Ce Jour-là

Gérard Lebovici

Producteur et éditeur français

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Gérard Lebovici, né le 25 août 1932 à Paris, où il est mort assassiné le 5 mars 1984, est un producteur de cinéma, imprésario, mécène et éditeur français.

Gérard Lebovici naît le 25 août 1932 dans le 8e arrondissement.

Il est issu d’une famille de juifs roumains : son père est courtier en matières premières ; sa mère Marie Lebovici, née Sarovici, née le 6 septembre 1900 à Bucarest, est déportée par le convoi n° 38 le 28 septembre 1942 du camp de Drancy vers Auschwitz où elle meurt.

À l'âge de vingt ans, Gérard Lebovici envisage une carrière d'acteur de théâtre. Comme son cousin Serge Lebovici, il suit des cours de théâtre au conservatoire de Saint-Germain-en-Laye quand son père meurt. Obligé d'assurer sa subsistance, il reprend la petite affaire de poils et brosses de son père.

Sa passion pour le monde du spectacle le rattrape : en 1960, sur les conseils de ses amis Serge Rousseau et Claude Berri, il fonde dans une chambre de bonne sa première agence d’imprésario, avec Michèle Méritz, dont un des premiers clients est Jean-Pierre Cassel.

Au cours des années 1960, Gérard Lebovici va connaître une réussite fulgurante dans le milieu du cinéma grâce à son flair et sa capacité à anticiper et innover.

Il produira par la suite les films d'Alain Resnais, François Truffaut et Éric Rohmer, ainsi que des films plus commerciaux.

Pour fonder un empire dans le milieu du cinéma, il reprend en 1965 l'agence d'André Bernheim, puis absorbe l'agence Cimura, qui a sous contrat Jean-Paul Belmondo, pour aboutir en 1970 à la création d'Artmedia, première agence en Europe pour les contrats de stars dans le monde du cinéma. Artmedia dispose d'un « portefeuille » de scénaristes, de réalisateurs et d'acteurs de grand renom, qui signent des contrats avec elle.

Dix ans plus tard, au milieu des années 1970, elle acquiert aussi la société de production A.A.A. (Acteurs auteurs associés).

Lebovici s'entoure de collaborateurs comme Bertrand de Labbey, Jean-Louis Livi et Serge Rousseau qui au début des années 1970, vont découvrir une nouvelle génération d'acteurs : Patrick Dewaere, Coluche, Miou-Miou, ou Jacques Villeret, parfois déjà connus dans le monde du théâtre via le succès de leurs pièces.

Par ailleurs, s'intéressant à la musique classique, Gérard Lebovici a publié des ouvrages musicologiques : les Écrits d'Erik Satie (1981) et En Évoquant Wagner de Francis Pagnon (1981).

Relations avec les situationnistes

Éditions Champ libre, fondées en octobre 1969

Peu politisé dans sa jeunesse, Lebovici a longtemps été proche de la gauche modérée, notamment de l'avocat mendésiste Georges Kiejman.

Sa rencontre avec Floriana Valentin, une Italienne née le 6 juillet 1940, et avec l'ex-communiste Gérard Guégan, journaliste aux Cahiers du cinéma et proche du cinéaste Jean-Luc Godard, maoïste du groupe Gauche prolétarienne, l'amènent à une prise de conscience politique au moment des événements de Mai 68. Lors de la nuit d'émeute du 24 mai 1968, Gérard Guégan s'était réfugié chez Lebovici et sa femme. Lebovici estimera plus tard avoir vu dans Mai 68 les prémices d'une véritable révolution.

Un an et demi après Mai 68, le 10 octobre 1969, Gérard Lebovici fonde avec Gérard Guégan, Alain Le Saux et Floriana, devenue son épouse, une maison d'édition qu'il veut atypique, sous le nom de Champ libre. Par l’entremise du vieil ami Georges Kiejman, avocat de la maison d'édition Gallimard, Champ libre compte sur la logistique de la première maison d'édition française pour sa diffusion et sa distribution.

En 1971, Lebovici rencontre Guy Debord, figure clé du situationnisme. L'éditeur et homme de cinéma lui propose, pour son livre La Société du spectacle, initialement édité en décembre 1967 par Buchet-Chastel avec qui Debord est alors en litige, une nouvelle publication de son ouvrage, bénéficiant ainsi d'une diffusion et distribution par la maison d'édition amie Gallimard, car il perçoit en lui un penseur original qui contribue à aiguiser son sens critique et à radicaliser ses opinions politiques par rapport à la vulgate gauchiste.

Lebovici finance trois films de Debord dont La Société du spectacle en 1973. En novembre 1974, il licencie Gérard Guégan, dont le premier roman, La Rage au cœur, a obtenu un vif succès en mai 1974, et qu'il soupçonne de vouloir contrôler Champ libre. Les quelques autres salariés sont virés « dans l’heure qui suit ».

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