lois entre 1982 et 1983 sur la décentralisation.

Gaston Paul Charles Defferre naît le 14 septembre 1910 à Marsillargues (Hérault) dans une famille protestante cévenole, au mas de Bony, demeure construite par son grand-père Pierre Causse. Il est le second enfant de Suzanne Causse (1882-1971) et de Paul Defferre (1882-1961), avoué à Nîmes, qui ont eu trois autres enfants : Marie-Louise, née en 1908, Monique, née en 1912, et Jacques en 1914.

Sa mère se charge de son éducation avant qu'il n'aille poursuivre ses études secondaires au lycée Alphonse-Daudet de Nîmes.

Gaston Defferre découvre l'Afrique lorsqu'il se rend avec sa famille à Dakar, où son père a ouvert un bureau. En 1922, avec sa mère, il rentre en métropole. Après des études de droit à l'université d'Aix-Marseille, il s'inscrit comme avocat au barreau de Marseille en 1931. En 1933, il devient militant socialiste et adhère à la 10e section de la SFIO de la ville. Cette période est politiquement très agitée. Simon Sabiani, premier adjoint du maire Georges Ribot, incarne le basculement d'une partie de la gauche vers la droite extrême et, en raison de ses relations avec François Spirito et Paul Carbone, la confusion entre la politique et les affaires de droit commun. Les affrontements politiques culminent aux élections cantonales de 1934 avec la montée du Parti communiste, emmené par Jean Cristofol et François Billoux, puis aux municipales de 1935, remportées par le candidat socialiste Henri Tasso, qui devient maire.

Pendant cette époque troublée, Gaston Defferre n'apparaît pas publiquement. Le 13 septembre 1935, il épouse Andrée Aboulker, médecin, issue d'une famille juive d'Alger, cousine (et future épouse) de José Aboulker, chirurgien qui s'illustre dans la libération de l'Algérie en 1942. Ils auront deux filles et un fils. Ils divorcent le 23 mars 1945.

Avocat du Comité américain de secours de Varian Fry, il obtient en 1941 la libération sous caution de Daniel Bénédite.

Réformé pour raisons médicales (il est atteint de pleurésie), Gaston Defferre fait néanmoins le choix de s'engager pour prendre part à la Deuxième Guerre mondiale. Il est démobilisé le 27 juillet 1940. Il reprend contact avec quelques socialistes marseillais dont il connaît l'esprit anti-vichyssois, dont Horace Manicacci et Fernand Trompette, piliers de la SFIO marseillaise. Il entre en relation avec l'avocat et parlementaire Félix Gouin qui organise tous les mardis à son cabinet, rue de la Darse à Marseille, une réunion des socialistes de la Ville. Gouin relaie les décisions prises par le Comité d'action socialiste créé par Daniel Mayer.

À la fin de 1940, Defferre est un des premiers résistants à rejoindre le réseau créé par Lucas (le capitaine Pierre Fourcaud), qui, adjoint du colonel Passy au Bureau central de renseignements et d'action, arrive de Londres pour superviser la création de réseaux en zone non occupée.

Le mouvement devient ensuite, sous la houlette de son confrère du barreau André Boyer, le réseau de renseignement Brutus. Defferre utilise de nombreux pseudonymes dont celui de Danvers, puis à partir de 1943, de Massereau.

En juin 1941, il participe au comité exécutif du parti socialiste clandestin, constitué par Félix Gouin. Il soutient la création d’un Conseil national de la Résistance. Il rejoint la clandestinité lorsque les Allemands envahissent la zone libre le 12 novembre 1942.

Après l'arrestation de Boyer (qui recevra la mention Compagnon de la Libération à titre posthume), le 8 décembre 1943 avec André Clavé qui venait de prendre la succession de Pierre Sudreau lui-même arrêté par la Gestapo en novembre (tous trois seront déportés à Buchenwald, cinq mois plus tard), Gaston Defferre prend la direction du réseau.

À la libération de Marseille, le 21 août 1944, Gaston Defferre s’empare du Petit Provençal, avec une milice de truands dirigée par Nick Venturi. Ce groupe et le contrôle de ce journal l'aideront longtemps à garder le pouvoir à Marseille. Le Petit Provençal est rebaptisé Le Provençal et deux journalistes proches de Defferre s'appuient sur lui pour fonder en 1950 un concurrent de l'AFP, l'Agence centrale de presse, qui fédère une vingtaine de journaux régionaux.

Gaston Defferre s’assure aussi la direction de la fédération SFIO des Bouches-du-Rhône.

Bien que ses liens maritaux avec sa femme Andrée Aboulker se soient distendus, il lui demande de le représenter à l'Assemblée consultative provisoire qui siège à Paris pour se concentrer sur la mairie de Marseille. Nommé président de la délégation municipale, il devient maire de Marseille en 1944, puis le reste jusqu'en octobre 1945. Le communiste Jean Cristofol lui succède puis perd la mairie en 1947 peu avant l'affaire Vincent Voulant.

Le 14 septembre 1946, il épouse en secondes noces une infirmière d'origine hollandaise, Marie-Antoinette « Paly » Swaters (née à Bruxelles le 24 octobre 1906 et morte à Marseille le 20 octobre 1992).

Gaston Defferre redevient maire de Marseille à partir de 1953 et le reste jusqu'à sa mort en 1986. Pour combattre l'emprise de la Confédération générale du travail (CGT) communiste, il noue un lien privilégié avec la CGT-FO, qui obtient une influence déterminante « sur les embauches de personnel et les promotions ».

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