Ce Jour-là

Front de libération nationale (Algérie)

Parti politique algérien

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Le Front de libération nationale (FLN, en جبهة التحرير الوطني (Jabhat at-Taḥrīr al-Waṭanī) ; en tamazight : ⵜⵉⵔⵏⵉ ⵏ ⵡⴻⵙⵍⴻⵍⵍⵉ ⴰⵖⴻⵍⵏⴰⵡ (Tirni n Weslelli Aɣelnaw), officiellement Parti du Front de libération nationale (PFLN), est un parti politique algérien fondé en 1954, au pouvoir de 1962 à 1992 et depuis 1999. Il est dirigé par Abdelkarim Benmbarek depuis le 13 novembre 2023.

Le FLN est créé en octobre 1954 pour obtenir de la France l'indépendance de l'Algérie, alors divisée en départements. Le FLN et sa branche armée, l'Armée de libération nationale (ALN), commencent alors une lutte contre l'empire colonial français. Par la suite, le mouvement s'organise et, en 1958, le FLN forme un gouvernement provisoire, le GPRA. C'est avec le GPRA que la France négocie en 1962 les accords d'Évian.

À l'indépendance, le FLN prend ainsi le pouvoir, et s'en assure l'exclusivité en instaurant le système de parti unique. Après d'importantes luttes internes, Ahmed Ben Bella prend la tête du parti, et donc de l'État. Il sera renversé trois ans plus tard par Houari Boumédiène (1965-1978) qui prend les pleins pouvoirs, réduisant largement la place du parti.

Le FLN reprend une importance centrale avec Chadli Bendjedid (1979-1992), qui est poussé, par de nombreuses protestations, à approuver une nouvelle Constitution et à introduire le multipartisme (1989).

Avec les premières élections libres, en décembre 1991, le FLN subit une lourde défaite mais l'ascension du FIS (Front islamique du salut) est empêchée par un coup d'État militaire en janvier 1992. Le pouvoir militaire dirige et codirige alors l'État, légitimé par l'urgence de la « guerre civile », mais sans le soutien du FLN mis à l'écart. Le parti sort de cette « décennie noire » affaibli, alors que son existence même avait été mise en cause. Ayant définitivement perdu son statut de « parti du pouvoir », il conserve cependant une place prépondérante dans la politique en Algérie.

Le parti est membre consultatif de l'Internationale socialiste à partir du 5 février 2013 (parti observateur précédemment). Il en est expulsé lors des manifestations de 2019.

Fondé le 23 octobre 1954 en Algérie française, le FLN apparut publiquement le 1er novembre 1954 pour engager une lutte de libération nationale contre la « France coloniale », présente depuis 1830, et pour la création d'un « État algérien démocratique et populaire ».

Il a été créé à l'initiative du Comité révolutionnaire d'unité et d'action (CRUA), en appelant à l'union de toutes les forces politiques nationalistes pour la lutte de libération du pays. Il est composé par ceux qui deviendront les six « chefs historiques » du FLN : Krim Belkacem, Mostefa Ben Boulaïd, Larbi Ben M'Hidi, Mohamed Boudiaf, Rabah Bitat, Didouche Mourad.Sa première apparition se traduisit dans les faits par des attaques plus ou moins désordonnées contre l'armée française, installations militaires, commissariats, entrepôts, équipements de communications, et des bâtiments publics, principalement dans les régions des Aurès et de la Kabylie. Ces attaques, qui prirent par la suite le nom de Toussaint rouge, s'accompagnèrent de la déclaration dite du « 1er novembre 1954 », dans laquelle le FLN invitait le peuple d'Algérie à s'associer à la « lutte nationale ». Le front nationaliste algérien est le premier mouvement nationaliste à user de la violence et l'adoptant comme mode principal d'action. Il marquait ainsi une rupture avec les autres mouvements tels que l'Union démocratique du manifeste algérien (UDMA) de Ferhat Abbas, le Mouvement national algérien (MNA) de Messali Hadj ou encore l'Association des oulémas musulmans algériens. Cependant, en mai 1955, Ferhat Abbas rejoint le FLN dans sa lutte pour l'indépendance. Des attaques furent organisés par le FLN (Front de libération nationale) contre les colons européens d'Algérie. Une trentaine d'attaques plus ou moins désordonnées ont lieu le jour de la Toussaint dans tout le territoire algérien. Le bilan est de sept morts.

