Ce Jour-là

Gésip Légitimus

Producteur TV, producteur de disques, acteur français

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Victor-Hégésippe Légitimus, dit Gésip, né le 22 août 1930 à Paris 10e et mort le 18 janvier 2000 à Paris 15e, est un pionnier dans l'expression audiovisuelle, artistique, politique et associative afro-antillaise en France.

Il est le fils de l'artiste Darling Légitimus et petit-fils du député Hégésippe Jean Légitimus.

Son père Étienne, journaliste, a collaboré à la fondation du MRAP et de la LICRA et créa les premières discothèques antillaises à Paris ainsi que la Solidarité antillaise, première grande association antillaise à vocation sociale destinée à soutenir et aider les Antillais vivant en métropole à s’intégrer et à obtenir des conditions de vie et de travail décentes.

Il appartient à une grande famille, d’origine antillaise, d’artistes plus ou moins populaires dont sont issus les comédiens Pascal, son neveu, Samuel, son fils, Diana, illustratrice, auteure-compositeure et chanteuse, sa fille, ainsi que le chanteur David, un autre de ses fils. On peut encore citer Théo, comédien et musicien, son frère aîné, le père de Pascal et ses frères, Gustave et Clément, tous deux musiciens. Certains de ses petits enfants sont aussi artistes.

Il est père de neuf enfants. Il a épousé, dans les années 1960, la journaliste de radio et de presse féminine Noéma Thomassine, élue Miss Antilles en 1958, avec laquelle il a eu sept enfants.

Chevalier des Arts et des Lettres, il est producteur d’émissions télévisées, producteur de disques, éditeur de musique, concepteur audiovisuel, directeur artistique, organisateur d’événements et de spectacles, homme de radio et de télévision, journaliste, président d’associations et du Centre international de création audiovisuelle francophone (CICAF) et de la Fédération des Artistes Noirs d'Expression Française (FANEF), directeur général d'African TV Productions et occasionnellement acteur et musicien.

Gésip est un artiste plutôt précoce, puisqu’il commence sa carrière à trois mois. Il est en effet, le bébé noir du premier film parlant de Sacha Guitry : Le Blanc et le Noir, avec Raimu, Pauline Carton et Fernandel, dont c’est également le premier film. Au cinéma, il joua dans plusieurs films dont, en 1961, Gala, court-métrage de Jean-Daniel Pollet et François Bel dont il est la vedette. Il devint coproducteur du premier film réalisé par le hongrois László Szabó, Les Gants blancs du diable avec Bernadette Lafont et Jean-Pierre Kalfon.

Il apparaît en 1979 dans le film Tous vedettes, une comédie musicale française, réalisée par Michel Lang, sortie sur les écrans au printemps de l’année suivante.

En 1964, il joue le rôle d'un des fils de Noé dans le téléfilm réalisé par Jean-Christophe Averty, Les Verts Pâturages.

Il tourne aussi avec Henri Salvador, en 1961 dans son Scopitone pour le titre Faut rigoler.

Au théâtre, où il est comédien depuis l’âge de 8 ans aux côtés de Jean-Louis Barrault, Henri Rollan, Henri Crémieux, Lucien Coedel, il se forme à la mise en scène en devenant le collaborateur de Raymond Rouleau au théâtre Édouard VII en 1949, pour la pièce Un tramway nommé Désir de Tennessee Williams avec Arletty, Louis de Funès, Milly Mathis, Darling Légitimus et en 1954 au théâtre Sarah Bernhardt dans Les Sorcières de Salem, auprès d’Yves Montand, Simone Signoret, Nicole Courcel - avec qui il a une relation -, Pierre Mondy, et Darling Légitimus. Il collabora en 1959 avec Roger Blin pour la création au théâtre de Lutèce de la pièce Les Nègres de Jean Genet avec la troupe « les Griots ». Il fonda, afin de soutenir ses compatriotes dans le monde artistique métropolitain, la Fédération des Artistes Noirs d’Expression Française (FANEF), qui soutint des compagnies théâtrales telles « Les Griots » et « Le Théâtre Noir », administrée par son frère Théo. En 1966 il reçoit les félicitations du président Léopold Sédar Senghor et d'Aimé Césaire pour la direction de la délégation des Artistes français représentant la France au Festival mondial des Arts nègres à Dakar, avec Joséphine Baker - qui était sa marraine civile - et Moune de Rivel.

