Ce Jour-là

Friedrich Hecker

Homme politique allemand

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Friedrich Franz Karl Hecker (né le 28 septembre 1811 à Eichtersheim et mort le 24 mars 1881 à Summerfield), est un homme politique et un révolutionnaire badois du milieu du XIXe siècle.

Équivalent badois de Garibaldi[Selon qui ?], il est un ardent défenseur d'une unité allemande réalisée autour d'un idéal démocratique. Après avoir tenté de promouvoir ses idées dans un cadre parlementaire et légal, lors de la révolution qui touche les États allemands au début du printemps des peuples, il mène l'insurrection républicaine d'avril 1848 dans le sud du grand-duché de Bade.

Vaincu, il s'exile aux États-Unis d'Amérique, où il prend part à la guerre de Sécession.

Avant la révolution : du libéralisme au radicalisme

Un disciple du libéral Itzstein (1842-1846)

Né le 28 septembre 1811 à Eichtersheim (auj. Angelbachtal, dans le Kraichgau), Friedrich Franz Karl Hecker est le fils du Hofrat bavarois Josef Hecker (1777-1858) et de Wilhelmine von Lüder (1784-1839).

Josef Hecker était l'administrateur de la seigneurie du Freiherr Fritz de Venningen, qui fut le parrain de Friedrich. Josef était plutôt de sensibilité libérale : en 1815, il fut l'un des auteurs d'une adresse assez critique au grand-duc de Bade.

Friedrich étudia le droit à Heidelberg - et, brièvement, à Munich - dans les années 1830 pour devenir avocat. En 1838, il fut reçu au barreau de Mannheim et y devint avocat, au tribunal de première instance. L'année suivante, il épousa Maria-Josephine Eisenhardt (1821-1916), fille d'un marchand mannheimois. Le couple, qui aura dix enfants, s'installa dans le « Palais Pigage », une belle demeure du XVIIIe siècle située dans le « carré » B1 de la ville.

Fils d'un juriste libéral qui eut une grande influence sur la formation de ses opinions politiques, le jeune Friedrich put également entrer en contact avec les propagateurs d'idées progressistes très « avancées » (comme le socialisme utopique) lors du voyage d'études qu'il effectua à Paris en 1835-36. En juillet 1842, les électeurs de la circonscription de Weinheim-Ladenburg (près de Mannheim) l'élurent député à la seconde chambre du parlement (Landtag) badois.

En vertu de la constitution badoise de 1818, inspirée de la Charte française de 1814, le parlement de Carlsruhe se composait de deux chambres :

la première était constituée de membres de la haute aristocratie ou du clergé, nommés par le grand-duc ou héréditaires, ainsi que de membres élus par les seigneurs terriens et les professeurs d'université ;

la seconde était constituée de soixante-trois députés dont huit étaient nommés par le grand-duc, les cinquante-cinq autres étant élus pour huit ans au suffrage indirect, selon un système de grands électeurs, par les hommes de plus de vingt-cinq ans bénéficiant du droit de cité ainsi que par les détenteurs de fonctions publiques. Pour être éligible, il fallait avoir plus de trente ans, être chrétien et disposer d'une fortune ou de revenus importants.

D'apparence libérale, ce système limitait cependant les pouvoirs du parlement, l'initiative des lois revenant au grand-duc et à son gouvernement.

Les prérogatives du parlement badois étaient d'autant plus réduites que les décisions de la Diète (Bundestag) de la Confédération germanique, composée des ambassadeurs des États membres, prévalaient sur la législation des États. Ainsi, en 1831, quand le député libéral Welcker obtint le vote d'une loi sur la liberté de la presse qui entrait en contradiction avec les lois de censure de la Confédération (décrets de Karlsbad), elle fut purement et simplement annulée par le grand-duc au nom de l'autorité supérieure du Bundestag de Francfort. Ce dernier était alors le principal relais de l'ordre conservateur et liberticide mis en place par le chancelier autrichien Metternich, dont un des confidents n'étaient autre que Blittersdorff, chef du gouvernement badois de 1839 à 1843.

Revendiquant des réformes libérales et davantage de prérogatives pour leur assemblée représentative, les députés libéraux, regroupés autour de l'avocat Johann Adam von Itzstein, menèrent une opposition tenace contre le gouvernement conservateur de Blittersdorff. Par patriotisme, il ne s'opposaient pas au principe d'une autorité centrale surpassant celle des États membres de la Confédération, mais ils estimaient qu'elle devait émaner d'une assemblée nationale élue, remplaçant ainsi le fait des princes par une souveraineté nationale allemande.

Élu en 1842 en tant que candidat de cette opposition libérale, et réélu en 1846 et 1847, Friedrich Hecker participa avec vigueur à ce mouvement. Itzstein le considérait alors comme son plus proche disciple.

En 1845, Hecker et Itzstein entreprirent un voyage à travers l'Allemagne. Incarnant l'aile gauche du mouvement libéral allemand, les deux hommes furent expulsés de Berlin en mai par la police prussienne, ce qui entraîna un mouvement de protestation et de soutien à travers toute l'Allemagne.

Dans la seconde moitié des années 1840, les libéraux avaient beaucoup progressé au pays de Bade. Ils étaient majoritaires au Landtag de Carlsruhe et étaient représentés au gouvernement par Johann Baptist Bekk, ministre de l'Intérieur. Le contexte de crise sociale de la fin des années 1840 entraîna cependant une distinction progressive entre les libéraux plus modérés et les libéraux radicaux (ou « démocrates ») menés par le journaliste Gustav Struve. Après avoir tout d'abord joué un rôle de modérateur entre ces deux courants, Hecker se rapprocha de Struve à partir de 1846, année où les deux hommes fondèrent un « Comité pour l'amélioration du sort des classes laborieuses ».

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