Gérard Longuet, né le 24 février 1946 à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), est un haut fonctionnaire et homme politique français.
Député puis sénateur de la Meuse et titulaire de nombreux mandats locaux en Lorraine, il est ministre sous les deux premières cohabitations. Il est nommé ministre de la Défense et des Anciens Combattants sous le gouvernement de François Fillon.
Libéral-conservateur, Gérard Longuet est également président du Parti républicain dans les années 1990, vice-président du mouvement Les Réformateurs et président du groupe UMP au Sénat.
Gérard Edmond Jacques Longuet est le fils de Jacques Longuet, commandant de la base aérienne 113 entre 1952 et 1954, et de Marie-Antoinette Laurent, assistante sociale.
Après un cursus scolaire au lycée Henri-IV de Paris, Gérard Longuet entame des études de droit et de lettres à l'université Panthéon-Assas. Il est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (promotion 1966). Il est titulaire d'un diplôme universitaire d'études littéraires en sociologie[Quand ?], puis un diplôme d'études supérieures (DES) en science politique (1968).
Il a épousé Brigitte Fossorier et il a quatre filles : Tiphaine, Élise, Aurore, Marguerite. Il est le beau-frère par alliance du milliardaire Vincent Bolloré.
Un engagement à l’extrême droite
Au printemps 1964, il prend part, en compagnie d'Alain Madelin, à la création du mouvement d'extrême droite Occident, souvent impliqué dans des affrontements violents contre l'extrême gauche.
Le 12 janvier 1967, Gérard Longuet participe à un commando d'Occident qui attaque des étudiants d'extrême gauche du Comité Vietnam national à l'université de Rouen. Parmi les nombreux blessés, Serge Bolloch – il deviendra vingt ans plus tard journaliste au Monde – est dans le coma, le crâne fracassé. Le 12 juillet 1967, il est condamné à 1 000 francs d'amende comme co-auteur de « violence et voies de fait avec armes et préméditation », en même temps que douze autres militants de l'extrême droite – dont Patrick Devedjian, Alain Madelin, Alain Robert.
Après la dissolution d'Occident par le Conseil des ministres en octobre 1968, il rejoint ensuite le Groupe union défense (GUD), un autre groupuscule d'extrême droite mené par Alain Robert, dont il écrit la charte, puis Ordre nouveau, destiné à rassembler les nationalistes.
En 1969, il devient attaché de presse pour le Conseil national du patronat français, l'ancêtre du Medef.
En 1971, il fait partie avec Claude Goasguen de la direction d'Ordre nouveau, dissous par décret du Conseil des ministres le 28 juin 1973 pour « atteinte à la sûreté de l’État ».
Il entre à l'École nationale d'administration (ENA) en 1971 et en sort en 1973 (promotion François-Rabelais).
Entre-temps, en 1973, il rédige le premier programme économique du Front national.
Étant l'un des « plus actifs » aux réunions du Club de l'horloge, il en est nommé membre d'honneur[Quand ?].
De ses engagements à l'extrême droite dans les années 1960-1970, il dit : « J'assume avoir été d'extrême droite. On s'est simplement trompé sur le modèle colonial, qui ne pouvait perdurer ».
Carrière politique au sein de la droite parlementaire
Nommé sous-préfet durant l'été 1973 à sa sortie de l'ENA, il est d’abord directeur de cabinet des préfets de l'Eure (1973-1974), puis de la Somme (1974-1976) et enfin de Jacques Dominati, secrétaire d’État auprès du Premier ministre Raymond Barre (1977-1978).