Le FLN disposait d'une branche armée, l'Armée de libération nationale (ALN), dotée d'un état-major ainsi que d'une organisation militaire par laquelle les zones de combat furent divisées en 5 régions militaires. L'armement provenait essentiellement d'Égypte et était acheminé via le Maroc ou la Tunisie. À partir de 1958, les combattants FLN étaient suffisamment bien équipés et entraînés pour mener une guerre de guérilla. Devant la forte répression des forces françaises, les dirigeants de la rébellion durent constituer des dépôts d'armes en territoires tunisien et marocain. Lorsque la France renforce le contrôle des frontières et installe les lignes Challe et Morice, une grande partie de l'armement n'est pas acheminé. Il en résulte, à la fin du conflit, une armée des frontières du FLN surarmée, qui échappait le plus souvent aux forces françaises, et des « moudjahidine » du maquis en Algérie presque sans équipement.

Le FLN dispose d'une fédération en métropole, avec pour objectif de combattre pour l'indépendance en territoire colon et de contrôler tous les aspects de la vie de la communauté algérienne en France.

Le mouvement se structura ensuite grâce notamment à la plate-forme politique du Congrès de la Soummam d'août 1956, organisé principalement par Abane Ramdane lui-même représentant le FLN durant le congrès, qui donnait un statut pour l’Armée de libération nationale devant se soumettre aux « lois de la guerre » et des instances politiques dirigeant la « Révolution », et affirmait la « primauté du politique sur le militaire et de l’intérieur sur l’extérieur ».

En continuité avec cette construction institutionnelle fut créé le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) pour parachever la mise en place des institutions de la Révolution et la construction d'un État algérien moderne. Ce gouvernement provisoire, qui donnait une audience internationale au mouvement, avait mis les autorités françaises devant le fait accompli, autorités qui finirent par négocier, après que le général de Gaulle l'eut décidé.

Analysant l'importance du FLN au sein de la population durant la guerre d'Algérie, l'historienne Sylvie Thénault rappelle que le FLN ne fut pas un « parti de masse », et qu'il « ne bénéficiait pas d'une assise sociale. Il ne profita qu'à de rares moments d'une mobilisation populaire ». L'adhésion de masse au projet indépendantiste est d'autant plus difficile à mesurer du fait « de la violente pression qu'a exercée le FLN sur les populations ». La guerre d'Algérie est une guerre asymétrique car elle oppose une armée régulière et une guérilla, et se caractérise ainsi par une très grande inégalité des forces en présence, de leurs effectifs et leur composition.

Les indépendantistes luttent aussi au travers d'attentats. Le FLN est ainsi jugé responsable de plus de 16 000 civils algériens tués et 13 000 disparus entre 1954 et 1962. Dès la proclamation du cessez-le-feu des accords d'Évian, le 19 mars 1962, entre 30 000 et 80 000 Harkis, souvent avec leurs familles, sont torturés et massacrés par des éléments du FLN, sans que le FLN y fasse obstacle, et en dépit des accords signés. La guerre fratricide entre le FLN et le MNA, mouvement de Messali Hadj fait 4 300 tués et 9 000 blessés en France et environ 6 000 tués et 4 000 blessés en Algérie. Des exemples notoires de massacres du FLN incluent le massacre de Philippeville. On estime que 4 300 personnes ont également été tuées en France dans des violences liées au FLN.[réf. à confirmer].

Le combat armé sur le territoire algérien et métropolitain pour l’indépendance, avec le slogan « La Révolution algérienne, un peuple au combat contre la barbarie colonialiste », dura jusqu'au 18 mars 1962, date à laquelle le gouvernement français signa les accords d'Évian qui aboutirent à un accord de cessez-le-feu avec le FLN. En juillet de la même année, le peuple algérien vota par référendum pour l’indépendance et ratifia les accords d'Évian qui prévoyaient une coopération économique et sociale entre les deux pays.

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