Gabriel García Moreno y Morán de Butrón (Guayaquil, 24 décembre 1821 - Quito, 6 août 1875), est un aristocrate, homme d'État, et dictateur équatorien.
Conservateur, il prit les pleins pouvoirs en 1859 et renversa le dernier gouvernement républicain au profit d'un régime autoritaire. Dirigeant l'Équateur de 1859 jusqu'à sa mort avec un pouvoir quasi absolu, il réprime les révoltes et réunifie le pays durant la guerre civile qui oppose ses partisans face aux républicains. Fervent catholique, il consacra son pays au Sacré-Cœur en 1873 et fut assassiné en 1875.
Il exerça une influence politique autoritaire en Équateur de 1858 à 1875. En tant que sénateur de la province de Pichincha en 1857, il se démarqua en demandant l'abolition du tribut imposé aux Indiens. Il a pris le pouvoir à la suite de la crise de 1859, à la guerre déclarée par le Pérou et au blocus de Guayaquil.
Il a défendu la souveraineté de son pays contre les invasions et les tentatives de division du territoire équatorien par les gouvernements péruviens et colombiens de l'époque. Il s'est battu contre la résistance républicaine dirigée par le général José María Urbina. Pendant son règne dictatorial des projets culturels, scientifiques et éducatifs ont vu le jour, tels que la fondation de l'Académie équatorienne des langues, l'École polytechnique nationale et l'Observatoire astronomique de Quito.
Il instaure un régime dictatorial donnant une image sombre et sanguinaire de l'Équateur. Autoritaire, paranoïaque et persuadé que ses plus fidèles conseillers lui veulent du mal, il fait assassiner quiconque éveille ses soupçons, notamment de nombreuses personnes jusqu'à ses plus fidèles soldats. Il met fin à la guerre contre les républicains en 1860, avec la réunification du pays.
Assassiné, il mourut en prononçant ces mots : « Dios no muere! » (Dieu ne meurt pas !). Son régime, de type nationaliste catholique, prend fin peu de temps après sa mort.
Gabriel Garcia Moreno naît à Guayaquil le 24 décembre 1821, six mois avant la chute du gouvernement espagnol et la proclamation de la république dans cette lointaine colonie des bords du Pacifique. Son père, Gabriel Garcia-Yangüas y Gomez de Tama, aristocrate espagnol de Nouvelle-Castille, reste fidèle au gouvernement espagnol et préfère au parjure les confiscations et la pauvreté. Sa mère, dont il prend le nom, suivant un usage espagnol, à la place du deuxième nom de son père, s'appelle dona Mercedes Moreno y Morán de Butrón; elle est la fille d'un aristocrate et magistrat de Guayaquil. Les deux époux ont huit enfants qu'ils élèvent dans le catholicisme et le patriotisme, lorsque l'Espagne eut reconnu, par traité, l'indépendance de l'Equateur. Gabriel est le huitième enfant de cette famille. Jeune, Moreno milite dans un mouvement révolutionnaire et participe à la révolution Marcista contre le régime du président Juan José Flores. Ensuite, il publie des pamphlets acides, dans « Le Fouet », journal qu’il a créé, qui fustigent la politique anticléricale du gouvernement, et prend une part active à la lutte qui aboutira en 1845 à la chute de Flores. Gabriel García Moreno devient alors chargé de faire rentrer les impôts en retard. Il a alors 24 ans.
Mais le libéral Vicente Ramón Roca, le successeur de Flores, profite rapidement de la situation pour s’enrichir aux dépens de ses compatriotes.
Moreno dénonce les scandales gouvernementaux. Mais lorsque Flores, à la tête d’une armée, monte une expédition pour tenter de reprendre le pouvoir, il préfère concentrer ses critiques sur les dangers qu’impliqueraient son retour.
Roca, impuissant, sollicite l’aide de Moreno, qui rétablit le calme rapidement en récupérant notamment la ville de Guayaquil aux mains de Flores. Mais ne cesse pas pour autant ses saillies contre les dirigeants qui font de l’Équateur « un véritable enfer où le désordre et la confusion paraissent aussi naturalisés que dans le bagne éternel ».
Déçu que ses idées ne soient pas entendues au plus haut, il décide de s’expatrier pour l’Europe, au moment même où l’administration Roca s’effondre. Il parcourt l’Allemagne, l’Angleterre et, surtout, la France : là, l’équatorien est marqué par la détermination d’Adolphe Thiers à combattre le socialisme.
À son retour, il rencontre les Jésuites expulsés de Colombie, et soutient leur implantation en Équateur. L'implantation des jésuites pousse le président colombien, José Hilario López(franc maçon) à déclarer la guerre à l'Équateur.Cette lutte d’influences lui vaudra l’exil, lorsque le général Urbina arrive à la tête de l’État. Il parvient toutefois à être élu sénateur par la population de Guayaquil, son « fief », avant de retourner sur le vieux continent – où sa pratique religieuse s’intensifie – dans le but de se préparer à sa future mission nationale dont il est persuadé.
Ses partisans réclament un régime nationaliste, conservateur et catholique, en opposition avec le régime républicain. Moreno demande la fin de l'ère marcista et de ses idées libérales et radicales. Le président Francisco Robles García, successeur d'Urbina, mène une politique militariste, anticléricale et nationaliste. Il accorda un terrain aux créanciers britanniques pour annuler la dette et rompit les relations avec le Pérou, qui bloquèrent les côtes équatoriennes en 1858.
À son retour en mai 1859, Quito est le théâtre d’un soulèvement populaire, les conservateurs réclament la démission du président.
Moreno prend la tête de l'opposition et prend rapidement le contrôle de Guayaquil. Le président Robles García s'enfuit et prend la route de l'exil. Le général Urbina s'oppose à l'arrivée au pouvoir de Moreno, prend les armes et s'installe à Quito avec ses partisans républicains. Moreno prend les pleins pouvoirs et proclame la « Nation équatorienne » qui remplace la République.
Après une période d'instabilité de deux ans marquée par la cohabitation de plusieurs gouvernements concurrents, Gabriel García Moreno, chrétien et conservateur, réunifia le pays en 1860, en chassant de Quito le général Urbina qui s'exila. C'est la fin de la guerre civile.
Au pouvoir, Moreno rétablit l’ordre. Soutenu par l’armée et la population, il met en place une nouvelle constitution.
La nouvelle constitution stipule que la religion catholique est la seule véritable religion, et que tout individu qui appartiendrait à une religion prohibée se verra refuser le droit de vote et l’accès à la fonction publique. S’agissant de l’ordre public, elle détermine des peines sévères en cas de rébellion. Elle accorde surtout à Moreno un réel droit de veto sur les projets de loi.