Frederik Willem de Klerk (/ˈfriədərək ˈvələm də ˈklɛrk/), né le 18 mars 1936 à Johannesbourg (Transvaal) et mort le 11 novembre 2021 à Fresnaye (Cap-Occidental), est un avocat et un homme d'État sud-africain.
Membre du Parti national, député (1972-1997), ministre sur différents portefeuilles (1978-1989), il est le dernier président blanc d'Afrique du Sud, le dernier à porter le titre de président de l'État de la république d'Afrique du Sud (1989-1994) et le dernier chef de l'État sud-africain élu dans le cadre de l'apartheid. À cette fonction, il mène les réformes qui mirent fin à la politique d'apartheid en 1991 et les négociations constitutionnelles avec le Congrès national africain de Nelson Mandela qui aboutirent au premier gouvernement multiracial du pays.
Chef du Parti national (1989-1997), il continue sa carrière politique comme vice-président de la république d'Afrique du Sud (1994-1996) sous la présidence de Nelson Mandela et la termine comme chef de l'opposition parlementaire (1996-1997).
En 1993, il reçoit le prix Nobel de la paix, conjointement avec Nelson Mandela, pour avoir mis un terme à l'apartheid.
Frederik Willem de Klerk est né à Johannesbourg en 1936. Il est le fils de Jan de Klerk (1903-1979) et Hendrina Cornelia de Klerk (1904-2001) — morte à peine quatre mois avant son ex-belle-fille Marike Willemse —, et le frère de Wimpie de Klerk (1928-2009). Sa famille, dont le nom dérive du patronyme français « Le Clerc », « Le Clercq » ou « de Clercq » est d'origine huguenote. Elle s'est installée dans le pays en 1686, quelques mois après la révocation de l’édit de Nantes, et a participé à plusieurs évènements de l'histoire afrikaner.
Ses ancêtres ont notamment pris part au Grand Trek dans le convoi mené par Piet Retief afin d'échapper à la domination britannique. En 1838, trois membres de la famille de Klerk sont tués avec Retief dans le Kraal du roi zoulou Dingane. Plus tard, durant la seconde guerre des Boers (1899-1902), le grand-père de F. W. de Klerk est fait prisonnier à deux reprises par les Britanniques avant de devenir l'un des membres fondateurs du Parti national en 1914 au côté de James Barry Hertzog. Selon le généalogiste Keith Meintjies — avec confirmation de l'intéressé —, de Klerk s'inscrit également dans la lignée de Krotoa — ou Eva —, une femme khoï qui a servi comme interprète pour les colons néerlandais lors de la fondation de la colonie du Cap.
Membre de l’Église réformée hollandaise, Frederik Willem de Klerk est le fils cadet de Jan de Klerk, directeur d'école puis ministre avec divers portefeuilles (1954-1969) et président du Sénat (1969-1976), ainsi que le neveu de Johannes Strijdom, chef du gouvernement sud-africain de 1954 à 1958. Son frère aîné, Wimpie de Klerk, sera analyste politique et cofondateur du Parti démocratique en 1989.
Lycéen à Krugersdorp, dans la banlieue de Johannesbourg, De Klerk est diplômé en droit avec mention de l’université de Potchefstroom en 1958. En 1959, il épouse Marike Willemse (1937-2001) avec qui il élèvera trois enfants (adoptés). Frederik de Klerk et Marike divorcent en 1998.
C'est durant ses études universitaires qu'il adhère au Parti national et devient membre du Broederbond.
Avocat à Vereeniging dans le sud du Transvaal, il refuse en 1972 la chaire de droit public à l'université de Potchefstroom pour se présenter aux élections générales.
Ascension politique (1972-1989)
En novembre 1972, Frederik Willem de Klerk est élu à l'occasion d'une élection partielle député de Vereeniging au siège de l'ancien ministre Blaar Coetzee, nommé opportunément ambassadeur à Rome par le Premier ministre John Vorster. En fait, F. W. de Klerk bénéficie dans sa promotion politique rapide de l'appui de Vorster, lequel est un ami de longue date de Jan de Klerk.
Chef de la communication du Parti national du Transvaal en 1975, Frederik Willem de Klerk devient le plus jeune membre du gouvernement de John Vorster en janvier 1978 en étant nommé ministre de l'Assurance-maladie et des Pensions ainsi que ministre des Postes et des Télécommunications (janvier à novembre 1978). Au sein des gouvernements de Pieter Botha, il est successivement :
ministre des Postes et des Télécommunications (1978-1979) ;
ministre des Sports et des Loisirs (1978-1979) ;
ministre des Mines et de l'Environnement (1979-1980) ;
ministre des Mines et de l'Énergie (1980-1982) ;
ministre des Affaires internes (1982-1985) ;