Gaspard Ulliel, né le 25 novembre 1984 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) et mort le 19 janvier 2022 à La Tronche (Isère) à la suite d'un accident de ski, est un acteur et mannequin français.
Il fait ses débuts au cinéma en 2001 avec un petit rôle dans Le Pacte des loups. En 2003 il obtient son premier rôle principal dans Les Égarés où il se révèle. En 2005, il obtient le César du meilleur espoir masculin pour son rôle dans Un long dimanche de fiançailles, son premier succès au box-office comme tête d'affiche. Il joue le rôle-titre dans le film historique Jacquou le Croquant en 2007, son deuxième succès commercial. Il obtient un nouveau succès avec La Princesse de Montpensier en 2010, où il interprète le duc Henri de Guise. Pour son interprétation d'Yves Saint Laurent dans le biopic Saint Laurent, il est nommé au César du meilleur acteur en 2015. En 2017, il obtient le César du meilleur acteur pour son interprétation dans Juste la fin du monde. Il est nommé chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres en 2015. Il est également connu pour avoir été l'égérie du parfum Bleu de Chanel pendant douze ans.
Durant sa courte carrière, il aura tourné avec plusieurs réalisateurs prestigieux, parmi lesquels André Téchiné, Bertrand Bonello, Jean-Pierre Jeunet, Gus Van Sant, Martin Scorsese, Michel Blanc, Niki Caro, Peter Greenaway, Richard Dembo, Bertrand Tavernier, Xavier Dolan, Justine Triet et Benoît Jacquot.
En parallèle de sa carrière en France, il est connu aux États-Unis dans deux projets qui connurent un certain succès : le préquel Hannibal Lecter : Les Origines du mal en 2007, où il reprend le rôle d'Hannibal Lecter joué autrefois par Anthony Hopkins, et la série d'action Marvel Moon Knight, diffusée sur la plateforme américaine Disney+ en 2022 ; cette dernière est son premier projet à titre posthume.
Gaspard Thomas Ulliel naît le 25 novembre 1984 à Neuilly-sur-Seine. Il est le fils unique de Serge Ulliel, designer, et de Christine Ulliel, née Mabillard, styliste. Sa famille paternelle, originaire de Savoie, s'est établie à Paris où est né, dans Le Marais, son arrière-grand-père Raoul Ulliel (1889-1943), bronzier, qui s'est distingué au combat durant la Première Guerre mondiale. Sa grand-mère paternelle est d'ascendance italienne et espagnole.
À l'âge de six ans, il se fait griffer par un dobermann sur la joue gauche et conserve une cicatrice. Sa nécrologie dans le journal Libération le décrit comme ayant « la balafre la plus célèbre du cinéma français ».
Gaspard Ulliel commence sa carrière d'acteur, en 1996, dans le dernier épisode d'Une femme en blanc avec Sandrine Bonnaire et Christian Brendel, alors qu'il est au collège. Cette série est diffusée sur France 2 au printemps 1997.
Durant son adolescence, il enchaîne les tournages pour la télévision. Il interprète l'un des membres de la famille Dumont-Farel dans Bonnes vacances, un téléfilm comique de Pierre Badel avec notamment Rosy Varte, Gérard Hernandez et Valérie Vogt. Il change ensuite de registre avec le drame La Bascule, réalisé par Marco Pico et diffusé en 1999. La même année, il apparaît dans un épisode de la série Le Refuge consacrée au sauvetage d'animaux. Dans le téléfilm Juliette de Jérôme Foulon, avec Claire Keim dans le rôle-titre, il incarne le fils d'Antoine Duléry.
Tout en participant à quelques stages l'été au cours Florent, il est scolarisé à l'école active bilingue Jeannine-Manuel (EABJM) dans le 15e arrondissement de Paris, jusqu'à l'obtention de son baccalauréat en section ES.
Il s'inscrit ensuite à l'université Paris-VIII à Saint-Denis pour y suivre des études supérieures de cinéma, mais sa carrière prenant de l'importance, il les interrompt en seconde année de DEUG, en mai 2003.
Il voulait être un musicien de jazz et a même essayé de jouer du saxophone pendant quelques années, mais il a arrêté parce qu'il pensait qu'il n'avait pas de talent. Il savait aussi jouer du piano. Il était également photographe amateur depuis son adolescence, et a vu une série de photos polaroid prises par lui lors de son voyage à Tokyo publiée par le magazine britannique AnOther en avril 2012.
Révélation critique au cinéma (1999-2005)
En 1999, Gaspard Ulliel tourne dans le court-métrage Alias de Marina de Van, et dans le téléfilm Julien l'apprenti avec Francis Huster.
En 2001, il tient un petit rôle dans son premier long-métrage, Le Pacte des loups, de Christophe Gans, dans lequel il est l'une des victimes de La Bête du Gévaudan. Le film est le sixième plus gros succès au box-office français de l'année 2001, avec plus de 5,17 millions de spectateurs. En 2002, dans Embrassez qui vous voudrez de Michel Blanc, il joue le rôle d'un garçon découvrant l'amour et la sexualité qui lui vaut une première nomination au César du meilleur espoir masculin, et il a également remporté son premier prix Lumières du meilleur espoir masculin.
En 2003, Gaspard Ulliel est choisi par André Téchiné pour jouer l'un des rôles principaux avec Emmanuelle Béart dans Les Égarés, un film dramatique franco-britannique qui se situe pendant la Seconde Guerre mondiale. À la faveur de son interprétation d'Yvan, un adolescent atypique, il est nommé une seconde fois au César du meilleur espoir masculin.
En 2004, il a joué dans son premier grand film aux côtés d'Audrey Tautou, il incarne Manech Langonnet, un « bleuet », dans Un long dimanche de fiançailles, réalisé par Jean-Pierre Jeunet, adapté du roman de Sébastien Japrisot. Le film rapporte plus de 70 millions de dollars au box-office mondial. Gaspard Ulliel est nommé une troisième fois au César du meilleur espoir masculin, dont il devient le lauréat. C'est grâce à ce film que Gaspard Ulliel commence à être connu du « grand public […] et prend conscience de ce qu'était de construire un parcours artistique, une carrière ». Cette même année, il tient le premier rôle masculin dans Le Dernier Jour, de Rodolphe Marconi, avec Nicole Garcia, Mélanie Laurent, Alysson Paradis et Christophe Malavoy.
Coproductions internationales (2006-2009)
En 2006, après une apparition dans le film à sketches Paris, je t'aime (dans le segment réalisé par Gus Van Sant), Gaspard Ulliel entame surtout le tournage d'un autre projet de cinéma dit de « grand public » avec Jacquou le Croquant de Laurent Boutonnat, d'après le roman d'Eugène Le Roy, qui avait déjà été adapté pour la télévision à la fin des années 1960. Sorti en 2007 sur un budget de 20 millions d'euros, le film divise la critique. Toutefois, le long-métrage obtiendra 871 770 d'entrées en France, 6,7 millions de dollars au box-office mondial, et deux nominations (meilleur décor et meilleurs costumes) aux César 2008.