Ce Jour-là

Gérard Oury

Cinéaste français

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Max Gérard Houry, dit Gérard Oury, né le 29 avril 1919 à Paris et mort le 19 juillet 2006 à Saint-Tropez, est un réalisateur, scénariste et acteur français.

En tant que réalisateur, ses plus grands succès sont Le Corniaud, La Grande Vadrouille et Les Aventures de Rabbi Jacob, tous portés par Louis de Funès. Il est le scénariste de tous ses films, à l'exception de Fantôme avec chauffeur. Il a également été l'auteur et le metteur en scène d'une pièce de théâtre. Il a réalisé dix-sept longs-métrages.

Réalisateur de grands succès populaires, il est honoré à la fin de sa carrière d'un César d'honneur en 1993, décerné en l'honneur de l'ensemble du cinéma comique français, d'une entrée à l'Académie des beaux-arts en 1998, au fauteuil de René Clément, et d'une rétrospective consacrée à son œuvre au Festival de Cannes 2001.

Fils d'un violoniste juif d'origine russe, Serge Tenenbaum, et de Marcelle Houry (1894-1980), critique d'art au journal Paris-Soir, résidant au 24 ou au 26, rue de la Tour (immeubles de dimensions différentes et de même architecte anonyme) à Paris, elle-même juive mais non pratiquante, Max Gérard Tenenbaum prend ensuite officiellement, en 1950, le nom de jeune fille de sa mère, devenant Max Gérard Houry. Il mène une scolarité sans histoire au lycée Janson-de-Sailly et y côtoie François Périer, Jean Dutourd et Maurice Siegel. À dix-sept ans, il suit les cours de René Simon, puis il entre au Conservatoire en 1938, aux côtés de Bernard Blier et François Périer, dans la classe de Béatrix Dussane. Pensionnaire de la Comédie-Française en 1939, il obtient son premier rôle que lui confie Édouard Bourdet dans Britannicus, en remplacement d'un acteur mobilisé. En 1940, il fuit la zone occupée avec sa compagne comédienne, Jacqueline Roman (élue miss Exposition en 1937), d'abord en zone libre, puis à Marseille, à Monaco et enfin à Genève afin d'échapper aux mesures antisémites ayant cours dans la France occupée. En 1942, il ne reconnaît pas sa fille unique, la réalisatrice Danièle Thompson, pour lui éviter le statut imposé aux juifs. À Marseille, il participe aux émissions de théâtre de la radio nationale, repliée sur place. À nouveau évincé pour les mêmes raisons, il est remarqué par Paul Olivier, l'agent de Raimu, qui l'engage dans une revue avec Alibert, Raimu et Rellys. Raimu le prend un temps sous son aile. C'est aussi à cette époque, en zone libre, qu'il fait ses premiers pas au cinéma, en tant qu'acteur, dans Les Petits riens et Médecin des neiges (1942), de Marcel Ichac.

Après la Seconde Guerre mondiale, il revient en France. Il joue au théâtre (notamment Les Vivants d'Henri Troyat, au Vieux-Colombier en 1945), et quelques seconds rôles au cinéma (Antoine et Antoinette, de Jacques Becker, en 1948). Il boucle ses fins de mois avec les toiles que lui remettait Raoul Dufy, l'un des amis artistes de sa mère, qui l'avait initié à l'art.

On le voit aussi dans La Belle que voilà (1949) de Jean-Paul Le Chanois. C'est dans ce film, dont le scénario est de Françoise Giroud, qu'il embrasse pour la première fois Michèle Morgan, dans une scène tournée dans un ascenseur. Un baiser de cinéma qui n'enflamme pas l'actrice. Dans Garou-Garou, le passe-muraille (1951) de Jean Boyer, il reçoit des claques de la part de Bourvil, « le meilleur homme qu'il m'ait été donné de connaître », disait-il. On le voit encore dans La nuit est mon royaume (1951) de Georges Lacombe, La Fille du fleuve (1955) de Mario Soldati, La Meilleure Part (1956) d'Yves Allégret ou encore Le Dos au mur (1958) d'Édouard Molinaro.

En 1958, il s'essaie au scénario dans Le Miroir à deux faces, coécrit avec André Cayatte. C'est à cette occasion qu'il entame une relation sentimentale avec Michèle Morgan, qui ensuite va demeurer sa compagne jusqu'à son décès.