En 1979, il fut nommé directeur du théâtre de la Renaissance, où il travailla auprès de Francis Lopez, et fonda le Centre international de création audiovisuelle francophone (CICAF).

Musicien (trompettiste et chanteur), avec ses frères Théo (guitariste), Gustave (chef d’orchestre et batteur réputé, mort prématurément) et Clément (guitariste), il anima "L'Orchestre Légitimus" jazz et salsa qui fit de 1947 à 1969 « les beaux soirs du tout Paris exotique ». Il se spécialisa dans l’organisation de galas et de bals des grandes écoles parisiennes. Son groupe folklorique antillais représenta la France dans plusieurs festivals internationaux (Bari, Nice, La Rochelle), de 1953 à 1959 et remporta la médaille d’or chaque fois. Il organisa à Paris et en province plus de 500 spectacles, gagnant ainsi la reconnaissance des plus grands musiciens de salsa qui lui devaient, en partie, leur célébrité dans l’Hexagone. Il fut créateur de « la Savane », club de jazz exotique réputé de 1957 à 1963. Il contribua également à l’organisation de grandes manifestations nationales telles que « la France des quatre coins du monde » en 1976, au Palais des congrès de Paris.

Il fut aussi directeur artistique auprès d'Eddie Barclay, de même que de Francis Lopez — célèbre pour ses opérettes, pour lequel il organise le tournage de Quatre Jours à Paris et de La Perle des Antilles — et aussi pour plusieurs groupes musicaux, dont Touré Kunda et Exile One.

Secrétaire de rédaction du journal de son père, Le Correspondant Antillais, il devint d’abord rédacteur dans différents journaux : Bingo, Jeune Afrique, France Antilles, puis il crée avec le musicien africain Manu Dibango, le journal Afro Music. Il fonde, cofinance et administre en collaboration avec le journaliste africain Pierre Coula, BLACK HEBDO « Le Journal du Monde Noir », premier journal hebdomadaire destiné aux personnes de couleur en France en 1976.

De 1956 à 1958, Gésip est élève avec Claude Lelouch et Michel Polac du Centre d’Études Supérieures de Radio Télévision dont une partie de cet enseignement est aujourd’hui reprise à l’IDHEC et à l’INA.

Producteur et concepteur de télévision, dès l’âge de 30 ans, directeur artistique, Gésip Légitimus a contribué au développement de l’audiovisuel et à la promotion des artistes noirs d’expression française. Initiateur de plusieurs entreprises, premier (et longtemps unique) producteur noir d’émissions de télévision, il fit connaître aux téléspectateurs français un grand nombre de talents noirs de tous horizons : Jo Archer, Gérard La Viny, Manu Dibango, Tânia Maria, Bonga, Clyde Wright (en) et le Golden Gate Quartet, Martinho Davila, Paulo Moura, Tito Puente, Marius Cultier, La Velle, Rhoda Scott, les Gibson Brothers, etc.

Il créa une série d’émissions télévisées dès 1967, Pulsations, (c’est d’ailleurs à cette occasion et à sa demande, que Manu Dibango trône à la tête de son premier big band. Gésip encourage le musicien à durcir son propos musical, et urbaniser son inspiration. D’ailleurs, Manu Dibango plagia les concepts originaux d’émissions de Gésip Légitimus, pour produire Salut Manu, qu’il anima dans les années 1980), Sur tous les tons, Rythmes du temps. Il y reçoit des vedettes de la chanson française comme Claude Nougaro, Nino Ferrer ou Mike Brant, Samsong avec Billy Nencioli, ainsi que les concerts de Sammy Davis Jr., Jimmy Smith, Thelonius Monk, Myriam Makeba, Nina Simone, Ray Charles et le 70e anniversaire de Duke Ellington à l’Alcazar.

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