La Généralité de Catalogne (en catalan : Generalitat de Catalunya ; en occitan : Generalitat de Catalonha ; en espagnol : Generalidad de Cataluña) est l'organisation politique de la communauté autonome de Catalogne, en Espagne. Elle est régie par le statut d'autonomie de la Catalogne entré en application en 2006.
La Généralité est installée à Barcelone, capitale de la Catalogne. Elle est formée de plusieurs organes qui détiennent les pouvoirs législatif et exécutif régionaux : le Parlement de Catalogne, la présidence de la Généralité de Catalogne (Presidència de la Generalitat de Catalunya), le gouvernement de Catalogne et les autres institutions de la Généralité de Catalogne forment son administration. Le Parlement de Catalogne (Parlament de Catalunya) élabore et adopte les lois, et contrôle le gouvernement. Il siège au palais du Parlement, situé au parc de la Ciutadella. La présidence de la Généralité de Catalogne dirige le gouvernement de Catalogne. Le président est le chef du gouvernement. Élu par le Parlement, il est nommé par le roi. La présidence a son siège au palais de la Généralité. Le gouvernement de Catalogne (Govern de la Generalitat), ou conseil exécutif de Catalogne (Consell Executiu), dirigé par le président de la Généralité, propose les lois au Parlement et les fait appliquer.
Des Corts à la députation du général
Comme la Généralité valencienne, la Généralité de Catalogne doit son origine aux députations permanentes créées pour assurer l'administration entre les réunions des Corts Catalanes (« cours », « états généraux » de la principauté de Catalogne), dans les différents États de la couronne d'Aragon, en particulier la principauté de Catalogne, le royaume d'Aragon et le royaume de Valence.
Pendant le règne de Jacques Ier le Conquérant (1208-1276), les Corts sont convoquées par le roi. Sous Pierre II le Grand (1276 – 1285) elles prennent forme institutionnelle ; le roi s'engage à les réunir chaque année, ce qu'il ne fait d'ailleurs pas. Les Corts Catalanes sont divisées en trois braços (« bras »), représentant chacun un état ou ordre de la société : le « bras ecclésiastique » (braç eclesiàstic) rassemblait le clergé, le « bras militaire » (braç militar) la noblesse, et le « bras populaire » (braç popular), aussi appelé « chambre royale » (cambra reial), les villes royales. L'ensemble de ces délégués étaient appelés le « général de Catalogne » (lo General de Cathalunya), comme représentant l'ensemble de la population catalane.
En 1289, aux Cortes de Monzón en Aragon, est créée une députation générale d'Aragon, commission temporaire chargée de recueillir entre les réunions des Corts les subsides que ces dernières accordaient au roi. En effet, comme les états généraux en France, la principale mission des Corts était de concéder au roi le droit de lever de nouveaux impôts, mais aussi, à la différence de la France, de lever ces mêmes impôts[pas clair].
Lors des Corts Catalanes de 1358 – 1359, réunies à Barcelone, Vilafranca del Penedès et Cervera, le roi Pierre IV, qui doit à tout prix obtenir des fonds pour repousser une invasion castillane en Aragon et en Pays valencien, accorde aux Corts le droit de déléguer leurs fonctions entre chaque réunion à douze personnes à titre permanent. Cette députation permanente obtient des compétences fiscales et peut notamment nommer des auditeurs des comptes qui contrôlent l'administration royale. La députation rassemble des membres de chaque « bras » et est présidée par un ecclésiastique. Le premier d'entre eux est Berenguer de Cruïlles, évêque de Gérone.
C'est donc en 1359 à Cervera que naît la députation du général. Ces douze personnes (quatre ecclésiastiques, quatre nobles et quatre bourgeois) dont deux sont originaires du Roussillon, sont chargées de faire la répartition des impôts. Aux Corts suivantes de 1364, on élargit[style à revoir] le nombre des membres de la Généralité à sept personnes, qui désormais résident à Barcelone : deux ecclésiastiques, deux nobles et trois bourgeois. Peu à peu, en plus de répartir les impôts, la Généralité contrôle les décisions du roi, qui doivent être conformes aux Constitutions catalanes. Quand les nouvelles Corts se réunissent, elles vérifient les travaux de la Généralité précédente et des accords ou des désaccords sont prononcés.
Quelques années plus tard, la Généralité est composée de trois députés élus pour trois ans, entre chaque session des Corts. Elle prend saint Georges (Sant Jordi) terrassant le dragon comme patron de la Catalogne.
Peu à peu, les trois députés de la députation du général, dont le président est toujours un ecclésiastique, s'intéressent à l'orientation politique de la principauté de Catalogne. Elle lève ses propres troupes et entretient ses galères. Elle prend des initiatives diplomatiques. Il devient périlleux, pour un souverain, de sous-estimer la Généralité, qui s'appuie sur ses constitutions.
Les pouvoirs de la députation du général sont sans cesse réduits par les souverains espagnols. À la suite de la révolte de la Catalogne et des États de la couronne d'Aragon lors de la guerre de Succession d'Espagne, Philippe V décide de supprimer les privilèges et pouvoirs de ces États. Par les décrets de Nueva Planta, il décide la fin de la Généralité de Catalogne en 1716.
Période républicaine (1931-1939)
Dans le contexte de l'instauration de la Seconde République espagnole, la Généralité de Catalogne est instaurée le 2 août 1931. Elle est régie par un nouveau statut d'autonomie, surnommé Statut de Núria. Après l'échec de la proclamation d'un État catalan par le président Lluís Companys, le 6 octobre 1934, la Généralité est suspendue, ses conseillers arrêtés et emprisonnés.
À la suite de la victoire aux élections générales de 1936 du Front populaire, qui prend en Catalogne la forme d'un Front des Gauches (Front d’Esquerres), la Généralité est rétablie. Le déclenchement de la guerre d'Espagne, en juillet 1936, voit la Généralité sauvée par les anarchistes catalans vainqueurs ici de l'offensive nationalistes, puis l'invasion de la Catalogne et la victoire des nationalistes en 1939 provoquent la fin de la Généralité catalane.
Elle se reconstitue cependant en exil à partir de 1940, mais son président, Lluís Companys, est arrêté et torturé puis exécuté au château de Montjuïc à Barcelone le 15 octobre 1940.
Le retour à la démocratie, en 1977, amène le président de la Généralité en exil, Josep Taradellas, à revenir en Catalogne et prononcer son fameux « Ciutadans de Catalunya, ja sóc aquí ! » (« Citoyens de Catalogne, je suis ici ! »).
Retour à la démocratie (depuis 1977)
Josep Tarradellas devient président de la Généralité provisoire, reconstituée avec l'appui du gouvernement espagnol. Elle se dote de nouvelles institutions et d'un nouveau statut, approuvé en 1979. Elle devient le véritable organe du pouvoir législatif, exécutif et judiciaire de la nouvelle communauté autonome de Catalogne.