La Garde suisse pontificale est une force militaire chargée de la sécurité protocolaire, d'assurer la garde des bâtiments du Vatican, et de la protection rapprochée du pape.
Elle est la dernière garde suisse encore existante parmi les détachements de mercenaires suisses qui servaient de garde rapprochée et protocolaire dans différentes cours européennes à partir du XVe siècle.
Créée le 22 janvier 1506 sur l'ordre du pape Jules II, elle est aujourd'hui l'une des plus petites armées du monde avec 135 militaires, tous citoyens suisses masculins catholiques, devant mesurer au minimum 174 centimètres, être célibataires au recrutement et âgés entre 19 et 30 ans.
Elle compte parmi ses saints patrons saint Nicolas de Flüe, saint Martin de Tours et saint Sébastien.
La Garde suisse a été appelée au Vatican par le pape Jules II le 21 juin 1505 quand le souverain pontife demanda à la Diète suisse, par la voix de Peter von Hertenstein, archidiacre de la cathédrale de Sion, de lui fournir un corps de deux cents soldats permanent pour sa protection. Les mercenaires suisses étaient un choix naturel car ils étaient les plus réputés d'Europe.
En septembre 1505, le premier contingent de gardes suisses se met en route pour Rome. Ils franchissent le col du Saint-Gothard à pied en plein hiver, et reçoivent leur solde du banquier Jacob Fugger. La date officielle de fondation de la Garde suisse pontificale est le 22 janvier 1506, date de l'entrée d'un premier contingent de hallebardiers organisés en compagnies commandées par l'Uranais Kaspar von Silenen sur la place du Peuple (Piazza del Popolo) dans la Ville éternelle.
En 1512, le pape leur accorde, au cours d'une cérémonie grandiose, le titre de « défenseurs de la liberté de l'Église », après qu'ils eurent sauvé le trône pontifical en se battant bravement contre les troupes du roi de France, Louis XII.
Son action la plus mémorable et la plus significative se déroule le 6 mai 1527, lorsque cent quarante-sept des « mercenaires de Dieu » périssent en combattant les lansquenets de Charles Quint pour défendre l'escalier menant au tombeau de saint Pierre, pendant que quarante-deux autres gardes suisses protègent la fuite du pape Clément VII au château Saint-Ange (ils seront les seuls survivants). Dès l'année qui suit cette tragédie, le 6 mai devient la date du « serment des recrues ».
D'autres corps armés pontificaux ont existé parallèlement dans le passé. Notamment la Garde corse qui est dissoute au XVIIe siècle à la suite de l'affaire de la garde corse. Ont également existé la garde noble et la garde palatine, toutes deux dissoutes en 1970 par le pape Paul VI.
C'est la plus vieille armée pontificale encore en exercice. Les troupes pontificales ne sont plus montées au feu des combats depuis leur défaite par les troupes italiennes, survenue en 1870 avec la prise de Rome, au terme de l'unification italienne.
La Garde suisse est notamment responsable des entrées du palais apostolique, des bureaux de la secrétairerie d'État et des appartements privés du pape. Elle partage avec la gendarmerie de l'État de la Cité du Vatican la charge de la sécurité du pape.
Cette force est formée de cent trente-cinq soldats.
Fondé sur le volontariat, le recrutement de la Garde suisse s'effectuait historiquement parmi les hommes de nationalité suisse et célibataires, originaires des cantons de Fribourg, Zurich et de Lucerne, auxquels se sont ajoutés par la suite les cantons d'Uri, d'Unterwald et du Valais.
De nos jours, il faut être citoyen suisse, de confession catholique romaine et jouissant « d'une réputation irréprochable » pour être enrôlable. Les futurs gardes suisses doivent être diplômés d'un CFC ou d'une école secondaire du deuxième degré (maturité ou baccalauréat suisse), avoir effectué l'école de recrues et être incorporés dans l'Armée suisse au service actif. Ils doivent également être âgés de 19 à 30 ans, célibataires et mesurer au moins 1,74 mètre.
Par ailleurs, on demandera au curé de leur paroisse de confirmer par écrit que les postulants sont de bons pratiquants et jouissent d'une réputation sans tache. Des entretiens préalables (pouvant durer plus de cinq heures) ont lieu en Suisse. Le fait de parler plusieurs langues est un atout, la langue allemande étant la langue officielle de la garde.
En 1929, à la suite des accords de Latran, le Conseil fédéral indique que « quiconque pourra y prêter service, comme c’est le cas actuellement, sans l’autorisation du Conseil Fédéral » car la Garde suisse n'est pas considérée par les autorités suisses comme un corps d'armée étranger, mais comme un corps de police.
Le service auprès de la Garde suisse pontificale n'a aucune incidence sur le décompte des jours de service au sein de l'armée de la Confédération suisse auxquels le militaire est astreint. Les gardes et anciens gardes bénéficient toutefois d'une loi suisse permettant à tout citoyen astreint au service militaire de supprimer leur obligation de servir après une période d'absence due à un départ permanent à l'étranger.
Après avoir été retenue, la nouvelle recrue prête serment de fidélité le 6 mai (en souvenir de l'action du 6 mai 1527) de sa première année de service (le mandat étant d'au minimum deux ans) dans la cour Saint-Damase (Cortile San Damaso) du palais apostolique. Les nouveaux incorporés écoutent le chapelain de la garde lire dans leur langue le texte du serment inchangé depuis cinq siècles :