En 1960, la même année où débute son activité de réalisateur en tournant La Main chaude et La Menace, Gérard Oury effectue un retour inattendu et remarqué au théâtre. Il termine sa carrière de comédien de théâtre sur un rôle prestigieux puisque le metteur en scène Raymond Rouleau fait appel à lui pour interpréter Don Salluste dans Ruy Blas à la Comédie-Française. Il devient ainsi pensionnaire du « Français » pour la seconde et dernière fois, après l'avoir été en 1939. Affirmant que « personne [dans la troupe de la Comédie-Française] n'est à l'heure actuelle apte à jouer le rôle » de Don Salluste, Raymond Rouleau a imposé qu'il soit interprété par Gérard Oury. Or, les sociétaires sont contre le fait de faire venir un acteur de l'extérieur, « de surcroît metteur en scène de cinéma », pour tenir ce rôle que pourraient jouer avec brio des acteurs du « Français » ; Gérard Oury lui-même juge que des pensionnaires comme François Chaumette ou Bernard Dhéran auraient très bien pu interpréter Don Salluste « différemment mais aussi bien que [lui] ». La troupe n'apprécie pas non plus qu'une dérogation dans son contrat d'engagement autorise Oury à quitter la pièce au bout de seulement six mois, pour partir réaliser son troisième film, car cela leur est interdit par le décret dit « de Moscou », sauf autorisation expresse de l'administrateur. Enfin, des tensions éclatent entre Raymond Rouleau et l'interprète de don César de Bazan, Robert Hirsch, tous deux de grands noms du théâtre, amenant Hirsch à quitter avec fracas les répétitions le 26 octobre, près d'une semaine avant la présentation au public de la pièce. Le lendemain, par voie de presse, l'acteur rend Gérard Oury responsable de son départ : « Je quitte Ruy Blas parce que je ne suis pas d'accord avec la mise en scène. Elle est trop rigide et ne tient pas compte de ma personnalité. Surtout, je ne peux pas jouer avec Gérard Oury, acteur imposé par Raymond Rouleau et dont je déplore l'engagement ». Les deux acteurs ne se côtoient pourtant que lors de deux scènes, très courtes, la scène 2 de l'acte I et la 7 de l'acte IV. Se sentant « à la fois bouc émissaire et dindon de la farce », Oury pense à partir également et se rend dans le bureau de l'administrateur Maurice Escande, qui le convainc de rester. À la sortie du bureau, Oury rencontre Hirsch et tous deux en viennent aux mains. La presse parisienne rapporte leur violente dispute : L'Aurore, France-Soir, Paris-Presse titrent « Hirsch et Oury se battent sous les yeux de l'administrateur », « Ils se sont colletés pour Ruy Blas », « De Gaulle va arbitrer l'affaire Ruy Blas ». La première de Ruy Blas a lieu le vendredi 4 novembre 1960, en présence du président de Gaulle (qui salue Oury d'un « maître ») et du ministre de la Culture Malraux. Jacques Destoop joue le rôle-titre et Claude Winter la reine, tandis que Rouleau a remplacé Robert Hirsch par Jean Piat, qui se révèle très bon dans le rôle de Don César. Oury interprète un don Salluste « un peu triste, hiératique, très digne » mais l'idée de détourner en comédie ce drame de Victor Hugo lui vient, trouvant ainsi l'inspiration pour ce qui devient dix ans plus tard La Folie des grandeurs.

« À chaque représentation, pendant l'acte II dont je ne suis pas, ou tandis que mort j'attends de me relever, je pense qu'on pourrait faire de ce drame une irrésistible comédie : quiproquos valet-maître, maître déguisé en laquais, duègne folingue, Barbaresques chez lesquels Salluste expédie son cousin César, maison truquée, reine d'Espagne somme toute complètement idiote. Et ce Salluste, pourquoi toujours le faire jouer en troisième couteau ? Moi, je le distribuerais à un acteur comique, Louis de Funès par exemple. Je sais, il est inconnu mais il a du génie, on s'en apercevra bientôt. Je m'amuse au jeu des titres. (…) Ruy Blaze avec un Z ? Les Sombres Héros ? (Sombréros !) Ou tiens, pourquoi pas : La Folie des grandeurs ? »

Gérard Oury réalise son premier film, La Main chaude, en 1959. C'est l'histoire d'une riche veuve qui prête 100 000 francs à Lécuyer (interprété par Alfred Adam) pour qu'il envoie son fils à la campagne. Or, Lécuyer donne cet argent à sa maîtresse pour qu'elle avorte. Mais n'étant pas enceinte elle remet la somme à son autre amant afin qu'il s'achète un scooter. En fait, il se sert de ce pactole pour séduire une jeune femme qu'il croit riche… Lors de sa sortie en salle en 1960, le film est un échec commercial.

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